‹ Œuvres diverses de J.J. BarthélemyChapitre 33 sur 85 · A LA COMMISSION DES MONUMENTS C · texte numérisé non relu

A LA COMMISSION DES MONUMENTS C

l jES objets qu'on se propose de conserver en donnant une nouvelle destination aux maisons ecclésiastiques supprimées, consistent en livres, manuscrits, médailles, pierres gravées, vases, statues , bustes, tombeaux, tableaux, dessins, estampes, tous les morceaux enfin qui ont rapport à l'histoire naturelle, ou aux arts mécaniques.

Il semble que le moyen le moins dispendieux et le plus utile serait d'établir , dans une ville de chaque département , soit qu'elle en fût le chef-

(i) Cette commission fut établie en conformité d'un déci'et du 18 octobre 1792 ; elle était composée de trente-trois membres, divisés en trois classes, la piemière, celle des arts; la seconde, celle des sciences ; et la troisième, celle des belles-lettres. Elle fut remplacée par la commission des arts , qui a subsisté jusqu'à la création de l'Institut national. Si ces deux commissions n'ont pas étouffé entièrement le vandalisme, elles sont parveluies du moins à arracher bien des monuments à ses fureurs touT jours renaissantes. Note de l'cdileiir.

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lieu , soit qu'elle ne fît que partie d'un district, un muséum où l'on rassemblerait d'abord une grande partie de ces richesses éparses. Une des maisons supprimées serait destinée à les recevoir; la municipalité en confierait le soin à un de ses citoyens, qui commencerait par les distribuer en différentes pièces, à mesure qu'on les lui remettrait. Les tableaux seraient suspendus aux murs de l'église; les statues et autres ouvrages de sculpture seraient placés au-dessous des tableaux; les objets moins volumineux, tels que les livres, manuscrits, etc. , dans des chambres particulières. Le garde parviendrait insensiblement à les mettre en ordre. Nous présumons que ce garde , nommé par ses concitoyens , se ferait un devoir de répondre à leur confiance, et d'acquérir des lumières pour justifier leur choix.

Il faut observer en effet, que plusieurs villes principales, telles que Lyon, Aix, Toulouse, ayant déjà des bibliothèques ou des cabinets d'histoire naturelle et d'antiquités, verraient avec plaisir augmenter, par de nouvelles richesses, les trésors qu'elles possèdent; que d'autres, telles que Marseille, Dijon, Toulouse, Bordeaux, Grenoble, la Rochelle, ayant des académies, il s'y trouverait quelque homme de lettres qui se chargerait volontiers de la direction du muséum.

Si cependant, aux motifs de zèle et d'honneur, il en fallait ajouter d'autres, la municipalité pourrait accorder au garde un logement dans le muséum, et y joindre un Iwger traitement. Cette dé-

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])ense et celle qu'occasionenùent le transport et rarrangeraent de tant de monuments divers, seraient compensées par deux avantages qu'en retirerait la municipalité, i" Un muséum placé dans une ville, n'offrît-il à l'instruction ou à la curiosité qu'un très-petit nombre d'objets intéressants , n'eùtil d'autre mérite que sa réputation naissante, attirerait, ou du moins arrêterait l'étranger que Tamour des lettres ou des arts fait voyager. Ceux qui ont parcouru l'Italie savent que dans toutes les villes les moindres cabinets, les moindres dépots ont fixé leur attention, et quelquefois fait prolonger leur séjour.

Un second avantage serait l'établissement de quatre-vingt-trois muséum pour propager les lumières et faire éclore les talents. Une longue expérience nous apprend que le hasard seul a décidé plus d'une fois la vocation d'un homme de lettres et surtout celle d'un homme de génie. Yaucanson, âgé de dix à onze ans , vit une horloge de bois dont le rouage excita ses transports, et il dut à cette rencontre fortuite d'être le premier mécanicien de l'Europe.

Je ne donne que des aperçus; mais il est trèspossible qu'une vive émulation s'établisse entre les villes enrichies d'un muséum; que, dans chacune de ces villes, certains dépôts, comme celui de l'histoire naturelle, prennent des accroissements considérables , par la facilité qu'on aura d'y recueillir les productions de la nature; que, dans d'autres, des particuliers lèguent .leurs cabinets ou leurs

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