‹ Œuvres diverses de J.J. BarthélemyChapitre 34 sur 85 · SUR LES MONUMENTS. I7I · texte numérisé non relu

SUR LES MONUMENTS. I7I

livres à un établissement consacré à l'utilité générale, comme cela est arrivé quelquefois; et qu'enfin , les bienfaits d'un muséum devieiment de jour en jour plus sensibles dans les villes où il se trouvera des écoles d'instruction publique.

Je passe à une autre question. Faut-il laisser les départements jouir de toutes leurs richesses littéraires? faut-il en transporter, dès à présent, une partie à Paris? Je pense qu'il est d'une mauvaise politique d'accunuder, dans une seule ville, tons les objets qui peuvent servir à l'instruction ou à exciter la curiosité. En dépouiller les provinces , ce serait refroidir leur zèle. On en serait convaincu, si on savait combien les amateurs en tout ijenre sont jaloux et glorieux de posséder quelques raretés inconnues à la capitale. Cependant, comme il se peut que des raisons très-fortes exigent des exceptions, je reprends les différents articles qui font l'objet de ces réflexions.

i" Livres et manuscrits. Je n'ai que de faibles lumières sur les bibliothèques des chapitres et des maisons religieuses qui ne subsisteront plus, et je vois ici des personnes qui en sont mieux instruite^» que moi.

1^ Médailles. Suivant les relations que j'ai eues dans les provinces, je crois qu'on trouvera trèspeu de médailles dans les chapitres et monastères; que ces médailles sont communes, et qu'on peut sans risque les faire passer au muséum.

3° Pierres gnwées , vases, etc. Plusieurs des églises dont il s'agit conservent dans leur irésoi

\']'l MÉMOIRE

(les vases d'une matière précieuse, la plupart d'agate, quelques-uns ornés de bas -reliefs, et d'un beau travail; elles possèdent aussi des châsses, des reliquaires, des boîtes, des anneaux d'or où sont enchâssées des médailles d'or, des cornalines, des agates, des sardoines et d'autres pierres de prix, dont quelques-unes sont gravées. Si parmi ces objets il s'en trouvait qui ne fussent pas destinés au culte public, il serait essentiel de les envoyer à Paris, conjointement avec les vases dont j'ai parlé; à moins que, pour la facilité du transport, il ne parût plus convenable d'en détacher les médailles et les pierres précieuses pour les faire passer ici , où leur place leur serait naturellement assignée; savoir, les vases, médailles et pierres gravées dans les suites des antiques, médailles et pierres gravées; les pierres non gravées dans le cabinet d'histoire naturelle, il est inutile d'avertir que , s'il se trouvait dans le trésor de semblables pierres détachées, il faudrait les joindre aux autres: il serait encore inutile d'avertir qu'on peut envoyer et garder provisoirement au muséum tous les objets énoncés dans cet article, si cela était plus commode.

Je propose de réserver pour Paris les vases et les pierres précieuses, parce que le transport en est facile; parce que de pareils objets, pour être conservés avec soin doivent faire suite ; parce que , pour être étudiés avec profit des naturalistes, des antiquaires et des graveurs, ils doivent être placés sous leurs veux.

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4" Inscriptions , statues, bustes, etc. ^.es Romains en ont laissé un très-grand nomljre en France, et surtout dans les provinces méridionales. Les inscriptions sont gravées sur des autels , sur des tombeaux ou sur de simples pierres. La moindre teinture de la langue latine et de l'histoire romaine suffit pour les reconnaître. On propose de les transporter toutes au muséum du département : on doit y transporter aussi les inscriptions du moyen âge. Quant aux statues et bustes , ceux qui appartiennent à des saints peuvent être placés dans des églises, les autres au mnséum.

5** Tombeaux et êpitaphes. Outre le respect que ces monuments ont toujours inspiré à toutes les nations, outre l'utilité dont ils peuvent être pour l'histoire et pour les arts, il est certainement de toute justice de conserver ceux des fondateurs des chapitres et des monastères , ceux des hommes célèbres, ceux des citoyens qui ont rendu des services à leur patrie, et ceux qui renferment des témoignages de la piété filiale.

On pourrait, dès à présent, les réunir tons et sans choix dans une des églises abandonnées, placer dans le milieu les tombes distinguées par la matière, le travail ou les figures dont elles sont ornées ; revêtir les murs à l'intérieur et à l'extérieur des tablettes de marbre ou de pierre qui contiennent des êpitaphes, de manière que, dans la même ville ou dans le même département, on trouvât un muséum qui renfermerait les productions de l'esprit, et un grand mausolée qui rap-

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pellerait dqs noms intéressants pour le département et pour les familles ; de manière encore que tous ces noms seraient confondus, et qu'à Moulins, par exemple, à côté du superbe tombeau du maréchal de jMontmorenci , on put lire l'épitaphe d'un simple particulier qui aurait emporté en mourant les regrets de sa famille et de ses concitoyens.

Après une première dépense, qui serait indispensable quelque parti que Ton prenne , ce dépôt funèbre ne coûterait plus que l'entretien du bâtiment. Les clefs en seraient remises entre les mains d'un pauvre artisan, qui aurait soin de le tenir propre, et recevrait pour récompense un petit logement et des étrennes de la part des étrano^ers qui viendraient visiter ces lieux.

Avant tout, on pourrait proposer aux familles de retirer les mausolées et les épitaphes qui les intéressent; et si leur intention est de les laisser au dépôt, elles seront invitées à les y faire transporter.

Qu'on me permette encore une réflexion. Ces mausolées vénérables, exposés à tous les yeux, pourraient dans la suite produire un idée salutaire, et engager chaque municipalité à choisir, autour de la ville , un enclos où il ne serait permis d'enterrer que les citoyens qu'elle aurait jugé dignes de recevoir cet honneur.

Si le projet des mausolées est rejeté, il semble qu'on ne peut rien faire de mieux que de remettre aux directoires des districts le soin de veiller à la conservation des tombeaux et des épitaphes.

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Quant aux autres objets mentionnés ci-dessus, j'ai cru que, pour s'assurer de leur conservation, en facilitant l'arrangement et le choix, et les rendre aussi utiles qu'ils pourront le devenir, il fallait les réunir dans un seul endroit. En attendant, je crois que, pour fixer les opérations subséquentes, il fjuit demander leâ catalogues des livres, manuscrits, bijoux qui se trouveront dans les maisons supprimées.

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