‹ Œuvres diverses de J.J. BarthélemyChapitre 41 sur 85 · Q I 2 IRAI TÉ · texte numérisé non relu

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tant habilement de l'impression que les exploits d'Alexandre avaient laissée dans tont l'Orient, voulaient qu'on les regardât comme les successeurs de ce héros, et leur pays comme faisant partie de l'empire qu'il avait fondé. Peut-être que toutes ces raisons ont également concouru à introduire la langue f^recque sur les monnaies des Parthes, et à l'y maintenir, malgré toutes les pertes qu elle essuyait dans ce pays ; car il faut observer, que sur plusieurs de ces médailles, les inscriptions grecques sont à peine hsibles; qu'on y change souvent la valeur et la forme des lettres, et que tout y annonce la barbarie et l'ignorance.

Ces détails pourraient être poussés plus loin , mais ils deviendraient trop longs si on voulait leur donner une certaine étendue, et trop obscurs si l'on tâchait de les a*ssortir à un livre élémentaire, comme celui-ci. Je me contenterai de citer un exemple qui prouvera l'avantage qu'on peut tirer des médailles de rois pour connaître les progrès et les révolutions des langues.

Lorsque, sous le règne d'Alexandre I*"^, roi de Syrie, les princes Asmonéens établirent le royaume de Judée, ils commencèrent par frapper des médailles en samaritain, leur ancienne langue. J--.es liaisons qu'ils eurent dans la suite avec les Grecs les obligèrent à mettre sur leurs monnaies une légende grecque, et de l'autre une inscription samaritaine. I^a langue grecque devenant de jour en jour plus commune, elle exclut la samaritaine de ces sortes de monuments, et fut enfin obligée.

SOUS Tempire de Domitien, de s'y associer la langue latine, (jui conniieurait à s'affermir eu Orient. Si la Judée n'eût pas alors été réunie à l'empire, les princes postérieurs à cette époque auraient sans doute frappé des médailles toutes latines.

La plupart des njyaumes de l'Asie mineure atàient été soumis aux Romains avant que la langue latine fût devenue commune, et si quelques-uns ont subsisté plus long-temps, connue celui du Bosphore, ils étaient trop éloignés des routes générales du commerce, pour que les Rotnains y eussent fait des établissements considérables. Les derniers rois de Mauritanie, d'origine punique, mais régnant dans un pays où les Grecs avaient fondé plusieurs villes, et où les Romains abordaient en f(jule, ont laissé des médailles qui retracent à nos yeux ces différences. Nous en avons de puniques, de grecques, de latines et d'autres, où ces langues sont différemment combinées.

Enfin, lorsque les Goths , les Visigoths, les Vandales subjuguèrent une partie de l'Occident, ils mirent sur leurs monnaies la langue des vaincus, qui était presque la seule en usage dans le monde connu.

Séparons à présent les faits des réflexions dont nous avons cru devoir les accompagner, et mettons-les sous un même point de vue pour les rendre plus sensibles.

La plupart des médailles de rois sont en grec, il y en a tres-peu qui soient en latin. On en voit sur lesquelles on a joint la langue grecque à la

langue phénicienne, ou samaritaine, ou punique, ou latine, et d'autres où ces deux dernières se trouvent associées. L'on ne manquera pas de faire sentir ces différences dans l'examen de chaque suite en particuher.

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