CABINET
(leurs, (Je les entretenir, et d'obtenir les mé(iailles qui paraîtraient successivement dans les pays étrangers. Feu M. Bignon père adopta cette idée. Nous commençâmes par la Suède et le Danemarck : je donnai une note des médailles qui avaient été frappées dans ces deux royaumes, et qui manquaient au cabinet. M. Rouillé, alors ministre des affaires étrangères, envoya la note à nos ambassadeurs aux cours de Copenhague et de Stockholm, et les chargea de faire la recherche de ces médailles. Ses ordres furent exécutés avec soin ; les suites des médailles de Suède et de Danemarck , devinrent aussi parfaites qu'elles pouvaient l'être ; mais , quoique nous n'eussions demandé que des médailles en argent, ces deux objets réunis coûtèrent environ 20,000 livres ; et comme on fut effrayé de cette dépense, on nous annon(^a qu'il fallait, pour le présent , renoncer au projet de compléter les médailles -des autres états de l'Europe. On pourra peut-être le reprendre dans des temps plus favorables, et alors il faudra y joindre celui d'obtenir une ordonnance pour avoir au moins en argent les médailles et autres pièces que l'on frappe journellement au balancier.
La suite des monnaies n'est pas m(jins imparfaite que celle des médailles modernes. J'ai profité de toutes les occasions pour augmenter la suite des monnaies de France. M. de Machault eu avait formé une trois fois plus nombreuse que celle du roi. Quand il voulut s'en défaire, je donnai un mémoire pour nous en procurer l'acquisition. Ce mémoire
OES MÉDAILLES. iGS
ne produisit aucun effet. I.a cour des monnaies acquit cette belle suite , et c'est un avantage qu'elle ne soit pas sortie de Paris. Il pourra survenir des circonstances plus heureuses. Comme le cabinet du roi subsiste toujours, on ne doit avoir regret qu'aux richesses dont les étrangers nous dépouillent. Il circule si peu de jetons dans le commerce, et si peu de gens s'attachent à cette espèce de curiosité, qu'on n'a jamais cru devoir se donner beaucoup de soins pour en augmenter la suite. Cependant je ne l'ai pas négligée , quand le hasard m'a présenté des pièces singulières et historiques.