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sitôt après l'insertion entière des médailles deM. Pellerin. Je n'en parle même ici que pour ne rien laisser ignorer à M. le Noir de tout ce qui regarde mon administration.
§ y- Des pierres gravées.
En France , ainsi que chez tous les souverains de l'Europe, lès pierres gravées sont jointes aux cabinets des médailles, et cela ne peut être autrement, puisque les unes servent à éclaircirles autres, parce qu'elles ont toutes le même objet et exigent les mêmes connaissances. Lorsqu'on transporta le car binet des médailles à Paris , il y a environ quarantesept ans , le feu roi conserva dans son cabinet les pierres gravées. Le roi voulait les envoyer à la bibliothèque. M. d'Ângeviller proposa de les faire nettoyer, et les a gardées ; mais il est impossible qu'elles ne soient réunies tôt ou tard aux médailles, (i)
§ VL Des antiques.
Cette collection est destinée à rassembler les têtes, les bustes, les mstruments, les vases, les tombeaux , tout ce qui a servi, soit au cuite sacré, soit
(i) En effet , les pierres gravées ont été transportées à Paris, et réunies au cabinet des médailles, dans le mois de juin 1791. Note de l'éditeur.
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aux usages de la vie civile parmi les Egyptiens , les litrusques , les Grecs , les Romains et les divers peuples de l'antiquité.
Il ne paraît pas que dans l'institution du cabinet des médailles on se fût proposé d'y joindre une suite de figures antiques. On rassembla celles que le hasard offrait et qui méritaient quelque considération.
Dans la suite , on fit quelques légères acquisitions; mais on était tellement éloigné de regarder cet objet comme essentiel, qu'en faisant construire un salon pour les médailles , on négligea d'y joindre un salon pour les antiques , dont le nombre s'est singulièrement augmenté et enrichi par le cabinet de feu M. le comte de Caylus. Par un zèle infiniment respectable, M. le comte de Caylus avait positivement déclaré , dans la préface de son premier volume des antiquités, qu'il destinait au cabinet du roi les monuments qu'il rassemblait. En conséquence, il en fit deux envois pendant sa vie , et après sa mort nous recueillîmes tout ce qui en restait , autorisés par un article de son testament.
Il faut observer qu'on ne trouvera point au cabinet des antiques tous les monuments que M. le comte de* Caylus a publiés de son cabinet. Il lui est arrivé plus d'une fois de céder les pièces qu'il avait aux prières de ses amis; de les échanger contre d'autres dont il voulait enrichir sa collection. J'ai été plus d'une fois témoin de semblables opérations ; et pour nous mettre en règle à cet égard , à mesure qu'il nous revenait des portions de son ca- 2 i8
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l)inet , nous en prenions une note exacte et relative à ses planches gravées. Ces notes, jointes au catalogue des monuments qui existaient auparavant dans le cabinet , suffisent pour constater tout ce qu'il renferme aujourd'hui.
La collection est placée dans une espèce de galetas au-dessus du cabinet des médailles. Il aurait fallu monter toutes les pièces sur des piédouches, et les renfermer dans des armoires propres, partagées en plusieurs planches , avec des portes de glace pour les garantir de la poussière. Mais, comme la dépense aurait été considérable , que des besoins plus pressants ont toujours absorbé les fonds, que ce recueil , tout nombreux qu'il est, n'est pas bien précieux, et qu'enfin le projet de transporter la bibliothèque au vieux Louvre ou ailleurs a toujours fait espérer qu'on y destinerait une salle pour les antiques, on s'est contenté, en attendant, de les déposer sur de longues tables où l'on a tâché de mettre l'ordre dont elles étaient susceptibles.
Un autre inconvénient qui résulte de l'emplacement actuel, c'est qu'on n'y peut placer les grands morceaux de marbre , comme autels , tombeaux , jambes et autres tronçons de statue, qwi, par leur énorme pesanteur, écraseraient le platicher. On avait été obligé de les entasser dans des espèces de bouges qui sont le long de l'escalier. On les fit depuis transporter chez M. le duc de Caylus, qui avait obtenu de M. le duc de la Vrillière de jouir, pendant sa vie, des antiques que feu M. le comte de Caylus avait laissées à sa mort. On y joi-
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gnit plusieurs pièces de bronze , et M. le duc de Cayius a donné une reconnaissance du tout. Elles sont revenues après sa mort au cabinet.
En jetant un premier coup-d'œil sur cette quantité d'antiques qui sont au cabinet, on serait tenté d'en concevoir une assez haute idée. Il renferme sans doute des morceaux précieux et utiles pour la connaissance des arts et des usages anciens, mais la plus grande partie ne présente à l'examen que des débris informes et de peu de valeur. M. le comte de Cayius n'était pas fort scrupuleux dans le choix de ses acquisitions, et ne devait pas l'être pour l'objet qu'il se proposait. Clous, vieilles clefs, pots cassés, il ramassait tout, et nous sommes obligés de tout conserver, puisque nous devons respecter ses volontés.
Il aurait été facile d'embellir ce recueil par des correspondances établies en Italie, où il est bien plus aisé qu'en France de faire des découvertes en ce genre; mais l'on a toujours pensé que les antiques n'étaient qu'un accessoire, et que la principale attention , la première dépense devait se porter sur les médailles, qui sont plus instructives et qui font, pour ainsi dire, la bas€ du cabinet.
Il faut donc laisser cette partie 'du dépôt dans l'état où elle est, et n'acquérir, quand l'occasion s'en présente , que des morceaux remarquables par leur beauté ou par les lumières qu'-on en peut tirer.
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^ VIL Divei'ses remarques.
Àprks avoir parcouru ces différentes classes, je ue puis me dispenser de proposer ici quelques réflexions qui intéressent le cabinet ou ceux qui en ont la garde, et je me fais un plaisir de les soumettre entièrement aux lumières et à l'équité de M. le Noir.
Je ne parle pas du dessein où l'on était d'abord de placer des rideaux aux fenêtres du cabinet des médailles. Je sens bien qu'il ne faut pas s'occuper de moyens de décoration, quand on est à peine en état de fournir à l'entretien.
Mais il est indispensable de continuer à faire des tablettes pour contenir les médailles. On a été obligé d'employer, quand on Ta pu, celles qui étaient à Versailles ; et comme leur forme ne s'adapte pas aux nouvelles armoires, il a fallu les rogner en tout sens, ce qui produit un très-mauvais effet. De plus, elles ne suffisaient pas. Nous avons des tiroirs entiers qui en sont privés et dans lesquels les médailles s®nt presque entassées les unes sur les autres. Cette dépense se fait petit à petit.
J'ai dit plus haut qu'en acquérant des cabinets entiers, les médailles qui se trouvaient déjà dans celui du roi- étaient rejetées parmi les doubles, et que l'on s'en servait pour des échanges; j'ajoute qu'on n'en a jamais fait de catalogues, et qu'il serait impossible d'en faire. Ce travail exigerait un temps considérable, et deviendrait ensuite inutile,
DES MEDAILLES. IJJ
puisque ces doubles ne doivent pas rester au cabinet. De plus, la pUipart des médailles doubles, eu bronze sur-tout, ne valent que le poids, c'està-dire, un liard, un sou, etc. . . C'est ici qu'il faut s'en rapporter uniquement à la probité du garde des médailles. Il exerce un ministère de confiance ; s'il était capable d'en abuser, il aurait mille moyens de déguiser ses larcins. Cependant j'ai en pareilles occasions pris une note des médailles doubles en or, et mis en marge l'emploi que j'en ai fait.
Tant que les médailles ont été à Versailles on faisait peu d'acquisitions, et peu de gens demandaient k les voir. Un seul homme suffisait alors pour en avoir soin. Quelques années après qu'on les eut transportées à Paris, on me donna pour adjoint à M. de Boze. Après sa mort je partis pour l'Italie, et le cabinet fut fermé pendant deux ans. A mon retour, je remplis seul, pendant environ douze à treize ans, les fonctions de la place, devenues tous les jours plus pénibles par les grandes acquisitions qui se faisaient journellement et par l'affluence du monde qui venait au cabinet. Je demandai enfin, de m'associer l'abbé de Courçay, mon neveu, soit pour m'aider dans mon travail, soit pour se mettre à portée de me remplacer un jour. Il travailla quelques années avec moi sans avoir d'appointements, et nous obtînmes enfin les [ooo livres dont il a toujours joui sans augmentation. L'abbé de Courçay a des qualités excellentes et rares. C'est le plus honnête homme, et \n\ des meilleurs esprits, que je connaisse. Par ses lumières, son travail et la sagesse de sa conduite,
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il se serait avancé dans toute autre carrière. Il a tout sacrifié par amitié pourquoi et par zèle pour le cabinet. M. le Noir me permettra de lui rendre cette justice, et d'espérer de son équité qu'd voudra bien profiter de la première occasion pour le traiter plus favorablement qu'on ne Fa fait jusqu'à présent.
Il est à présent dans la même position où je me trouvai quand je le demandai pour adjoint. Le poids du travail tombe presqvie entièrement sur lui. La perte d'un œil, la crainte de perdre l'autre, des infirmités qui augmentent chaque jour, me forcent à des ménagements qui coûtent à mon zèle.
C'est d'après ces considérations, que j'ai eu l'honneur d'exposer à M. le Noir le besoin que nous avions d'un employé au cabinet, qui, non-seulement pût nous aider, mais qui commençât de bonne heure à s'appliquer à l'étude des médailles. Car il faut observer que cette connaissance ne s'acquiert pas au moyen des livres seuls. Il faut y joindre la pratique, c'est-à-dire, voir souvent les médailles, apprendre à les lire, à juger de leur authenticité, à les classer, à les considérer sous leurs différents rapports ; tantôt par rapport à l'histoire, dont elles sont un des principaux fondements ; tantôt par rapport aux arts, auxquels elles servent souvent de modèles. Ces lumières ne s'acquièrent donc que par un long apprentissage et que dans un lieu où l'on est à portée de consulter ces monuments. J'ai jeté les veux sur un jeune homme (Barbie du Bocage}, dont la probité m'est connue et qui est déjà versé dans la connaissance de l'an-
tiquité. J'ai commencé à l'exercer dans ce genre (le littérature, et je puis d'avance répondre du succès. J'ai eu l'honneur d'en parler à M. le Noir. J'insiste encore, parce qu'on offre d'autres places à ce jeune homme, et que je ne pourrais le remplacer, si nous le laissions échapper.
Le secrétaire attaché au cabinet des médailles est absolument nécessaire, non-seulement pour la confection du catalogue et pour le travail courant, mais pour être présent au cabinet quand on est dans le cas de le montrer. Il faut qu'il ait quelque connaissance de la langue latine, qu'il ait u]\e belle main, qu'il soit assid-u et d'une parfaite probité, puisqu'il est chargé de veiller sur celle des autres. Son traitement, qui consiste en une très- petite chambre et en 800 livres qu'il faut attendre longtemps, est si faible que j'ai toutes les peines du monde à trouver quelqu'un pour remplir cette place, parce qu'elle ne mène à rien, et qu'elle ne suffit pas au plus mince entretien. J'ai eu le chagrin d'en perdre en peu de temps deux que je m'étais fait un plaisir de former, dont l'un obtint une place de commis aux affaires étrangères, et dont l'autre est consul au levant. On ne peut leur faire espérer des avantages proportionnés à de pareilles places; mais il est certain que, s'ils pouvaient subsister dans celle du cabinet, ils ne songeraient pas avec le même empressement à la quitter. M. le Noir a promis de prendre cet objet en considération.