‹ Œuvres diverses de J.J. BarthélemyChapitre 63 sur 85 · ACTES · texte numérisé non relu

ACTES

En 1785, M. le baron de Breteiiil, frappé de l'extrême différence qu'il voyait entre le traitement des employés à la bibliothèque, et le traitement qu'on faisait aux employés des autres départements de l'administration, proposa au roi d'augmenter les appointements des premiers, et cette augmentation fut de uy, 000 livres environ, qui, jointes aux 83, 000 livres énoncées ci-dessus, auraient dû faire environ 1 10,000 livres pour l'année courante.

Cependant les états qu'on a fournis depuis ont quelquefois monté plus haut à cause de quelques dépenses extraordinaires. Dans le rapport de M. l'archevêque de Toulouse, de 1788, ils sont portés à 1 20,000 livres ; et dans celui de M. Necker, de 1 789, ils vont à 167,000 livres.

Dans le rapport de M. le marquis de Montesquiou, on a réduit les appointements et les dépenses pour chaque année à 69,000 livres, et dans un autre mémoire présenté au comité des finances à 88,268 livres.

Ces réductions sont fondées, à ce qu'il parait, sur deux espèces de suppressions, r** Suppression de l'augmentation des appointements accordée en 1785; 2° suppression de plusieurs des employés.

Quant à la première, on observera que les appointements des gardes des médailles, des livres et des manuscrits, avaient été fixés à 3ooo livres, et 200 livres pour le bois pour chacun d'eux, vers le milieu du règne de Louis XIV; qu'ils n'avaient, pendant près d'un siècle, reçu aucun accroissement, et n'étaient plus en proportion avec le prix des denrées.

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Il reste à c(jusidérer si des gens de letties, cuusacrant leurs jours à la conservation, à Taugmentation, à la communication des dépôts confiés à leurs soins, sans cesse occupés à répondre à l'em- |>ressement de tous ceux qui viennent a la bibliothèque, à entretenir des correspondances avec des savants de tontes les nations, à se livrer à des travaux de détail pénibles et obscurs dont ils ne retirent aucune espèce de gloire, méritaient, .après de longues années d'exercice, qu'on ajoutât à leurs anciens appointements 1800 livres qu'ils n'avaient point sollicitées.

Les mêmes réflexions justifient les avantages accordés au garde des généalogies et à celui des estampes.

On a proposé aussi des retranchements à l'étal lies commis; nous avons vu un rapport où la plupart d'entre eux étaient réduits à 800 livres. On n'avait pas observé sans doute que ces commis ne sont pas de simples copistes faciles à remplacer, fuais des gens de lettres qui doivent être instruits, intelligents, d'une probité exacte, quelques-uns destinés, après une longue suite de travaux, à remplir les premières places de la bibliothèque, et qui certainement ne s'engageraient point dans une carrière où ils ne trouveraient pas de moyens de subsister.

Quant à la suppression de quelques-uns de ces commis, on remarquera que les acquisitions considérables qui se sont faites depuis une trentaine d'années dans tous les départements, et le parti que

NoTi;s. a83

les i^ardes ont pris volontairement de communi- (juer tous les jours à tout le monde les richesses qu'ils renferment , ont dû nécessairement augmenter le travail et forcer d'employer plus de coopératcurs qu'il n'y en avait autrefois.

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