‹ Œuvres diverses de J.J. BarthélemyChapitre 64 sur 85 · II. Sur le cabinet des médailles · texte numérisé non relu

II. Sur le cabinet des médailles

Ce dépôt , transporté de Versailles à Paris vers Tan i74<Ji f^iit partie de la bibliothèque nationale.

La garde en est confiée à un homme de lettres ([uiest présenté au ministre de l'intérieur par le bibliothécaire , à qui le garde présente les personnes (jui lui sont subordoimées. Il demande aussi son agrément pour les dépenses qu'exige le cabinet , soit en acquisitions , soit en entretien des tablettes (^t autres objets.

Les emplovés au cabinet sont dans ce moment un garde, un adjoint et un commis. L'augmentation successive de ses richesses avait forcé d'étaiblir un second commis, que Roland supprima sans daigner s'infornier des motifs qui en avaient occasionné l'adjonction.

Les devoirs des employés ne se bornent pas à déchiffrer, classer, enregistrer dans des catalogues, les divers objets dont on fait l'acquisition ; ils doivent encore se livrer à des recherches longues et pénibles. Les médailles antiques n'étant que des monnaies dans leur origine , on négligeait quelquefois, en les composant, les précautions que nous prenons pour les nôtres , soit pour fixer le temps

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et le lieu de leur fabrique , soit pour le développement des tableaux qu'elles nous présentent ; mais après différentes combinaisons les difficultés disparaissent, et de ces obscurités on voit sortir de nouvelles lumières pour l'histoire ; car, si les auteurs anciens éclaircissent les monuments , les monuments à leur tour éclaircissent les auteurs anciens. Les uns racontent le fait, les autres en présentent le tableau. Les occupations journalières sont souvent interrompues par des correspondanees où l'on demande des dessins ou des renseignements relatifs aux médailles et aux autres objets conservés au dépôt.

Il suit de là que tout homme , de quelque talent qu'il soit doué , n'est pas propre au travail du cabinet ; il faut qu'à la probité la plus exacte , à l'esprit d'ordre et de surveillance , il joigne , du moins dans un certain degré , le goût de la critique , la connaissance de l'histoire, et surtout de la chronologie et de la géographie.

La suite des médailles antiques , déjà célèbre depuis plus d'un siècle, augmentée du double par les soins du garde actuel, qui s'en occupe depuis près de cinquante ans, est parvenue à un tel point de perfection qu'il serait temps d'en procurer la jouissance à tous les savants de l'Europe , qui ne cessent d'exprimer leurs vœux à cet égard. La représentation fidèle de ces monuments suffirait sans doute pour justifier et même surpasser leur attente. Cependant le garde, si on le lui ordonnait, pourrait y joindre des remarques , fruits d'une très-longue expérience et de l'examen d'un nombre infini de

médailles qui ont passé sous ses yeux. 11 ne dissimule point que la gravure et l'impression de la collection entière exigerait une dépense très-considérable : mais l'ouvrage, parle seul mérite des planches , aurait beaucoup do succès ; et la dépense, répartie en un grand nombre d'années , serait tôt ou tard compensée par le nombre des exemplaires qui passeraient dans les pays étrangers. L'essentiel serait d'entamer une entreprise qui retracerait sans cesse, rappellerait sans cesse aux yeux des élèves de la république , le souvenir de ces nations si jalouses de la liberté , et qui prouverait à l'Europe entière la protection éclatante que la nation accorde aux lettres et au.v arts.

N. B. Les deux notes c[u'on vient de lire étaient jointes au mémoire sur le cabinet des médailles, dans le manuscrit de Barthélémy. Il paraît qu'elles ont été faites pour être présentées au comité des finances de l'assemblée constituante. L'une et l'autre ne sont pas dépourvues d'un certain intérêt , et peuvent être utiles sous plus d'un rapport. D'ailleurs , l'auteur les a regardées comme servant de suite et d'éclaircissements à ce qu'il avait dit dans son mémoire. Note de V éditeur.

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