‹ Œuvres diverses de J.J. Barthélemy: Littérature ancienne et beaux-artsChapitre 19 sur 76 · N^ XIV · texte numérisé non relu

N^ XIV

Remarques suf Varc de Suze.

L'arc de Suze est d'une seule arcade , d'une pierre blanchaille, très-bien conservé, à l'exception de quelques fragments de corniche. On y voit quatre colonnes avec des chapiteaux corinthiens. La voûte

« raient pu se conserver dans Teau. Les rouleaux eu charbon « ne sont que du papier brûlé. Ils ne résisteront pas un siècle « au grand air. Jugez ce qu'ils seraient devenus dans la mer, etc. » Dans une lettre antérieure, du i5 août 1785, ce même secrétaire disait : « Sur environ quinze à dix-huit cents rouleaux dé- « terrés , douze cents ont été détruits par un ignorant qui pré- « tendait leur rendre, avec une drogue, ce que le feu avait « ôté. Il i^ste encore quatre à cinq cents rouleaux; plusieurs (( sont très-eudommagés. Les quatre qu'on copie sont des mieux <( conservés ; il y aura pourtant des lacunes assez nombreuses. « L'on ne s'est point avisé d'aller chercher les titres des ou- « vrages pour s'attacher au plus intéressant. Ceux que l'on tra- <i vaille à copier , depuis plus de vingt ans , ne nous apprendront « pas grand chose. Il y a sans doute des milliers de rouleaux V semblables sous les ruines, qui n'ont pas été fouilléqs , d'Her- «'culanum,de Pompeia,et de tant d'autres villes ou maisons « de campagne des environs du Vésuve. C'est où l'on doit re- « trouver tous les livres de l'antiquité qui nous manquent. Ce 'c fond est certainement trop vaste pour les savants de Naples; « il y a du travail pour eux et pour tous les académiciens de

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EN ITALIE. ï:]j

est sans caissons, sans aucune espèce (rornenieuts; elle a une seule bande de pierre ^ui fait comme une clef prolongée. Les pilastres à côté de l'arcade sont surmontés d'un feuillage assez grossier; les colonnes et les figures m'ont paru d'un mauvais travail. Il y a des trous dans les joints des pierres, comme au Colisée, etc. ; ils vont jusqu'à une certaine hauteur. L'inscription est très-di^ile à lire ; les lettres étaient de métal attachées avec des crampons qu'on n'avait pas placés sur les extrémités» mais dans le centre ou les côtés de chaque lettre , de sorte qu'il faut faire moins d'attention à ces trous qu'aux traces des lettres. Si l'on ajoute à cela que plusieurs traces des lettres sont effacées , et qu'il manque en quelques endroits des. mots enticfc^, on verra aisément que l'inscription tst dans

« TEorope. » Enfin , dans une dernière lettre, du 1 1 octobre 17^7, il dit encoi'e : « Sur environ quinze cents papyrus tirés d'Her- « culanum , et conservés dans le cabinet de Portici , il y en a « plus des deux tiers qu'il sera impossible de xléroiiler ; ils s(; « trouvaient pressés; les feuilles ne forment qu'un morceau de • charbon. Dans l'autre tiers, plusieurs sont (endommagés; le « noyau seul est bon. D'autres, qu'on a essayé d'une manière « barbare d'ouvrir avec un couteau , ont souffert. Le nombre de « ceux à peu près entiers, où il n'y a que des lacunes, n'est pas « très-considérable. L'académie établie pour l'explication des « antiquités d'Hercuianum , va faire dérouler et copier le com- « mencement de chaque manuscrit, afin de connaître de qiM'lle « matière il traite. C'est par là que l'on aurait dû commencer. » Winckelmann a dit aussi des choses fort judicieuses dans ses lettres sur les découvertes d'Hercuianum, au sujet de ces mêmes manuscrits. Note de Véditcur.

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un très-mauvais état. J'en ai lu une assez grande partie, mais il faudrait avoir plus de temps pour s'assurer de la vraie leçon des autres mots (i). Ce monument est à la porte de la ville du côté de la Novalèse, en sortant à droite; il est renfermé dans le Gouvernement, sur une petite hauteur au bas de laquelle passait vraisemblablement le grand chemin ; il était exposé à la vue des passants; J*ai observé le même emplacement à l'arc de Saint-Remy en Provence, et à celui d'Orange.

Le goût de cette architecture est fort simple , comme je l'ai dit, n'y ayant point de caissons dans la voûte. Il n'en est point de même des arcs de Saint-Remy, d'Orange, de Titus, de Septime Sévère et de Constantin, qui sont tous chargés d'ornements* Celui-ci ressemble plus à celui de Rimlm, qui avait aussi été élevé pour Auguste. Il n'y a entre ces édifices , relativement à la richesse , que la différence nécessaire entre uil monument posé sur une grande route dans le centre de l'Italie , et un autre placé entre les montagnes -et construit par des peuples presque barbares.

(i) Cette partie se trouve dans lés portefeuilles de Barthélémy, et peuç être comparée avec ce qu'en rapporte Pline; elle confirme surtout que ce savant académicien avait mis en pratique, avant tout autre, la manière de rétablir les inscriptions par les traces des lettres et les trous des crampons, qui lui avait été suggérée par un passage de la Fie de Peirescy écrite par Gassendi. Note de l'éditeur.

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