‹ Œuvres diverses de J.J. Barthélemy: Littérature ancienne et beaux-artsChapitre 21 sur 76 · CONJECTURES · texte numérisé non relu

CONJECTURES

SÏIJl CES PEINTURES.

Premier fragment { i ).

Je commence par la bande carrée qui contient six figures. Les trois qui sont à droite paraissent

(i) Quelques recherches que j*aie faites pour retrouver le dessin qui accompagnait ce mémoire , elles ont toutes été juscju'aujourd'hui très-infructueuses. Peut-être Barthélémy renvoyante dessin de ces peintures à M. Bertin, qui le lui avait communiqué, et n'en garda par discrétion aucune copie : cela est même fondé sur une lettre qui se trouve dans les papiers dé

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MEXICAINES. l55

être des Indiens occupés à la récolte du maïs. Le premier est sur le point d'arracher une tige de cette plante ; le second en tient deux épis dans sa main. Ils ont sur le dos des espèces de crochets pour emporter la «moisson, et qui sont arrêtés sur la poitrine par des liens auxquels un de ces moissonneurs a pris soin d'attacher deux épis de maïs. L'ignorance du peintre ne lui a pas permis de distinguer ces crochets, mais on en trouve de semblables dessinés dans la trente-cinquième planche de Thévenot à la lettre G.

Le troisième moissonneur a quitté son travail pour être témoin d^un combat qui s'est engagé entre deux guerriers, Le premier tient de sa main droite une massue élevée , et de la gauche un bouclier auquel sont suspendues quantité de plumes jaunes : sa tête est ornée d'un grand panache de plumes, et son corps revêtu d'une cotte d'armes de même couleur que le bouclier.

Barthélémy. J'avais d'abord eu le projet de retrancher cette explication ; mais il se peut que le dessin soit découvert un jour, peut-être même qu'il y en a quelque copie à Rome , soit au Vatican, soit dans le musée de Velletri; pour-lors, il serait facile de l'adapter aux idées de Barthélémy et d'en vérifier la justesse. Ces raisons , jointes à la répugnance de mutiler ses écrits , m'ont déterminé à conserver en entier celui-ci , qui , d'ailleurs , est de l'an 1771, Du reste, en jetant les yeux sur les peintures historiques en usage chez les anciens Mexicains, et que plusieurs auteurs ont rapportées, il n'est pas de toute impossibilité de se représenter à peu près le monument que Barthélémy décrit ici avec beaucoup de clarté. Note de Véditeur.

l56 DES PEINTURES

Cet iiabillement prouve que le guerrier dont il s'agit .était un officier de distinction (i). En effet, les historiens espagnols prétendent que Montezuma avait institué , pour ceux qui se signalaient dans les combats, des espèces d'ordres militaires, dont le premier avait , entre autres privilèges , celui d'être artné de pied en cap en temps de guerre , tandis que les autres guerriers ne pouvaient l'être que jusqu'à la ceinture. L'empereur distribuait lui-if^ème à ses officiers les cottes d'armes et les boucliers; et de là vient que quantité de bourgades étaient obligées de lui en fournir tous les six mois ou tous les ans un nombre prodigieux, toutes enrichies de plumes de différentes couleurs (2). Ces plumes étaient appliquées sur des casaques de peaux impénétrables, ou de coton, assez bien piquées pour résister aux flèches (3).

Le guerrier jtracé dans la peinture porte sur sa ])oitrine un haussecol, singularité dont je n'ai point vu d'exemple sur les autres monuments des Mexicains. Les historiens qui ont parlé (tes ordres mi^ litaires établis par Montezuma, disent encore que trois de ces ordres avaient été institués sous les titres des ordres de l'aigle, du tigre et du lion, et que les chevaliers suspendaient à leur cou la figure

(1) Voyez Acosta, Gomara, et les autres.

(a) Voyez Thévenot, planches i3, 14, et 1 5.

(i) Voyage de Gage, première partie , chapitre 19. Solis, Conq. du Mex., liv. III.

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