‹ Œuvres diverses de J.J. Barthélemy: Littérature ancienne et beaux-artsChapitre 28 sur 76 · SCIENCE NUMISMATIQUE · texte numérisé non relu

SCIENCE NUMISMATIQUE

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JL ▲ connaissance des médailles fut long-temps un objet de curiosité , de trafic et de charlatanisme ; et die n'offrit des résultats importants ou utiles aux lettres et aux arts quepar les Teilles de Vaillant, de Norris, de Spanheim, etc... C'est sur leurs traces que Barthélémy a marché , et il ny a aucun de ses huit mànoires, lus à l'académie des Inscriptions, sur cette matière, qui ne renferme des vues neuTCS, ingénieuses et pleines de sagacité* Il ne s'amusa pas , comme beaucoup d'antiquaires , à disserter vainement, ou, si j'ose le dire^ puérilement, sur des points d'érudition étrangers à son sujet) ou qui ne pouvaient l'éclaircir. Il n'y attacha jamais plus d'importance que la chose ne le méritait; et c'est en quoi consiste le véritable esprit philosophique. Enfin, il se montra tou-' jours supérieur, soit dans la manière de considérer ce même sujet , soit dans celle de le traiter avec autant de clarté que d'agrément. On ne doit pas être surpris de ce que ses écrits , quoique courts et peu nombreux ^ lui aient bientôt fait une grande réputation. Tous les savants de l'Europe s'empressèrent de le consulter, et la plupart le regardèrent comme leur oracle, en ce genre. Le célèbre Eckhel , qui aujourd'hui est, en quelque sorte, le législateur de la littérature numismatique, lui rendit compte de ses premières études, et ambitionna de l'avoir a i3 .

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pour guide dans sa carrière (i). Il ne s y était pas encore distingué, et n'avait composé aucun de ses excellents ouvrages» lorsque Barthélémy, sentant la nécessité d un traité classique sur les médaiUes', en conçut le des^ sein. Celui du père Jobert était trop superficiel, et n'avait de prix que par les addition» de Bimard-la-Bastie , savantes, mais incomplètes.

Ce nouveau traité devait former la matière de trois Volumes, et être divisé en cinq livres. Dans la pré&ce, Barthélémy comptait i^ &ire Thistoire' alrïrégée «hl p^o^ grès de la connaissance àei médailles, depuis deux siè» de» ; 2® indiquer la vraie manièl^e d'éfudier oes sortes de moauments. Le premier Uvre aurait ë«é subdivisé en quatre chapitres. Après avoii distingué ks médailles anciennes des médailles modeines, et avoir fixé leurs linûtes , il ne s'arrêtait qu'atix premièi^es , et renvoyait les secondes à un autre ouvrage. Ce premier chapitre devait être suivi d'un second , qui aurait contenu l'histoire plus étendue des médailles anciennes, qu'il ne considérait ' dans leur origine que comme de simples monnaies. Les définitions des termes de l'art, revers., exergue, légende, inscription ^ etc., devenaient l'objet du troisième chapitre. Dan« le quatrième il aurait d'abord parlé de la division ordinaire des médailles anciennes , en différentes suites de villes , de rois, d'empereurs, de consiiiaires , etc. : ensuite il se ^rait sur été à uiie autre plus générale, celle de médailles gre<&ques, de médailles romanes et de médailles orienfâdes ou en cAractêt^s inconnus. Il projetait de commencer pat» les impériales ,

(ï) Jstud a te nnyorern in modurn oro-i ut^ si casus

id exigeret, tuis me velis cansiUis juvare^ etc. Epist. Idibus Maiis, MDCCT.1V.

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AVERTlSSEUtEWt. igS

parce qu elles soilt les plus eonna^. Dans le second livre, après des ofaeervations générales sur la méthode de commencer par les impériales, Fauteur se proposait de traiter, en trois sectiohs, i**des médaillée imp^ales^ 2® des médaille» éonsulaires ; 3^ dés médailles frappées dans quelques villes d'HUie, en avertissant toutefois quelles doivent ètte fhcées daiis la suite de* villes. Le troisième livre durait été consacré aux médailles grecques, et divisé en trois sections, subdivisées, comme dans les pféoédents , en plusieurs chapitre^ : la première section aurait concerné les médailles des villes; la second», cejte des rois , et la troisième , les singularités sur les médailles grecques , les lettres initiales., les moflbgrammes, les époqties, etc.... Le quatrième livre aurait renfermé tout ce qtd est relatif aux méd»lles gauloises, espagnoles, étrus^ ques, orientales, etc.; et le cinquième ou dertii^, les règleii pour discerner les médailles vraies d'avec les fausses.

Telles sont les premières idées que Barthélémy avait jetées confusément sur le papier^ et sur lesquelles Userait sans doute revenu, soit pour les étendre, soit pour les mieux classer, s'il eût avancé davantage l'exécution d^ son plan. Il ne s'est bien occupé que de la seconde section du troisième livre , et l'a laissée entièrfment rédigée. En la lisant, on regrettera qu'il n'ait pas eu le temps de travaiHer aux autres. A ce fragment, qu'on peut néanmoins regaider comme un traité élémentaire sur les médailles des rois gi^cs, nous avons fait suivre une instruction sur des recherches mmrismatiques dans le royaume de Naples et en Sicile, qui est un modèle en ce genre. Ensuite se trouve placé un mémoire sur le cabinet des médailles et antiques. Bmrthélemy l'avait nemis, le 8 juillet 1784) ^ M. Le Noir, bibliothécaire, pour

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être présente à Lotiis XVt» Les dëtailâ en pourraient paraître minutieux ; mais ik font ooii^akre les acqijusitions successives qui ont rendu ce cabinet le premier du qionde 9 et of&ent'âes moyens d accroi3seinent et de conservation qu'on ne dott pas négliger. B'aillQurs^ ce mémoire est une espèce de compte rendu de 1^- longue , active et alige administration de Barthélémy.

Le zèle qu il avait pour aiftgnienter le dépôt précieux qui étaiî confié à ses soins , l'obligea à se livrer à une correspondance folt étendue; et il tut en commerce de lèpres avec tous les antiquaires de FEurope. La réputation que lui acquirent ses premiers écrits, engagent aussi plusieurs savsHits distiiigués d'avoir recours à ses lumières. Wood, Morton , Kennicot , Woide , Maty, Stanley^ Hunter, Henley, Dutensj Milles, Horace Walpole^ Duane, etc...., en Angleterre; les cardinaiix Spinelli, Alexandre Albani, Borgia, Garàippi, Passionei^ labbé Graliani, le marquis OUvieri, le chanoine MazOidii, le prince de Torremuzza , Guarnacci , le marquis Caracciob*, Venuti, le père Paciaudi, le prélat Assemani, Schiavoi Bàrtoli, Needham, Tardif, Lorenzi, etc..., en Italie; Richter, Schœpflin, Bruck, Stosch, Eckhel, etc...., en Allemagne; Bayer, en Espagne; sont tes gens de lettres étrangers dont nous avons trouvé un plus grand nombre de lettres dans le« papiers de Barthélémy. Lorsqu'il était absent de Paris, ou qu'il ne voulait pas y perdre trop de temps à taire ou à recevoir des visites , ^ entretenait des relations plus ou moins étroites avec des savants distingués de cette capitale, la plupart ses ,coafrères, tels queFoncemagne,De Guignes, Bréquigny,LeBeau, Malesherbes , Larcher , d*Ansse de Villoisôn , Anquetil dm Perron, Pellerin, Ghaupy, etc. En province, il avait pour correspondants, Cary, Revest» Seguier, Audibert

f AVERTISSEMENT. I97

de Toulouse, Fauris -Saint -Vincens, Bon, Montcarra, Cahret, Bourguignon de Saintes, etc. Le recueil des lettres que Barthélémy en a reçues et qu'il avait conservées , est très-considéral)le; mais, pour qu'il fût intéressant et utile, il faudrait y joindre ses réponses : il n en a laissé la copie que d'un très-peti^ombre , vraisemblal^lement de celles qui mérit^ent ^ selon' lui , le plus d'attention. En conséquence, on*a cru pouvoir les &ire imprimer, sans outrager sa mémoire, comme plusieurs éditeurs l'ont osé, en mettant au jour des correspondances secrètes, souvent étrangères à la littérature, fruit d'une confiance sacrée , dont l'indiscrétion la plus coupable peut seule abiser, au mépris de tous les devoirs sociaux. Nous avons fait précéder ces lettres du discours que Barthélémy prononça-, le 25 août 1789, dans la séance publique de l'académie Française, lorsqu'il y ^t élu à la pl^ce de M. Beauzée. Ce discours et la réponse qu'y fit le chevalier de Boufflers sont réimprimés littéralement. On ne s'est pas permis le mmndfe changement dans ce recueil des œuvres diverses de Barthélémy, par rapport aux expressions et aux formules usitées avant k révolution, persuadés qu'un éditeur ne peut commettre de pareils anachronisraes de langage, sans manquer à la

fidélité et aux convenances.

De Saiwte-Groix,

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