CHAPITRE PREMIER, Idée générale des médailles des rois grecs
v/N entend par médailles des rois grecs toutes les monnaies anciennes sur lesquelles on voit le nom ou la tête, sqit d'un rôi grec, soit d'un prince barbare, en quelque langue et en quelque pays qu'elles aient été frappées.
Pour développer cette définition, il ne faut pas remonter à ces siècles reculé^, où la plupart des nations ignoraient le commerce et les arts, ni même à ces siècles moins anciens» où la gravure des monnaies était encore dans uae espèce d'enfance : il faut descendre vers le temps de l'expédition de Xerxès dans la Grèce , l'an 480 avant Jésus-Christ ; parcourir d'une vue générale la nature et les ré'
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volntions des empires qui subsistaient alors, et connaître par ce moyen quelles sont les monarchies dont il nous reste des monnaies, et celles dont on peut se flatter d'en découvrir un jour. L'époque que j'ai choisie est celle des médailles d'x\lexandre V^j roi de Macédoine , les plus anciennes en ce genre qui soient venues jysqu'à nous.
Le nord de l'Çurôpé "était désert ou habité par des nations qui ne furent connues qu'après le siècle d'Auguste (i). Le commerce, qui dans tous les temps a fait plus de découvertes sur le globe terrestre que n'en ont fait les expéditions des conquérants et les travaux des géographes, avait rapproché de bonne heure les Phéniciens, les Carthaginois, et peut-être les Grecs, des Bretons, des Gaulois et des Espagnols. Mais ce commerce se fit long-temps par le seul échange des marchandises, et l'art de la gravure des monnaies, trouvé daiis la Grèce environ neuf cents ans avant Jésus- Christ, n'arriva qu'à pas lents et ne s'introduisit qu'à la faveur des armes romaines dans les parties occidentales et septentrionales de l'Europe. Les Bretons l'ignoraient çnçore du temps de César (a) , et les Germains sous le règne de Trajan (v^). Les uns et les autres, en l'adoptant, ne le consacrèrent qu'à la gloire des Romains; et si les Gaulois et les Espagnols, qui semblent l'avoir reçu plus tôt, s'en
(i) Strab., lib. Vil, pag. ag/f.
(îi) C^SAU, de Bell. Gall. lib. V.
(3) Tacit., de mor. Gèrm. cap. 5.
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DES MIÉDAILLES. îiOl
sont plus spécialement approprié l'usage , s'ils nous ont laissé des médailles qui forment dans nos cabinets des suites particulières, il n'est pas encore pnnivé que ces médailles aient été frappées pour les rois et pour les chefs de ces nations; et Ton serait également autorisé à les placer parmi celles des villes, ou parmi celles des rois, ainsi qu'on le vert'a dans lïi suite. En Italie, Rome venait de recouvrer la liberté par l'expulsion des Tarquins , et se préparait à la faire perdre au reste de l'univers. Les Étrusques obéissaient à des rois, et ne cherchaient peut-être pas à les représenter sur les médailles. L'art de graver ces monuments se perfectionnait en Sicile, et fut ensuite porté encore plus loin. Dans la Grèce, les royaumes d'Argos, de Sicyone^de Mycènes, etc., ne subsistaient plus. Celui de' Lacédémone n'était qu'une aristocrate où l'on donnait le titre de roi aux deux principaux magistrats. Mais les descendants d'Achille régnaient en Épire (i), et ceux d'Hercule en Macédoine (a). Ce dernier royaume était entouré de plusieurs nations soumises à des princes tour à tour ennemis et alliés de la Macédoine. Au nord de la Thrace étaient des peuples qui n'obéissaient, suivant les apparences, (ju'à des chefs particuliers. Plus loin se formait vers ce temps-ci dans le Bosphore Cimmérien une monarchie qui dans la suite nous fournit beaucoup de médailles , mais dont les com-
(i) Plut., inPyrrho. Pausan., lib. II, pag. 178, etlit. Riihn. "(a) Suidas, in Caran. Heroo., lib. VIII, cap. j|37.