‹ Œuvres diverses de J.J. Barthélemy: Littérature ancienne et beaux-artsChapitre 34 sur 76 · TRAITlé · texte numérisé non relu

TRAITlé

de faire exprimer le titre de roi, quoiqu'ils le prennent sur la plupart des autres. Tels sont Antiochus I*', roi de Syrie, Cas^andre, roi de Macédoiile, etc.

On en voit aussi qui paraissent tie lavoir jamais reçu sur les monuments; tels sont les rois de Carief, et Philetàflï, fondateur du royaume de Vergame. Notfc tâcherons plus bas d'^n pénétrer la raison.

Quoique le titre de roi désigne la plénitude du pouvoTt suprême, quelques monarques de TOrient, qui sans doute en avaient d'autres dans lent dépendance, se firent appeler roi des rois BA2IAEÏ2 fiAÎIAEilN. Il est singulier que ce titre une fois introduit dans cette partie du monde, s'y àoit perpétué pendant plus de deux mille ciu<J céUts ans ^ parmi des nations totalement différente^ entre elles pour la langue, les mœurs et la puissance, et que les révolutions qui ont tant de fois changé la face de leurs états, n'y aient point changé les fotles prétentions de leurs souverains. Serait-ce que le ;gouveïlrïcniefit despotique y a presque toujours subsisté, et que, dans ce gauverncment, le prince doit paraître excessivement grand, pour être excessivement ctaint ? Serait-ce plutôt que les Orientaux sont plus constants que nous dans les usages qu'ils ont une fois adoptés? Ce n'est pas ici le lieu de résoudre ce problème. Contentons-noiis d'observer que le titre de roi des rois parait sur le» médailles de quelques princes qui croyaient tenir aux anciens rois de Perse : par exemple , sur celles des rois

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bES MEDAILLES. ^l'i

parthes, qui avaient en quelque façon rétabli cet empire; sur celles de Pharnace, roi de Pont, qui rapportait son origine à Tun dèS seigneurs qui avaient tué le faux Smerdis; enfin, sur celles de Tigrane, qui descendait des rois de Perse par Arlaxias, un de ses prédécesseurs sur le trône d'Arménie. Ce Tigrarte , après des conquêtes la plupart facilitées par Textrême faiblesse de ses ennemis, réduisit aux plus viles fonctions les princes que le sort des armes avait fait tomber entre ses mains ; et, en dégradant ainsi la majesté du trône, il ne rougit pas de prendre le titre de roi des rois. Quelque temps après, Marc Antoine, de retour de la malheureuse expédition contre les Parthes^ s'étant emparé de l'Arménie sans effort, et de la personne d'Artavasde, fils et successeur de Tigrane, par trahison, donna ce royaume et d'autres souverainetés aux enfants de Cléopatre ; et, comme s'il lui avait Suffi de parcourir en fugitif quelques provinces de rOrient pour éprouver tout le fanatisme du faste asiatique, il fit revivre, en faveur de ces jeunes princes, le titre de roi des rois, que Sésostris n'avait pris qu'après la conquête des Indes : on frappa aussi des médailles où Cléopatre fut nommée reine et mère de roi , REGINiE REGUM FÏLÏORUM REGUM CLEOPATR.E. Quels titres aurait donc pris cette ambitieuse princesse , si Marc Antoine itvait renversé le trône des Arsacides? ce trône dont les souverains se disaient frères du soleil et de la lune ; ce trône qui enivra d'un fol orgueil non-seulement ceux qui l'occupèrent, mais

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2a4 TRAITÉ

ceux qui le détruisireot. L'histoire nous apprend que les derniers rois de Perse, vainqueurs des Parthes , se gloriâaient de distribuer aux astres la lumière dont ils brillent, et que l'un d'entre eux, après avoir épuisé les titres usités jusqu'alors, prit celui de géant des géants.

Par une suite de cette contagion, le titre de grand roi, BA2IAEÏ2 MEPAS, qui anciennement suffisait à peine pour désigner les rois de Perse, fut accordé dans la suite à quelques rois. parthes, qui l'ont pris- sur leurs monuments. On le trouve aussi sur les médailles d'Eucratès, roi de la Bactriane (i), d'un Agrippa, roi de Judée, de quelques rois de Commagène, et, s'il en faut croire Patin (a) et Spanheim (3), sur les médailles d'un autre prince plus petit encore, d'un Abgare, souverain d'Edesse vers le commencement du deuxième siècle. Spanheim a pensé que ce dernier a joint le titre de grand à celui de roi, parce que son nom signifie en arabe la même .chose que le premier de ces titres. Mais cette étyifnologie est très-incertaine , et , en la supposant mieux fondée, l'application qu'on en aurait faite sur la médaille serait froide ou du moins inutile. Il est plus naturel de penser que ces petits souverains avaient emprunté ces titres superbes des rois des Parthes , ou que les Romains leur avaient ordonné de s'en revêtir pour con-

(i) Mas. D. Pelleh.; Mus. Petropol.

(a) Pat. Num. imp., pag. 227.

(3) Spanh., tom. I, pag. 535.

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DES MÉOAILLS». !]i25

fondre l'orgueil de cette natkmf ennemie et rivale de la leur.

Quelques rots parthes ^etûbleût avoir épuisé les ^[pressions pour donner une grande idée de leur puissance. Us ont pris le titre de grand roi des rois, BAÎIAEnî BA2IAEfiN METAAOÏ^ et Pharnace^ roi du Pont, a suivi cet exemple (i).

Il ^ut convenir cependant que sur ces médailles k mol; MEPAAOï peut absolument tfe rapporter an nom du prince, et qu*on potcrrait expliquer leurs légendes de cette manière ; Du roi des roié le grand Jrsaee; du roi des rois U grand Phar^ noce.

Les autenrs anciens ont souvent coitfondu le titre de dynaste, AÏNA2TH2, avec cekii de roi. IMais on doit les distinguer. Les états dlndibiiis et de Colcbas, en Espagne; tevtx de Massanis^ en Airiqtie, et de Pleuràtus en Illyrie, ayant été augmentés par la libéralité des Romains, ces princes, dît Polybe (a), deviîirertt véritablement roi^, de dynastes qu'ib étaient auparavant. De ce pa^ag^, e« de quelques autres qu'il es! inutile de citet*, on peut conclure que les dynastes étaient au-dessous des rois^ moins par le genre que par l'étendue dé leur puissance; et qu'à leurs différents titres étaient attachées des prérogatives plus ou moins brillantes. Peut-être que dans ce nombre il faudrait compter le droit de porter le diadème ; car il est certain que

(t) AièjfiK^L., spec. tom. I, tab. 93.

(a) PoLYB. Excerp. légat., pag. 8i3.

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aa6 TRAITÉ

le,s rois étaienjt jaloox de ce^e, marque d'honnetir, et qu'elle ne parait pas sur la médaille de Polémon ^ souverain d'un petit canton de Gilicie, la seule jusqu'à présent où se trouve exprimé le titre de dynaste (i).

Le titre d'archonte, ÀPXIÎN, qui,signifie, en général, un chef, et qui dans plusieurs villes grecques, désignait une magistrature annuelle, parait sur des médailles de cet Asandre du Bosphore qui reçut d'Auguste- (2) le titre de roi, au lieu de celui d'ethnarque qu'il portait auparavant. En cette occasion , les mots ethnarque et archonte, paraissent dire la même chose. Les médailles d' Asandre sont, parmi celles des rois, les seules jusqu'à présent où l'on ait mis le titre d'archonte.

Loi^qu'une nation était gouvernée par un chef perpétuel et dont le pouvoir, quoique éminent , était restreint et tempéré par celui d'un sénat ou d'^un conseil public, ce chef s'appelait quelquefois ethnarque, E0NAPXH2 ; et c'est cette qualité qu'Hérode -le -Grand prenait sur ses médailles (3) avant qu'il eût obtenu du sénat romain le titre de rqi,HPOAOÏ E0NAPXOÏ. Ces médailles sont jusqu'^ présent les seules sur lesquelles on voit le titre d'ethnarque.

(i) Cab. de Pembr. Mus. Peller.

(ft) LuciAN , in Longaevis. Cary , hist des rois du Bosphore, pag. 35.

(3) Machab. Xin, 4 1 , XIV, 41 , 47. Joseph , AnMqu. liv. XIII, ehap. 6.

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Lorsqu'une nation était divisée en quatre parties^ soumises chacune en particulier à un chef dont l'autoritë ressemblait à celle des ethnarques, ces parties s'appelaient quelquefois des tétrarchies; et leurs chefs des tétrarques, TETPAPXH2! Et c'est ainsi que les trois nations ou tribus des Galates(i), Rétablies dans l'Asie-Mineure, étaient dans lès commencements gouvernées par douze tétrarques, ainsi nontmés parce qu'ils avaient chacun sous lenrs ordres la quatrième partie d'une des trois nafions. Ce titre s'étendit parmi d'autres peuples de l'Asie, et Surtout dans la Cœlésyrie, où il ne désignait souvent que le souverain d'un petit canton (2) , soit que le pays éiA été originairement divisé en quatre districts, soit que le mot tétrarque fut pris dans une acception moins déterminée. Il pariait sur les médailles de Zénodore , qui commandait dans la Satanée , et sur celles d'Hérode Antipas , et de Philippe, fils d'Hérode I*'. roi de Judée.

Lorsqu'au lieu d'avoir dans sa dépendance une •nation entière , un prince n'en gouvernait qu'une petite partie , il prenait quelquefois le nom de toparque ^ TOHAPXHS , qui signifie à la lettre chef du lieu ; et c'est par ce titre que sont caractérisés sur leurs médailles (3) deux souverains de la principauté d'Olba , en Cilicie , dont l'un s'appelait Ajax , et l'autre, Teucer.

(1) Staaë. lib. XII, pag. 567*

(2) Plin., liv. V, cap. 18.

(3) Mus. D. PlLLETl.

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2a8 TRAITE

Ënfip, lorsque, suivaut un usage aussi ancien qu'étendu, la grande prêtrise et la puissance tesi-^ porelle 'Se réunissaient snIt une mism télé» et que de ces denx titres semblait résulter un pouvoir plus ^minent et plus saccé , alors on ne manquait guère de les exprimer à la fois dans lesacled et sur les monuments ; et c'est ainsi que, sur les médailles, Antigonus de Judée a joint le titre de Grand-Prétre , APX1ËPEX2, à celui de roi ; Polémon de Cilicîie,à ^ui de dynaste ; Zénodore de Batanée, à celui de tétrarque.

Il faut observer ici que presque tous ces titres ne désignent bien^souvent , dans les inscriptions et les auteurs de l'antiquité , que des officiers subalternes et dépendants. On voyaitun roi> BA2IAËY2, parmi les magistrats d'Athènes et de quelques villes de r Asie-Mineure , xles ethnarques à Damas pendant qu'Arétas d'Arabie (i) y régnait , et en Bgypte (il), du temps qu'elle était réduite en province de l'empire , des toparqûes (3) dans la même province et dans le même temps. Mais sur les médailles , k l'exception du titre d'archonte, tous les autres désignent des souverains dont l'autorité était plus ou moins étendue.

Il faut observer encore que divers auteurs, ignorant le véritable titre affecté aux princes d'une dynastie, les ont quelquefois caractérisés par des

(i) Paul, ad Cor. a, cap, ii.

(a) Stuab. lib. XVII, pag. 798.

(3) Id, i/fùi. , pag. 787.

Di^itized

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]>ES mÉBklLLES. 119

titres plus ou moins honorables. Cest aut médailles qu'il faut recourir pour connaître les pré«rogatives de plusieurs souverains de l'Orient. Rien B€ les empêchait de s'y para: des vertu» les plus brillantes : mais, à l'aide de pareils monuments, ils ne pouvaient relever l'éclat de leur dignité , sans exciter la jalousie de leurs voisins, et de Rome même, à qui les vertus des rois tributaires étaient plus indifiérentes que leur puissance.

iLÊiut observer enfin, qu'une médaille seule ne suffira jamais pour fixer, la nature des titres que prenaient les rois de l'Orient, parce qu'à mesure que leur pouvoir s'est accru , ils l'ont énoncé par des expressions relatives , et qu'en fait d'usage, une médaille ne déposant que poiu* l'instant présent , son autorité peut à la rigueur être rejetée pour o^ lui qui l'a précédé ou suivi! #

Des titres d* honneur que les rois ont pris sur leurs médailles.

Ce fut après Alexandk^ qu'on vit paraître sur les médailles des rois grecs ces titres honorables que la flatterie prodigue sisipuvent aux prince», et que la vérité leur accorde avec tant de réserve. Philippe de Macédoiqe, qui aimait passionnément les louanges, ne mit jamais$ur ses monnaies le titre de sauveur qu'il avait reçu des Thébains. Son fils , qui préférait la renommée 4 la gloire et la gloire -aux conquêtes , qui cherchait à se rendre présent à tous les lieux et à tous les temps , qui força les Spartiates mêmes à le re-

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;i3o TRAITÉ

garder comme ua dieu , son fils est simplement/ nommé sur les médailles Alexandre, ou le roi Alexandre; soit que ce nom lui parût supérieur à tous les éloges, soit «[ue les monnaies lui parussent de faibles moyens pour transmettre ses prétentions à la postérité. La conquête de la Perse changea sesidées. Le faste des vaincus se communiqua par degrés aux vainqueurs. Ptolémée I*^, roi d'Egypte, et Antiochusl*'*, roi de Syrie, prirent sur leurs médailles le titre de Sauveur, le premier pour avoir accordé quelque secours aux Rhodiens (i); le second, pour "avcrir repoussé les Gaulois, qui avaient fait une incursion dans ses états. Leurs successeurs et les princes qui régnèrent daiis les pays voisins, ou dans TAsie-Mineure, furent presque tous caractérisés par des surnoms particuliers. Teb sont , outre les rois de Syrie et d'Egypte , ceux des Parlhes , de Commagène , de ^Ippadoce et de quelques souverains établis aux environs de la Syrie. Mais , au , lieu que dans les autres monarchies on ne donnait communément qu'un surnom à diaque prince , on les multiplia sans scrupule chez les Partfaes et dans la Syrie ;^ et cet abus alla si loin ^dans la suite qu'une pièce de métal suffisait à peine pou/ les contenir tous.

L'usage d'exprimer ces titres sur les monnaies ne passa point en Europe ; du moins n'en trouve-t-oi^ aucun vestige sur celles des rois de Macédoine et de Thrace.

On peut faire usage de ces réflexions pour fixer

(i) App. in Syr.

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DES MÉDAILLES. 23l

le pays et le temps d'Une médaille qui , avec le nom d*un prince inconnu, présente un ou plusieurs titres d'honneur. On en cherchera le pays plutôt en A«ie qu'en Europe, et le siècle, plutôt après Alexandre qu'avant lui.

On peut se servir avec succès de la différence des titres énoncés sur les médailles pour destin*guer des princes du même nom , et confondus quelquefois dans les auteurs. Mais on doit prendregarde que quelques-uns de C€^ princes ont chfEtigé de surnoms. Démétrius III, i^i de Syrie , est appelé tantôt $IA.OnATftP, et tantôt *IAOMHTflP, et que d'autres ont joint un nom semblable à des titres semblables. Deux Ariarathes de Cappadoce prennent celui d'EÏ2EBH2 , et ne prennent que celui-là.

Pindare dit : « Les hommes et les dieux ont une « commune origine, la puissance seule sert à les « distinguer. » Il semble que plusieurs rois grecs ont voulu d^Tuire cette barrière, en adoptant, commedes titres d'honneur, les noms' spécialement consacrés aux dieux qu'ils adoraient. Tels sont ceux de Dionysius , Bacchus , AIONlf202; bu de Dieu par excellence, 0EO2;<le Dieu manifesté, eE02 EIII- * NH2. D'autres titres , conférés à des princes plus religieux ou plus modestes , exprimaient leur respect pour la divinité, 0EO2EBH2; ou leur tendresse pour leurs parents , MAOnATnP , *IAOMHT£iP, *IAAAEA$02 ; ou leur attachement à. la patrie , ^U A0nATP12. Ceux de Grand , de Nicéphore, de Cal- Unique, avaient rapport à des victoires ou à des exploits. Enfin, quelques-uns de ces princes se sont

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souvenus qu'Us avaieut des sujets, et ont pris le$ titres de Juste, de Bienfaiteur, etc. Le père Har* douin (i) kur a ravi le mérite d'avoir adopté ce dernier, en le regardant non comme un titre d'honr neur, mais de puissance. Ce sentiment n'est fondé que sur la fausse interprétation d'un passage du Nouveau^Testament. Celle que le même antiquaire avait donnée des mots ^^«02 et 0EA , porte sur un fondement encore moins solide (a). Il prétendait qu'on BC devait pas'lesJfendre par celui de dieu ou de déesse, niais par i^elui de nobleou d'illustre, et que ceux qui les joignaient à leur nom descen*daient en droite ligne de quatre princes qui s'é-t«i^t immédiatement succédé sur le trône. Ainsi cette inscription , ]$ASIAI22H 0EA (3) , sur ime mé^ daille de Cléopâtre, mère d'Antiochus VIII, roi de Syrie, loin de signifier la déesse rem^ , signifiait la reiu^ descendue de quatre rois. Deux ou trois e^^mples que le ha^Ard devait nécessairement pro^ duire , ft^vurisnient ce sentiment ; mais il a fallu , pour le soutenir, changer l'acception des mots les plus connus, accuser de supposition le décret des Smyrpée^, un des plus respectables monuments de l'antiquité (4) 9 uniqtiement parce qu'il donne le titre de Dieu au troisième des rois de Sy* rie ; méconnaître les têtes de Ptc||émée V^. , roi d'É-

{%) Haud. Ghron. vet test, |>ag. 599.

(3) VAiiiL. Hist. S^leuc, ps^g. 337.

(3) Marm. 0»on., pag. 5.

gypte, et de Ptolémée son fiU > parce qu'elles étaient représentées sur des médailles ou ces princes recevaient le même titre ; déranger enfin les successions de deux* grandes monarchies pour leur en substituer a autres -également combattues par les médailles et par les auteurs anciens. Le père Hardouin a fait tous ces sacrifices , et la vérité ne lui en demandai| qu'un , celui de renoncer à l'amour désordonn^^lllfs systèmes , et de reconnaître qu'au commencement le titre de Dieu fut donné à des princes qui avaient été consacrés après leur mort, et ensuite à d'autres qui voulurent pendant leur vie partager les honneurs de la Divinité.

Goltzius ^ et d'aprèa lui quelques antiquaires (j ) , avaient rapporté une médaille de la célèbre Cleopâtre , sur laquelle on lisait : 022AN 2ATHPA, expression inintelligible, et que Scaliger (a) avait prise pour un surnom égyptien. Mais on a fait voir (3), ou que la médaille a été mal lue , ou qu'elle est de coin moderne et fabriquée pair \m faussaire ignorant qui avait devant les yeux des médailles de cette princesse où elle prend le titre de 0EA N£(î- TEPA. Le père Hardouin (4) a donné à ces deux mots une interprétation relative à ses idées, et Vaillant (5) les a fort heureusement expliqués , en fai-

(i) Tristan, tom. I, pag. 57. Orcop. 3o.

(a) ScALiG. ,^ Euseb., pag. 217.

(3) Mena, de l'Acad., t. IX, pag. i63.

(4) Hard. Çhronol. vet. test. , pag. 577.

(5) Vaill. Hist.Ptol., pag. 189.

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234 THAITÉ

sant voir que le mot 0EA se rapporte à Isis, divinité principale des Égyptiens ; et , en effet, Piutarque ( i ) nous apprend qu'Antoine avait pris le surnom de nouveau Bacchus, et Cléopâtre eeîui de nouvelle Isis ; elle fut même si connue sôus^e titre que, sur quelques-unes de ses médailles, il tient, lieu de son nom.

Les titres accordés aux rois grecs sont-ils la fidèle expression de leurs sentiment» et de leurs exploits ? Nous ne proposerions pas cette question, si un sophiste ancien (a) ne l'avait décidée en faveur de ces princes , et s'il ne fallait pas prévenir l'abus qu'on pourrait faire de son autorité.

Seleucus III , qui avait eu dessein de délivrer son père , prisonnier chez les Parthes , mais qui n'eut point la force de venger sa mort, qui passa le ^ont' Taurus pour s'opposer aux progrès d'Attale, roi de Pergame , mais qui, après deux ou trois ans d'un régne qu'aucune action mémorable n'ar illustré (3), mourut au milieu d'une armée qu'il ne pouvait contenir dans le devoir, et de quelques amis qui l'empoisonnèrent ; ce Seleucus, suivant quelques auteurs (4), était surnommé le Foudre.

Antiochus VI, roi de Syrie, mort âgé de sept

(i) Plut, in Anton, vit.

(2) Liban., in Antioch., pag. 356. ^

(3) App. in Syr., pag. an , édit. Toll.

(4) HiERoic. in Dan. Eusbb. Chronio. lib. î, pag. 6:4. Jbiti. lib. II, pag. 14?'.

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DES MEDAILI.es. 235

ans , avait reçu les titres de 3acchus et de vainqueur.

Pendant que Ptolémée VU, qui avait rempli l'Egypte de deuil et de sang , osait usurper le titre de bienfaiteur, EÏEPrETH2, ses sujets, victimes de ses cruautés, lui donnaient d'une commune voix celui de Malfaiteur , KAKOEPrETflS.

Enfin , si l'on parcourt l'histoire des rois d'Egypte et de ceux de Syrie , si l'on confère cet enchaînement de revers , de n^uttres , et d'attentats de toute espèce, on ne pourra guère s'empéd^pr de connaître que peu d'enUre eux ont justifié les surnoms qu'ils avaient pris ou reçus ; que. la plupart de ces distinctions flatteuses furent accordées à de jeunes. princes dont on avait conçu des espérances, bientôt démenties par leur conduite, et que d'autres furent malheureusement regardées comme des titreis attachés à la couronne , et qui u'ijnposaient pas plus d'obligations que }a couronne elle-même*

Nous avons vu plus haut que les. Romains pous-, sèrent l'excès encore plus loin , et nous avons observé que , pour apprécier le^ éloges donnés aux princes , il faut moins s'en rapporter au témoignage des médailles qu'à celui des historiens exacts, parce que le premier n'est pour l'ordinaire que la yoix des courtisans , et le second celje des peuples.

Mais il ne faut pas de pareilles distinctions pour expliquer les titres que des motifs de politique ont fait adopter. Des princes qui voyi^nt au nombre de lein's sujets une nation étrangère en état de se

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