TRAITÉ
faire craindre par sa puissance , ou de se faire rechercher par son commerce, s'en déclaraient publiquement les protecteurs. C'est ainsi que 4af plupart des rois parthés, qu'Aristobule,roldè Judée, un prince arabe qui régnait à Damas, ont été sur-* nommés Philhellènes , c'est-à-dire , amis des Grecs. En général , ceux qui prirent ce titre étaient étrangers à l'égard des Grecs , et voilà pourquoi il ne se trouve point suf les médailles des rois d'Egypte , de Syrie , de CbnUhdfène , etc. ; voilà pourquoi il ngfsfaudrait pas être surpris si on le découvre un jour sur celles des rois de Cappadoce , de Bithynie, etc. L'exemple d'Alexandre P^, roi de Macédoine, surnommé Philhellène (i), ne détruit pas cette règle générale. Quoiqu'il fût Grec d'origine {i) , il régnait dans un pays presque tout barbare ; et, comme souverain, il était étranger aux yeux des Grecs qu'il attirait dans ses états. Ce furent eux sans doute qui , flattés de la protection qu'ils en recevaient , lui donnèrent le titre d'ami de leur nation , car il n'est pas dit qu'il l'ait pris luimême.
Quand les Romains eurent affermi leur puissance en Orient , tous les regards se tournèrent vers eux , et les rois exprimèrent en différentes manières leur attachement au nom romain ou à l'empereur régnant. De là les titres He *IA0PftMAI02 ou *I-
(i) Dion. Cbry^i*. Orat
(2) Herod. lib. VIII, cap. i37, lib. IX, cap. 44-
AOK AI2AP qui paraissent sur les médailles de quelques princes.
Je ne pourrais analyser tous les titres exprimés sur les médailles de rois sans m'engage dans les détails les plus ennuyeux ; j'aime mieux les éviter ;i** en renvoyant le lecteur à l'ouvrage d'Éjéchiel Spanheim (i) ; 2^ en réunissant dans une table particulière «tous les titres hontirables que les rois grecs ont adoptés, soit que ces titres paraissent sur leurs médailles , soit qu'on ne les trouve cpie dans les auteurs de l'antiquité. Mais je n'y ai point inséré ces épithètes redoutables que la tyrannie des souverains arrachait au désespoir de leifl^ sujets , comme celle d'Épimanes ou Furieux , de Cacoergetes ou Malfaisant , ni ces espèces de sobriquets outrageants que leur attiraient des difformités du corps, qui n'étaient point rachetées par des I^ienfaits ou des vertus , tels que ceux de Nez de*Gryphon, de Ventru, etc. ; ni ces surnoms humiliants qu'on leur appliquait pour des talents qu'ils cultivaient avec soin et dans lesquels ils avaient le malheur de réussir , tels que celui de Joueur de flàte , etc. ; ni ces dénominations tirées des lieux où ils avaient été élevés , telles que celles de Cyzicenus, Commagenus, ni tant d'autres enfin , qu'il serait inutile de chercher sut* \çs médailles , et encore pins inutile de recueillir ici.
(t) UsH et praesl. nuim tom. i, pag. 4^..