A L'AUTEUR DES VOYAGES DU JEUNE ANACHARSIS
DANS L^ GRECE (l).
J/'athène et de Paris la ],onne compagnie
A formé dès long-temps votre goût et vos mœurs ; é
Toute Tafitiquité par vqs soins rajeunie
Reparaît à nos yeux sous ses propres couleurs ;
Et vous nous rendez son génie. •
Au milieu de la Grèce Anacharsis errant Sait plaire à tous les goûts dans ses doctes voyages , Etonne Férudit , et charme l'ignorant ; Aux soupers d'Aspasie, au banquet des sept Sages,
Vous auriez eu le premier rang.
Le style a du sujet égalé la richesse ,
Et sa parure .est sa clarté.
Il joint tous les trésors de l'antique sagesse
A la moderne urbanité.
(i) Ces vers sont d'un poète aimable, vertueux et plein de talents , Fontanes , auquel TAcadémie Française adjugea le prix de poésie, dans la séance publique où Barthélémy fut reçu. On a cru qu'ils méritaient d*étfe conservés, et qu'ils ne seraient pas déplacés ici.
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lO VERS 4
Quels t^^lea^x. différents I Dans TÉlide emporté, Quelquefois, à travers la poussière olympique.
Je suis le vainqueur indompté Qui voit déjà Pj^dare entonnant ^jp cantique. Près des sages fameux plus souvent arrêté, Je viens trouver Terreur sons le grave portique,
En «y cherchant la vérité.
C'est en vain que Zenon défend la volupté ,
Des beaux arts la foulé immortelle . L'inspire à chaque pas sous un ciel mdbanté ; Phryné sort de la mer, et soudain sa beauté
Montre Vénus à Praxitèle.
Jupiter m'||i|^raît, oui, du maître des dieux L'urtiste a reproduit Tauguste caractère.
Phidias l'a vu dans Homère
Gamme il existe dans les cieux.
Mais des plus beaux des arts que sont les vains prodiges! D'Aristide exilé je cherche les vestiges ; ^ Le plus grand des Thébains ici meurt abattu; Là , des lois de Lycurgue embrassant là défense , Vous opposez son peuple à celui de Solon , Et l'œil observateur aux grâces de l'enfance Croit voir de l'âge mûr succéder la raison.
De Socrate, plus loin, l'éloquent interprète, Xénophon , vient m'offrir sa modeste retraite ; Ecrivain doux et pur, philosophe et soldat, Il semble à Fénçlon réunir Catinat.
Pythagore en secret m'explique son système.
De Cérès, d'Eleusis, les temples sont ouverts, La vérité pour moi s'y montre sans emblème.
Platon assis aux bords des mers Dans un style divin m'annonce un Dieu suprême* Aristote m'appelle aux jardins d'Acadême.
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D£ FONTANES. Il
Des sciences , des arts qui s'y donnent la main ,
Toutes les voix se font entendre ; Révélant leurs secrets, Je maître d'Alexandre
Devient celui du genre humain.
Hélas ! rhomme est trop tôt fatigué de s'instruire , Et qui veut l'éclairer doit surtout le séduire. A Délos , à Tempe guidez-moi tour à tour ; Des fêtes de l'Hymen montrez-moi le retour; Et que, parant dé fleurs la couche nuptiale, Les filles de Corinthe , au déclin d'un beau jour, Chantent ces doux combats , cette lutte inégale
De la pudeur et de l'amour!
Soit que vous rappeliez les jugements coupables Où la haine envieuse immola des héros; Soit que vous m'attiriez dans ces cercles aimables Où les Grecs au bon sens préféraient les bons mots ; Je retrouve Paris , et vos crayons sincères Dans les Athéniens me peignent les Français , Chez nous les Anitus, comme au temps de nos pères, Calomiiîraient encore avec quelque succès; Et la jeune Phryné, chez nos juges austères ,
Gagnerait toujours son procès.
Les Grecs nous ont transmis leurs' divers caractères. Peignez-vous leur audace et leurs grâces légères ; Je crois lire Hamilton , je crois voir Richelieu. De leurs savants écrils percez-vous les mystères;
J'entends Buffon ou Montesquieu.
Tandis que le troupeau des écrivains vulgaires Se fatigue à chercher des succès éphémères
Et dans sa folle ambition , Prête une oreille avide à tous les vents contraires
De Tinconstante opinion ; Le grand homme , puisant aux sources étrangères ,
VEftS DE PONTANES.
Trente ans médite en paix ses travaux solitaires (i). Au pied du monument qu'il fut lent à finir, Il se repose enfin sans voir ses adversaires , * Et Tœil fixé sur lavenir.
(i) Les Voyages d'Anachai-sis ont été commencés en 1757.
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