‹ Œuvres diverses de J.J. Barthélemy: Littérature ancienne et beaux-artsChapitre 69 sur 76 · AU CITOYEN G · texte numérisé non relu

AU CITOYEN G

Ce 16 avril 1793.

Vous me demandâtes dernièrement, mon cher ami, pourquoi je n'avais pas parlé de la loi de Solon, qui condamnait le célibat; et pour confirmer l'existence de cette loi, vous me citâtes un passage deDémosthène, par lequel il paraissait qu^on avait flétri la mémoire d'un Athénien qui ne s'était pas marié, en plaçant sur son tombeau un symbole qui attestait sa désobéissance à la loi.

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372 Ï-ETTKES.

îii Saoïuél Petit, ni Potter ne parient de cette loi ; mai$ il est certain que le célibat était un d«s<ihonneqr à Lacédémone, et je Fai observé dans mon ouvrage. )e m^ 3Uis souvenu que Platon avait proposé de ne pas admettre dans l'admimstration un homme qui n'aurait point été marié; c^était nne idée de ce philosophe. Il faut donc ^voir recours au passage de Démostbène, dans dQO' dis^ cours contre Léochare^.

il y est dit, en effet, que sur le tombeau d'Ar* ic;hiades était un Xoiirpopopoç, ce qui pi'ouv^ qetA n«vait pas étéijwirié. Hésychius, Suidas, Harpo<^iatiou font allusion à cet usage; mais je n'ai trouvé nulle* part qu'il fût une espèce de flétrissure, encore moins qu'il vînt des lois de Solon» Ainsi, je n'ai point dû le ranger parmi celles qu'il avait établies. Je n'ai pas même dû en parler, parce qu'il n'est pas facile de s'en faire une idée bien précise- Quelques grammairiens ont rendu le mot >.oi>- Tpoçopoç, par le porteur d'un vase destiné aux bains; d'autres, par le vase seul. Et cette dernière explication me paraît la plus convenable. Hésychius dit {in h. V.) que ces vases servaient aux mariages, et aux morts qui ne s'étaient pas mariés. Le même auteur (in v. Ai^uaç) ajoute qu'ils étaient de couleur poire lorsqu'on le3 mettait sur les tombeaux des célibataires. De là, on pourrait présumitfr que sur les tombeaux des gens m^iés on plaçait de ces vases de couleur ordinaire ; mais que les moins désignaient les célibataires. Mais pojurquoi désigner ainsi ces dernjiers? Cela pouvait devenir néqessaii^e

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dansJes procès pour cause de testament, de partages, etc.

Quoi qu'il en soit, observez que lorsque mon Scythe parle de c^lqu^ usage, U est censé en avoir été témoin , et qu'il ne doit pas, se livrer à des conjectures (i\ Une pareille discussion aurait été ridicule dans sa bouche.

Adieu , je vous embrasse.

(i) Cette remarque de Barthélémy répond d'iwe maiiièi^ pôreiUptoM au re{tirocfae qu'on lui a fait de n'avoir pas assez mj^ de critique daiw soa y^f^t^ d*4ncKhtrsi$, Du reste , j'aarais pu rapporter un plus ^and nombre de lettres de Bartké-^ lemy; mais celles qu'on vient de lire suffisent pour montrer toute l'étendue de ses connaissances, et l'empressement qu'il avait de les communiquer aux personnes qui le consultaient. Si l'on désirait néanmoins d'avoir un recueil plus complet de ces mêmes lettres ; j'inviterai alors ceux qui en ont reçu de lui, à les foire passer à son neveu, Barthélemy-Courçai ; il en existe de très-intéressantes entre les mains de quelques gens de lettres. Celui auquel cette deniière est adressée en possédait plusieurs de ce genre ; malheureusement elles ont été la proie des flammes, dans une crise de la révolution où la peur a détruit presque autant de choses précieuses que la rage du vandalisme. Noie de V Éditeur.

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