ET DE BU R AU XIX
Jules Janin disait alors que la vie est un carnaval où tout le monde est écouté, même Jocrisse.
Eh bien, il faut lui savoir gré d'avoir eu le courage de son opinion; il révéla Deburau, qui était un maître comédien, puisqu'il exprimait sous sa farine et sans dire un mot toutes les joies et toutes les douleurs humaines^ et n'avait besoin pour cela ni d'un Molière ni d'un Shakespeare.
Oui, ce Deburau fut un grand comédien.
C'est peut-être que ce fut un cœur chaud, ce qui n empêche pas beaucoup de mauvais comédiens d'être bons, et beaucoup de bons comédiens d'être mauvais. On n'imagine pas le yiombre d'histoires gaies, touchantes , invraisemblables, impossibles, qui sont au compte de Deburau. Ce Pierrot fut lui maître homme qui passa à côté du Conservatoire, mais qui ne passa pas à côté des passions. Il disait: a J'ai vécu à plein cœur, » comme d'autres disent : « J'ai vécu à pleine coupe. »
N'alle:{ pas croire, d'ailleurs, que celui qui rendit célèbre à jamais le théâtre des Funambules ne fût qu'un saltimbanque heureux. Ce-