‹ Œuvres diverses de Jules Janin (volume 4)Chapitre 4 sur 46 · VIII JULES JANIN · texte numérisé non relu

VIII JULES JANIN

qu'il confondît tous les siècles, comme si le siècle de l'esprit n'en faisait qu'un, il peignait avec autant de justesse que d'éclat les tableaux de la vie moderne; il était plus vrai dans sa fantaisie que tous les réalistes patentés qui s'imaginaient être vrais parce qu'ils n'ont pas le rayon. Etudie:^ de près l^Ane mort et le Chemin de traverse, étudie:^ ses cent et un contes, ses mille et un feuilletons; vous reconnaître:^ que toute Ihistoire intime du XIX^ siècle est là, vivante par fragments, comme vous trouve^ dans l'atelier d'un peintre de génie la créature humaine, de face, de profil, de trois quarts : ici un fusain, là une gouache, plus loin ime ébauche; cà et là de vivantes peintures qui ojtt l'âme, qui ont le regard, qui ont la parole. Et que de trouvailles inattendues ! C'est un pastel effacé, mais souriant encore; c'est une eau-forte lumineuse, c'est une académie qui crie à la vérité. On a déjà trop oublié l'œuvre de Jules Janin; quand on va remuer cette montagne de sable, on s'étonnera d'y trouver tant d'or pur!

La sottise de la plupart des critiques, « ceux-là qui ne laisseront pas de placcrs

ETDEBURAU IX

après eux, » c'est de n'être Jamais contents de rien , hormis d'eux-mêmes. Ont - ils asse\ « tombé yi Janin, sous prétexte que che\ lui le mot cachait l'idée, ou plutôt que la pensée se noyait dans la phrase!

On a comparé Jules Janin à ces beautés à la mode qui traînent à leur queue un kilomètre de satin, de rubans et de dentelles sous des chapeaux qui sont des jardins de Dabylone, sans parler du chignon et du corsage, qui sont plus ou moins des parures d'emprunt. On disait à Janin comme au peintre antique : « Ne pouvant la faire belle, tu Vas faite riche. »

On se trompait : Janin l'avait faite riche parce qu'elle était belle.

Et quel charmant entrameur pour tous ceux qui s^aventuraient dans les lettres ! Comme il leur donnait cordialement le coup de l'étrier ! Il semblait qu'il voulïït les consoler par avance de tous les déboires futiii s. Nous étions encore

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