POESIE
Plus forte que le cri de cet oiseau sinistre Qu'une nuit orageuse évoque de son sein, Plus triste que le chant du vieux et saint ministre Qui trouble l'assassin,
Cette voix te crîra : « Prends garde; ta folie Peut-être aura demain de subites rougeurs, Son œil voittout; prends garde : un cœurqu'on humilie Rêve des jours vengeurs. »
Ou î)Iutôt si tu dois dans une nuit profane, En faire à ton amant un triomphe moqueur, Livre au feu dès ce soir ce tissu diaphane, Brûlé comme mon cœur!
Je refermai violemment mon tiroir, et sur la planche d'à côté je trouvai mes pistolets : c'est une belle arme, montée par Stelein,artistement ciselée et trempée dans le Furens. Je m'amusai à les contempler de nouveau, à regarder encore, gravée sur la platine, cette tête de sanglier, et machinalement mon sang s'échauffait, mon pouls battoit plus fort; j'étais heureux d'un bonheur si cruel, mais si vif que je ne sais ce qui fût arrivé, quand j'entendis frapper un léger coup à ma porte.
« Entrez, petite », criai-je, et la porte s'ouvrit.