‹ Œuvres diverses de Jules JaninChapitre 60 sur 87 · LE PERE ET LA MERE · texte numérisé non relu

LE PERE ET LA MERE

nés; il m'a été impossible de me nourrir longtemps, et me voilà avec une besace et un bâton.

— Pauvre, pauvre Henriette! reprit la vieille femme.

— Oui, pauvre Henriette! et pauvre, pauvre Chariot ! ajouta le vieillard, car j^imagine qu'il a fait une triste fin.

— Certainement, une triste fin! repris-je. Je l'ai vu mourir; il a été dévoré par des chiens, et c'était pour me divertir un instant! »

A ces mots les deux vieillards reculèrent de trois pas, et sortirent avec épouvante.

C'est en vain que je voulus les rassurer et les retenir, je ne pus m'en faire entendre, et ils s'éloignèrent plus indignés de ma barbarie que de celle de leur enfant.

En effet, de quel droit pouvais-je leur faire de la peine, moi qui n'étais qu'un étranger pour eux?

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