C'est ce ii clin d'œil » que tant de De la Cour
courtisans vont mendier chaque jour 4. La Fontaine se fait illusion sur
à Versailles, et qui, accordé ou refusé, la valeur du Panégyrique de Trajan :
fait leur joie ou leur désespoir, c'est une harangue académique et
« Mille gens à peine connus font la officielle, une savante et assez mo-
foule au lever pour être vus du notone antithèse entre les crin\es
prince, qui n'en saurait voir mille à de Domitien et les bienfaits de
la fois; et s'il ne voit aujourd'hui que Trajan,
niscouHS A l'académie 303
Les oraisons poiii' Ligarius et poui' Marcellus ne fonl-elles pas encore à présent honneur à la clémence de Jules César*? pour ne rien dire d'Achille et d'Enée, qu'on n'a allégués que trop de fois comme redevables à Virgile et à Homère de tout ce bruit qu'ils font dans le monde depuis tant d'années.
Quand Louis le Grand serait né dans un siècle rude et grossier, il ne laisserait pas d'être vrai qu'il aurait réduit l'hérésie aux derniers abois ; accru l'héritage de ses pères ; replanté les bornes de notre ancienne domination ; réprimé la manie des duels si funestes à ce ro^^aume^, et dont la fureur a souvent rendu la paix presque aussi sanglante que la guerre; protégé ses alliés, et tenu inviolablement sa parole : ce que peu de rois ont accoutumé de faire. Cependant il serait à craindre que le temps, qui peut tout sur les affaires humaines, ne diminuât au moins l'éclat de tant de merveilles, s'il n'avait pas la force de les étouffer : vos plumes savantes les garantiront de cette injure; la postérité, instruite par vos écrits, admirera aussi bien que nous un prince qui ne peut être assez admiré.
Quand je considère toutes ces choses, je suis excité de prendre la lyre pour les chanter; mais la connaissance de ma faiblesse me retient^. Il ne serait pas juste de déshonorer* une si belle vie par des chansons grossières comme
1. Ligarius et Marcellus avaient ses peuples de cette folie. Sur les
conibatlu dans les rangs des Poni- édits de Richelieu et de Louis XIV
]>(''iens contre César : Cicéron, qui contre les duels, vovez le t. I de
avait l'té Pompc-icn lui-uièuie, mais notre Corneille, Introduction du
<pii. au lendemain de la défaite, s'était 6'trf., II, 1. En 1677, l'Académie pro-
rap|)r()clié du dictateur, obtint de posa une Ode contre les duels comme
C(-sar leur rappel. Voyez dans le Ci- sujet du concours de poésie. ccron et ses amis de M. Boissicr le
.•hap. intitulé : Le vainqueur et les ^: ^ 'l^* '•^"î', ™nnaissanee aussi
,'aincus apr'es l'harsale. 'I"' ,':'^".'^"* Yio,\o^,x (voyez le début
.1 i.'/„,i,„ •• ,1-t T ••»*<■ de l'Éliitre I), et il eut tort plus tard 2. J'enelon avait dit : n Louis etoiifle ' " ^ • t î^
1. .. „ ,1 ,1 1 1, • . , , ,, ((■ passer outre. Quant a La i<ontain<!,
la rage du duel alti're du iilus noble ., ' , . . , ,
.,,. .1 ,. f„ ■ I. 11 •. il se rend luslice : les rares odes sang des l'ranoais. » Dans le l'Iiapitre , , , . ^ ., i
,/ , /„ ir„ j„ r ' ti • •* • 'I" on a de lui sont laibles.
de la Mode, La Bruyerc! cent <pi un '
des plus beaux endroits do la vie 4. C'est le culpa deterere ingenii
d'un très grand roi a été d<! guérir d'Horace, Odes, I, C.
les miennes : je me contenterai, Messieurs, de goûter la douceur des vôtres*, s'il m'est impossible de les imiter : la seule chose dont je puis répondre, c'est de ne manquer jamais pour vous ni de respect ni de gratitude.
1. Les chansons dos acadomicLcns? Rares pourtant étaient àrAcadémio les poètes Ij'riqucs.