‹ Œuvres diverses de La FontaineChapitre 22 sur 115 · DISCOURS A MADAME DE LA SABLIERE · texte numérisé non relu

DISCOURS A MADAME DE LA SABLIERE

Désormais que ma Muse, aussi bien que mes jours,

Touche de son déclin l'inévitable cours,

Et que de ma raison le flambeau va s'éteindre,

Irai-je en consumer les restes à me plaindre,

Et, prodigue d'un temps par la Parque attendu,

Le perdre à regretter celui que j'ai jaerdu ?

Si le Ciel me réserve encor quelque étincelle

Du feu dont je brillais en ma saison nouvelle,

Je la dois employer, suffisamment instruit

Que le plus beau couchant est voisin de la nuit.

Le temps marche toujours; ni force ni prière.

Sacrifices, ni vœux, n'allongent la carrière :

Il faudrait ménager ce qu'on va nous ravir.

Mais qui vois-je que vous sagement s'en servir?

Si quelques-uns l'ont fait, je ne suis pas du nombre.

1. Dcsormais que, puisfjiic désormais, à partir de ce jour où ; locution dojà rare au temps où La Fontaine l'employait. — Né en 1621, La Fonlaine a soixante-trois ans. Sa « musc » pourtant n'est pas tout à fait épuisée, car VÉpitre à Huct est postérieure de trois ans.

6. Comparez à ce début mélancoliqucle débutdu livre XII des Fables, publiées dix ans après. Il y dittristcment, et avec |)lus de raison qu'ici : « Mon esprit diminue, d

10. La Fontaine aime ces comparaisons. Il dira du sage, dans l'hilcinnn et Baucis :

Rien ne trouble sa fin : c'est lo soir tViui Ijeau [jour.

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