‹ Œuvres diverses de La FontaineChapitre 28 sur 115 · A MONSEIGNRUR LE PROCUREUR GENERAL DU PARLEMENT · texte numérisé non relu

A MONSEIGNRUR LE PROCUREUR GENERAL DU PARLEMENT

EN LUI DlilMANT DEL'X VOLUMES IlNTlTULÉS :

Ouvrages de prose et de poésie des sieurs de Maiicroix et de La Fontaine en 1685.

Harlay, favori de Thémis, Agréez ce x^ecueil, œuvre de deux amis ; L'un a pour protecteur le démon du Parnasse, L'aiïtre de la tribune étale tous les traits :

Donnez-leur chez vous quelque place,

Qui les distingue pour Jamais.

Ils vous présentent leur ouvrage;

Je me suis chargé de l'hommage ;

Iris m'en a l'ordre prescrit.

1. Achille de Harlay (1639-1712), potit-nevcu du célolire Harlay qui tenait tête au duc de Guise révolté contre Henri III, était peu aimaljle, malgré son es]>rit, et l'ut peu aimé. Il passait pour un magistrat intégre et sévère jusqu'à la sécheresse. Saint- Simon, qui ne lui pardonnait pas sa complaisance dans l'ailaire des princes légitimés, a tracé un portrait sanglant de l'homme en qui il voit un liypocrite parlait, méchant par nature, se plaisant a insulter, à outrager, à accabler. Malgré nous, en lisant celte épître do La Fontaine, si diilérent d'un toi homme, nous revoyons le u visage en losange » point par Saint- Simon, les yeux j>arlanls et perçants, qui ne regardaient qu'à la dérobée.

Riais il lui sera beaucoup pardonné, parce qu'il aimait les labiés de La Fontaine.

3. Le premier — c'est La Fontaine lui-même — est protégé par le dieu du Parnasse, par Apollon. Rotrou appelle Richelieu u grand démon de la France ».

Un plus puissuut démon veille sur vos années. (Cinna, v. 434.)

4. L'autre, c'est l'ami le plus intime du poète, François de Maucroix (1619- 1 708) , qui avait traduit les Philippiques de Démosthènos, bien qu'il ne l'ùt pas, il l'avouait, n grand Grec », et un grand nombre d'œuvres de Cicéron, celles-ci, dit Sainte-Beuve, en toute connaissance de cause et avec une prédilection i)articulière.

9. Iris, on le sait, c'est M""" de la Sablière. Il est plaisant que La Fontaine invoque ici un « ordre » lormel de sa prolectrice.

Voici ses propres mots, si j'ai bonne mémoire : 10

« Acante, le public à vos vers applaudit;

C'est quelque chose; mais la gloire

Ne compte pas toujours les voix :

Elle les pèse quelquefois.

Ayez celle d'Harlay, lui seul est un théâtre. 15

Veuille Phébus et Jupiter

Qu'il trouve en vous un peu de l'air

Des anciens qu'il idolâtre !

Vous pourrez en passant louer, in'a-t-elle dit,

La finesse de son esprit, 20

Et la sagesse de son âme;

Mais en passant, je vous le dis. »

Cette Iris, Harlay, c'est la dame

A qui j'ai deux temples bâtis.

L'un dans mon cœur, l'autre en mon livre. 2.ï

Puisse le dernier assez vivre

Pour mériter que l'univers

Dise un jour, en voyant mes vers :

« Cette œuvre est de belle structure !

Qu'en pensait Harlay ? car on sait 30

Que l'art, aidé de la nature.

Avait rendu son goût parfait, n)

J'aurais ici lieu de m'étendre; Mais que servirait-il? vous vous armez le cœur Contre tous les appas d'un propos enchanteur : 35

L'éloge qui pourrait par ses traits vous surprendre

Serait d'un habile orateur.

Cicéron, Platon, Démosthènes,

15. Son approbation seule équivaut belles lettres, il connaissait bi^a

à celle d'un théâtre entier, do tout un l'histoire, u (Saint-Si.mox.I

public. 38. Trois dialogues de Platon sont

20. Saint-Simon lui-même accorde traduits dans ce recueil à côté des

à Harlay infiniment d'esprit. discours grues et latins.

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