II égalait les jjIus versés aux
É PITRE s 103
Ornements de Rome et d'Athènes, N'en viendraient pas à bout. Platon, par ses douceurs 'lO Vous pourrait amuser un moment, je l'avoue :
C'est le plus grand des amuseurs.
Que Cicéron blâme ou qu'il loue,
C'est le plus disert des parleurs.
L'ennemi de Philippe est semblable au tonnerre : 45
Il frappe, il surprend, il atterre; Cet homme et la raison, à mon sens, ne sont qu'un. Vous avez avec lui ce point-là de commun. Le privilège est beau, d'autant plus qu'il est rare : Pendant qu'un peuple entier de la raison s'égare, 50
Cette fille du Ciel ne bouge de chez vous; Elle y plaça son temple avec sa sœur Astrée : La crainte et le respect ont forgé les verrous
De cette demeure sacrée.
Non qu'on n'y puisse entrer ainsi que chez les dieux : 55 Au moindre des mortels la porte en est ouverte; Nos vœux y sont ouïs, notre plainte soufferte; L'équité sort toujours contente de ces lieux. Que si la passion où l'intérêt nous plonge Fait que quelque client y mène le mensonge, GO
Le mensonge n'y peut imposer à vos yeux,
42. Ici, coiuaio au V. 68 du /Jwcoari dans l'Éinile : Démosthènes est un
à 3/"'" de la Sablicic, il ne semble pas orateur, Cicéron est un avocat.
que La Fontaine se fasse une idée 47. Si l'on peut discuter lejugement
complète du génie de Platon. sur Cicéron, il n'y a rien à reprendre
4'». Disert donne l'idée d'une élo- au jugement pénétrant et détinitil'sur
quence abondante et fleurie. Voyez Démoslhénes. « Ce qui domine dans
des parallèles analogues chez Quinti- Démosthènes, c'est une logique sé-
lieii, Longin, Kénelon, Uollin. Un peu vère, une dialectique vigoureuse,
dur pour Cicéron dans la Lettre à serrée, un étroit enchaînement d'où
ryl(ar/t:'/Hic,I'énelon,dansledeuxiéme résulte un tout compact et indisso-
des Jiiali'i^ue.i sur l'éloquence, avait lubie. » (La.mk.n.nais, de l'Art et du
rei-oniiu i[ue certains discours de Ci- beau.)
(•('•rou sont d'un orateur vraiment élo- .52. Astrée, fille de Jupiter et de
quent, surtout ceux qu'il prononça Thémis, habita d'aliord iiarnii les
viM's la lin de- sa carrière. Ici, la com- hommes, mais remonta au ciel quand
paraison alxjulit à peu près à la con- l'âge d'or eut pris lin. clusiou que formule J.-J. Kousseau
104 ŒUVItl-S DIVERSES DE LA FOXTAIXE
De quelque adresse qu'il se pique.
Souffrez ces vérités ; et dans vos soins divers Quittez un peu la république Pour notre prose et pour nos vers..
C4. La république, la chose publique, les affaires de l'Étal.
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lor
!•: l' rr « i: a ini o n s i: i g n e u u l e v i<: q u e de s o i s s o \ s
en lui donnant un quintilien de la. traduction d'orazio TOSCANELLA
Je vous fais un présent capable de me nuii'e.
Chez vous Quinlilien s'en va tous nous détruire;
Car enfin qui le suit? qui de nous aujourd'hui
S'égale aux anciens, tant estimés chez lui?
Tel est mon sentiment, tel doit être le vôtre. 5
Mais, si votre suffrage en entraîne quelque autre.
Il ne fait pas la foule, et je vois des auteurs
Qui, plus savants que moi, sont moins admirateurs.
Si vous les en croyez, on ne peut sans faiblesse
Rendre hommage aux esprits de Rome et de la Grèce. 10
« Craindre ces écrivains ! on écrit tant chez nous !
La France excelle aux arts, ils y fleurissent tous;
Notre prince avec art nous conduit aux alarmes,
2. Non, Qiiintilien, honnête homme, et bon rhétoiir, mais sans grande largeur d'esprit, ne saurait « détruire », par la comparaison qui sera faite entre eux et lui, tous les modernes. Surtout ses préceptes savants ne prévaudront pas contre le naturel de La Fontaine.
4. S'égale aux anciens, non pas s'estime l'égal, mais : se rend l'égal des anciens, s'élève à leur niveau.