O L ŒUVRE DF. LA FONTAINE
du trivial. Mais d'autres les avoisinent dont les œuvres, plus inégales et plus variées, sont comme les anneaux de la chaîne qui relie « maître Clément » à Racine, et « maître François » à Boileau. Entre tous, La Fontaine, précisément parce qu'il a mis plus de temps à rompre avec le goût de l'âge précédent (il a quarantesept ans, quand paraît le premier recueil des Fables), nous permet de saisir, dans son œuvre mêlée et pittoresque, les éléments distincts, mais assimilables, dont la fusion a formé le génie français.
A ce point de vue, il ne faut pas trop dédaigner même ses essais dramatiques. Il est curieux de remarquer qu'il a débuté par une traduction libre de Térence, et que, dans la seconde partie de sa vie, il est revenu au théâtre, pour lequel il semble peu fait. Ne parlons point de son Achille, pâle essai de tragédie, dont il écrivit seulement deux actes : Achille, amoureux de Briséis, y fait vis-à-vis à Patrocle, épris d'une certaine Lydie. N'accordons pas non plus trop d'importance à ses opéras. Celui de Daphné, que Lulli devait animer de sa musique, ne fut jamais représenté. Ami de Boileau, La Fontaine y met ce couplet dans la bouche d'un poète qui ressemble fort à notre satirique :
Comment faire Pour se taire ?