Jules Mazarin. On sait quels tn'- ce passage
sors artistiqiu'S il avait réunis, et 4. On sait la passion de M"'' de La quelle peine il eut, mourant, h. quitter Fontaine pour les romans, surtout toutes ces belles choses. Un comnien- pour les romans où sont rajeunis les tateur a cru qu'il s'agissait ici de exploits des anciens chevaliers. Mais Jules de Médicis. La mort de Jla/.arin il ne faut pas voir en cette phrase une (1G61) était toute récente. La compa- épigramme à l'adresse de ce romanraison entre les richesses accumulées cicr qu'aimait aussi M°'" de Sévignc. par les deux cardinaux semble natu- Dans une ballade, La Fontaine loue relie. Au reste, s'il pouvait rester un deux des romans principaux de Lit doute, il serait dissipé par l'cxplica- Galprenède :
tion très précise donnée par les vers En fait d'évéaements Cléopûtrcet Caseandre
suivants : « L'hôtel de Mazarin. » Entre les hoaiix premiers doirent être rangés.
3. Ici, à propos de Livie, La Fon- La Galprenède devait mourir quelques tainc avait d'abord fait allusion au mois après (oct. 16C3).
bien ma lettre commence à me sembler un peu longue. Il m'est pourtant impossible de ne point pai'ler d'un certain buste dont la draperie est de jaspe : belle tête, mais mal peignée; des traits de visage grossiers, quoique bien proportionnés, et qui ont quelque chose d'héroïque et de farouche tout à la fois, un regard fier et terrible, enfin la vraie image d'un jeune Scythe : vous ne prendriez jamais cette tête pour celle dun de nos galants: c'est aussi celle d'Alexandre. J'eusse fait tort à ce prince si j'eusse regardé après lui un moindre héros que le grand Armand. Nous rentrâmes pour ce sujet dans la galerie. On y voit ce ministre peint en habit de cavalier et de cardinal, encourageant des troupes par sa présence, et monté sur un
cheval parfaitement beau . Les tableaux de cette galerie
représentent une partie des conquêtes que nous avons faites sous le ministère d'Armand.
Après que j'eus jeté l'œil sur les principales, nous descendîmes dans les jardins, qui sont beaux sans doute et fort étendus ; rien ne les sépare d'avec le parc. C'est un pays que ce parc , on y court le cerf. Quant aux jardins, le parterre est grand et l'ouvrage de plus d'un jour. Il a fallu, pour le faix'e, qu'on ait tranché toute la croupe d'une montagne. La retenue des terres est couverte d'une palissade de philiréa', apparemment ancienne, car elle est chauve en beaucoup d'endroits : il est vrai que les statues qu'on y a mises réparent en quelque façon les ruines de sa beauté. Ces endroits, comme vous savez, sont d'ordinaire le quartier des Flores : j'y en vis une et une Vénus, un Bacchus moderne, un consul, une dame grecque, une autre dame romaine, avec une autre sortant du bain. Avouez la vérité, cette dame sortant du bain n'est pas celle
1. Vi\]<!;i\\r(-mcntfilaria, arbrisseau, terres u, c'est-à-dire les terres relo-
phinte à feuilles iïersistantes,qiii croît vées en talus, qu'elle protège et main-
abondamment dans les haies. Celte tient, palissade couvre n la retenue des
que vous verriez le moins volontiers. Je ne vous saurais dire comme elle est faite, ne l'ayant considérée que fort peu de temps. Le déclin du jour et la curiosité de voir une partie des jardins en furent la cause. Du lieu où nous regardions ces statues, on voit à droite une fort longue pelouse, et ensuite quelques allées profondes, couvertes, agréables, en un mot, de ces ennemies du jour tant célébrées par les poètes* : à midi véritablement on y entrevoit quelque chose,
Comme au soir, lorsque l'ombre ariùve en un séjour. Ou lorsqu'il n'est plus nuit, et n'est pas encor jour^.
Je m'enfonçai dans l'une de ces allées. M.deChâteauneuf, qui était las, me laissa aller. A peine eus-je fait dix ou douze pas, que je me sentis forcé par une puissance secrète de commencer quelques vers à la gloire du grand Armand. Je les ai depuis achevés sur les mémoires que me donnèrent les nymphes de Richelieu : leur présence, à la vérité, m'a manqué trop tôt; il serait à souhaiter que j'eusse mis la dernière main à ces vers au même lieu qui me les a fait ébaucher. Imaginez-vous que je suis dans une allée où je me dis ce qui s'ensuit :
Mânes du grand Armand, si ceux qui ne sont plus Peuvent goûter encor des honneurs superflus. Recevez ce tribut de la moindre des Muses.