‹ Œuvres diverses de La FontaineChapitre 7 sur 115 · V. H. — La Fonfaino · texte numérisé non relu

V. H. — La Fonfaino

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estime notre poète était tenu par la haute société de son temps, et à détruire la légende qui le représente comme un ours de génie. A propos d'une sorte de gazette rimée que La Fontaine envoie à la princesse de Bavière, M. Saint-Marc-Girardin écrit : « Je ne dis pas que La Fontaine soit le Grimm du xvii^ siècle, c'est-àdire le nouvelliste exact et judicieux des rois et des princes; je ne donne pas non plus La Fontaine pour un grand politique. Cependant, c'est un journaliste qui sait bien les conditions du métier :

Tout faiseur de journaux doit tribut au malin ^.

Il témoigne surtout, en faisant ce métier, d'un esprit alerte, et qui prend part et intérêt aux choses de ce monde, c'est-à-dire du contraire d'un esprit distrait. Voyez, d'autre part, avec quelle aisance, dans deux épîtres successives, il entretient le grand Turenne; comme au portrait du tacticien consommé il oppose celui de Condé, son fougueux rival; comme le ton s'élève, quand, par l'organe de La Fontaine, la France conjure le vainqueur \de Sintzheim de ne pasexposer témérairement une vie précieuse, presque à la veille du jour où cette vie allait lui être enlevée. Turenne et La Fontaine, ces deux hommes sont moins différents l'un de l'autre qu'on ne pourrait croire : I^a Fontaine a du cœur, et Turenne a de l'esprit; Turenne sait des pièces entières de Marot, qu'il récite à La Fontaine ravi. Trouvez donc un capitaine

1. Ce vers est pris à une très eu- lit un jugement développé sur les rieuse lettre en vers adressée par La a journaux de Hollande », en parti- Fontaino à M. Simon de Troycs : ou y culier sur ceux de BayleetdeLeclerc.

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« qui sadio Mni'ot » ! Et pouitanl savoir Maiol, ce serait aussi savoir le xvi® siècle, siècle de guerres civil(>s aulanl (|ue de renaissance, et qni l'anrait vraiment compris n'aurait pas écrit sans doute les épîtres à M. de Bonrepaux et à Vendôme, où est glorifié outre mesure le roi qui révoqua l'édit de Nantes :

Il veut vaincre l'erreur : cet ouvrage s'avance; Il est fait, et le fruit de ces succès divers Est que la vérité rcgue eu toute la France, Et la France en tout l'univers...

Louis a banni de la France L'hérétique et très sotte engeance^.

Poète trop indulgent parfois, il a été ici, malgré lui, bien cruel. Rarement, Dieu merci, ce pli sévère ride son front. C'est sous des traits plus aimables qu'il s'offre à nous de préférence : nous le suivons dans sa chambre, sous les bustes de ses philosophes favoris, en face de ce clavecin qui ne se tait pas toujours; à Bois-le-Vicomte. chez les d'HerA'art, nous le trouvons arrêté par la grâce d'une jeune fille :

Il semble, à voir son sourire, Que l'aurore ouvre les cieux.

Comment il cause, nous pourrions le deviner par ses Epîtres, si des témoignages contemporains ne nous permettaient de l'entendre pour ainsi dire luimôme :

Je voudrais bien le voir aussi, Dans ces charmants détours que votre parc enserre, Parler de paix, parler de guerre,

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