LORD MACAULAY: - XLE
cieusement. Je m'imagine quelquefois observer un
progrès journalier dans le développement de ses fa-
cultés intelléctuelles, IL tient tout ce qu'il a promis,
et promet oujours davantage ; mais ce qu'il ya d’extraordinaire, c'est-qu'il y a autant de justesse dans son expression que de vérve. et de vivacité dans son
imagination. J'aime aussi beaucoup que, tout en prenant intérêt à tous les événements de notre époque, il n’en reste pas moins écolier ; j'aime à lé voir
aussi enfantin qu'il est studieux, et. ne s'amusant pas moins de faire un pâté de beurre qu un poëme. Quoique loquace, il est très-docile, et je ne me rappelle pas qu'il ait une sèule fois persisté à: faire une chose qu'il nous voyait désapprouver, Plusieurs hommes d'intelligence et de science ont été frappés du mélange de gaiété et de raison qui distingue sa conversation. Voici un trait charmant de lui. Hier, avant été invité à diner dehors, il hésita d’abord,
‘puis il répondit : « Non, j'ai si peu de jours à passer « avec vous, que je veux vous les donner tous. » Le soir, à dîner, il nous a dit encore.en parlant de son voyagé : «Je ne sais vraiment si mon départ doit me « faire plus de peine où plus de plaisir, partagé « corame je le suis entré mon affection pour vous et « celle que j’at pour ma famille. »
« Quelquefois nous causons en rimes de tatiniles. quelquelois en vers pompeux à la Johnson. Au thé, nous descendons aux énigmes ct aux charades. Il se lève matin et se promène une heure ou deux
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avant le déjeuner, composant des vers. Je l’encourage beaucoup à respirer le grand air, ce qui, avec l'éxercice sur ces sommets aériens, fortifiéra, j’espère, son corps. Quoique ce frêle corps soit quel: quefois fatigué, le courage ne l’est jamais. Tom n’est pas fâché cépéndant quand on lui dit de gagrier son lit après neuf heures, et il reste rarement à notre souper.
«Tom a produit un nouveau poëême, moins incorrect que les précédents. C’est une excellente satire sur la réforme radicale, sous le titre de : Clodpole (Claude) et Le Docteur charlatan. C'est réellement bien. Je suis charmée qu'il laisse de côté ses compositions, quand une fois il les à lues, et qu'il n’y songe plus. Il a une perception très-vive du. beau et du défectueux dans les compositions littéraires. J'ai reçu votre note hier soir, et Tom la sienne plas humble.
« de lui dis qu'il est incorrigible en fait de pro-" preté. L'autre jour nous parlions des signes caractéristiques du gentleman, et 1l-nous dit avec bonne humeur et gaieté qu'il reconnaissait infailliblement comme tel celui qui se distinguait par l’ordre, la propreté et le soin délicat de sa personne. Je ne
1 En 1814, M: Zaéhary Macaulay avait chargé son fils de faire Pindex du tome XII de l’Observateur chrétien, et la note pius humble reçue par Tom à Barley-Wood devait être l'instruction pour ce travail, accompagnée de la recommandation paternelle sur l'exactitude et le soin de sa personne.
LORD MACAULAY. XLHII sais comment j'ai pu vous en griffonner si long ; mais j'ai pensé que sa bonne mère el vous prendriez intérêt à toutes les bagatelles qui concernent Tom. J'espère qu'il plaira à Dieu de bénir son voyagé et qu'il vous le ramènera sain et sauf. Faites-moi savoir son arrivée.
« À vous, mon cher monsieur, très-sincèremént,
« H. More. »
« Barley-Wood, 21 juillet. »
CP,:82 Nous allons demain à Bristol, »
En 1814, M. Preston transféra son domicile et son école de Shelford à Aspenden, près de Hertz ; le jeune Macaulay l'y suivit, et un de ses condisciples raconte qu’il ne cessa pas d'y être l'écolier studieux ét l'enfant précoce qui avait étonné miss Hanpab More, — se développant aussi au physique, mais peu disposé à se mêler aux jeux des autres élèves. — On remarquait sa tète disproportionnée, ses épaules rondes, son teint pâle ; il Jisait ou écrivait sans cesse, déclamant quelquefois des vers dans les promenades. Ce même condisciple avait retenu les vers suivants dans lesquels le jeune poëte satirisait quelques-unes des célébrités de l'époque, l'évéque Marsh, Roméo Cotes le tragédien, Bennet, réformatéur aristocratique du système pénitentiaire, ét Lewis Way, champion -de l'émancipation des juifs : an à
Quelque chose ou quelqu'un rend chacun idolâtre : Marsh aime la dispute et Coâtes le théâtre,