LORD MACAULAY, XI
Encore un mot sur la mémoire de lord Macaulay. Il l'avait richement meublée depuis sa plus tendre eñfance, Né en 1800, d'un père presbytérien sévère — M. Zachary Maeaulay; le philanthrope négrophile — êt d’une mère maîtresse de pension, élève de l'üultra-morale Hannah More et fille d'un quaker !, il sut de bonne heure par cœur les principales scènes de la Bible et jusqu'aux livres apocalyptiques. Nourri en même temps de l’allégorië de Bunyan, le Voyage du Pèlerin, l'enfant affublait volontiers d’un nom biblique les amis et les visiteurs de la maison paternellé, manière brève de les caractériser. Il faisait revivré ainsi Moïse, Holopherne, Melchisedech et autres patriarches ou chefs ennemis d'Israël. A la grande désapprobation de son père et de sa mère, un personnage fut baptisé ainsi par le jeune Macaulay du nom de la Bête de l'Apocalypse. Un jour qu'il étaità la fenêtre, il voit arriver en carrossé numéroté ce visiteur qu'on peut se figurer un peu rébarbatif, car, à son approche, l'énfant oublia laréprimandeet s'écria : « Venez, venez voir si j'ai tort | Voici encore la Bète avec son chiffre. » Le fiacre portait le numéro 666.
Le jeune Macaulay ne lisait pas que les livres
règne de la reine Anne ; {outes les opinions libérales et honnêtes seraient ridiculisées en votre présence, et vous ne pourriez dire un seul mot pour les défendre. »
* M. Zachary Macaulay, père de l'historien, avait une sœur qui épousa un gentleman d'Angleterre, M. Thomas Babington, et celui-ci donna ses deux noms (Thomas et Babinglon) à sou neveu dont il fut le parrain.