‹ Œuvres diverses de M. le baron Auguste de Staël: précédées d'une notice surChapitre 12 sur 51 · NOTICE · texte numérisé non relu

NOTICE

manifestassent sous «ne forme grave et serieuse, tandis que > chez; Alhe»t, elfes pre* naient uiie apparence impétueuse et irrégur lière* Auguste, joignait à k feiadresse d'un frère la sollicitude ,d'ud père pout Albert; il veillait sur lui , et craignaitJes dangers, qui entouraient cette nature vhë et ardente. H pleura dpnc; Albert comme swi: frère -et comme sou enfant II se consacra . d'autant plus à sa mère, cornue pour tenté* d'adoucir one si omette afEiciâon* <♦ . ; ? >

\ Le^éyen^éwpoJiti^ue^ se précipitaient, et allaient, bientôt ramener madame de Staël ta FtfapceJ mate e(te w tàrdb pas à se tafowy^danft i#e. portion biea dowkwreiwe* EUq se rçjpuissait towjèremeittdeila chute du gouvetncm^nt impérial), fit de l'espoir, d'uri gouvernement cowtittitÛMOiely mai*lesuceès des» troupes, étra&gçré* qwi, devaient la ram£ uer danal spn pays,, M décrirait le 4œur.

3on fils , français comme : ^llç , partageait tons ses sentimeos. Dcpuisila parte delà foataille.de Leipzig, madame de Staël prévoyant l'envahissement de sa patrie , n'avait oessa dTén açùffrir ; au moment 4>ù les aUté»

SUR M. LE BARON AUG. DE STAËL. Ij

entrèrent dans Paris, sa douleur fut» bien âpre : elle eut mieux armé ne jamais rentrer dans ce lieu qui lui était si cher, que de racheter à un tel prix. «Ce coup est cruel, « écrivait-elle à son fils ; tout Londres est « ivre de joie, et je suis seule dans cette « grande ville à ressentir de la peine. »

Nul n'a plus vivement ressenti l'amour de la patrie que madame de Staël ; elle aimait la France comqie on aime une pei^ sonne, et elle portait dans cette affection la vivacité qui animait toutes les autres. Le nom de France a toujours fait battre sort cœur et remplir ses yeux de larmes , partout et dans quelque situation qu'elle se trouvât; et on Fa vue, dans les derniers jours de sa vie, accablée par une cruelle maladie, ein-»

ployer encore ses forces défaillantes à sVk> cuper* de* intérêts de son pays.

Madame de Staël avait désire que son fil»

se rendît à cette époque auprès du prince royal Ôe Siiède , auquel lelfe devait une vive reconnaissance, pour lavoir accueillie dans son malhétir avec la bonté la plus aimable; d'ailleofs elle se sentait en sympathie avec lui :

lîj NOTICE

lui aussi était français, et il souffrait des malheurs de son pays , bien qu'il se trouvât lié à la cause de ses ennemis. Le désir d'Auguste était conforme à celui de sa mère; il passa quelque temps au quartier-général du prince royal , à Liège. Le spectacle des vio~ lences dont il était témoin , dans tous les part» , le remplissait de tristesse. Il était cruel de ne pouvoir se réjouir de cette délivrance de l'Europe qu'il avait tant souhaitée. Un mouvement de réaction contre la cause de la liberté qui lui était chère se manifestait de toutes parts, ce Faut-il que ce soit « ainsi que l'Europe soit délivrée, écrivait-il, « et qu'il n'existe pas une cause à laquelle on « puisse se livrer avec enthousiasme; qu'on « trouve de tous les côtés du machiavélisme a ou de l'ignorance. »

La cause de la véritable liberté était la seule à laquelle M. de Staël fut attaché; du reste il ne tenait à aucun parti , et , par conséquent il se trouvait isolé au milieu de gens qui ne pensaient qu'à des noms , à des familles , et nullement à des institutions. Madame de Staël et son fils rentrèrent ea

SUR M. LK BAROIf AUG. DE STAËL. Hij

France dans de telles dispositions au moment de la restauration. Mais avant de quitter ce monde , madame de Staël vit luire l'aurore d'un meilleur jour pour sa patrie, et elle avait placé de vives espérances sur le gouvernement constitutionnel , espérances qui ne seront point trompées , si la Providence continue à protéger la France.

Ce fut en 1817 que M. de Staël fut frappé par le coup lfe plus cruel ; il perdit sa mère. Ce malheur peut être envisagé comme l'époque la plus importante de la vie de M. de Staël , par l'influence qu'il exerça sur son âme. Depuis quelques années, Auguste avait été distrait des pensées religieuses par les intérêts et les plaisirs du monde. Depuis la perte de sa mère , son âme se tourna vers cette source de consolations ; une vie plus grave lui devint nécessaire; ce changement ne fut pas seulement, comme il arrive souvent, le résultat d'une grande douleur; mais il fut surtout produit par le caractère particulier des regrets de M. de Staël. Madame de Staël était non seulement le bonheur de la vie , mais le charme de tous les instans , pour ceux qui

1ÎV HOTJGE

vivaient avec elle. Elle donnait un mouvement continuel à leur existence; les événemens 7 les personnes , tous les objets brillaient d'un éclat pli» vif, quand on les voyait réfléchis dans sa pensée si ardente. Si le mot d'amusement n'était pals bien frivole, et en même temps bien cruel à prononcer, quand il s'agit d'un si déchirant souvenir, nous dirions que jamais il n y a eu plus d'amusement qu'auprès de madame de Staël. Personne n'a jamais soulevé comme elle ce poids de l'existence qui pèse sur tous les êtres. M; de Staël sentit qu'en perdant sa mère il avait perdu de plus vives jouissances , un charme plus grand que tous les plaisirs du monde n'auraient pu lui offrir. D a souvent répété : « Au- « cune émotion ne peutêtre plus vive pour * moi que celle que j'éprouvais lorsque ma « mère m'appelait pour causer ? avec elle. »

D'ailleurs bien que madame de Staël vécût beaucoup dans ce qu'on appelle le grand monde , il est pourtant vrai de dire qu'elle inspirait plus que personne le dégoût des frivolités de là vie. uUne vie oisive est misé* <c rable, écrivait-elle à soh fils»; nul n'jeM

SUR M. LE BAROW AU G. DE STAËL. lv

<c venu sur cette terre pour y exister sans but « et sans effort. Il y a beaucoup à blâmer « moralement à ne poiiit remplir de devoir « actif; il faut que notre famille , ou notre «patrie, ou la racé humaine obtienne de « nous quelque chose. » M&is ce n'était pas seulement en répétant constamment qu'il fallait faire de soi-même quelque chosede grand et d'utile que madame de Steel en inspirait le désir. Rien n'était futile dans sa vie , dans l'atmosphère qui l'entourait. Elle faisait avec un but sérieux les mêmes choses que d'autres auraient faites par désœuvrement ou par vanité. Les grands intérêts de l'humanité , la liberté, te religion, la patrie, étaient sa préoccupation habituelle. Elle mettait de l'importance à chaque personne, et à chaque chose , même à des choses qui semblaient peut-êtife ^n être dépourvues ; mais c'était toujours en les rattachant à de grandes pensées. Souvent, dans un bal, dans une fête', elle aurait trouvé Phomme important ou distingué ; et au milieu de toutes les vanités qui l'entouraient , elle aurait plaidé et peut-être Êtit triompher la cause 'de l'humanité souf-

Ivj NOTICE

frante. Le monde vu avec madame de Staël, n'était donc plus le monde insouciant et frivole. Pour ceux qu'elle aimait, elle était comme la lumière qui prête, aux objets terrestres des couleurs qui ne leur appartiennent pas. Quand elle a disparu, ces objets devinrent ternes et décolorés pour le fils qui la chérissait , et ce ne fut qu'en levant ses regards vers le ciel , qu'il put reprendre à la vie et à l'espérance. D sentit le besoin de cette foi chrétienne dont les fondemens étaient déjà déposés dans son cœur. Après un voyage bien cruel , où il ne quitta pas un instant le cercueil de sa mère , pour le déposer dans l'enceinte de Coppet , il alla chercher des forces près de ce digne pasteur qui , le premier, lui avait parlé des dogmes consolateurs de l'Évangile.

Dans les momens même où M. de Staël avait été le plus distrait par les intérêts du monde, il avait conservé dans son âme les germes de la foi. Il avait souvent répété :

« Je serais trop malheureux si je perdais l'es- <c pérance de devenir un jour très religieux. » La première occupation de M. de Staël f après

SUR H. LE BARON AU G. DE 8TÀÊL. Ivij

la mort de sa mère , fat de publier le dernier ouvrage qu'elle avait à peine achevé , ainsi que toutes ses œuvres inédites. Il mit aussi une notice sur M. Necker, à la tête de ses œuvres. Cette notice , écrite avec une parfaite simplicité , contient des recherches très curieuses sur l'administration de M. Necker, et des vues lumineuses en politique et en finance. En même temps , la société de M. et M me Necker y est décrite avec une originalité piquante, et le caractère de M. Necker y est peint avec une extrême vérité ; tout cela est joint à cette touchante modestie qui ne quittait jamais Auguste, et qui le faisait se croire et se déclarer incapable de la chose même qu'il faisait le mieux. Le désir de découvrir la volonté de sa mère dans tous les détails, soit pour le soin de sa mémoire, soit pour le jeune eitfant qu'elle avait laissé de son second mariage, et qu'une maladie cruelle allait bientôt priver de son père , ce désir avait chez Auguste un caractère de passion; il agissait constamment sous cette impulsion ; son imagination était même presque troublée par la crainte d'y manquer en

tviij woTiCË "

quelque chose. Rien ne peut en effet égaler k terreur qui s'empare d'une âme scrupuleuse, à la pensée de ne pas écouter la voix de ceux qui ne sont plus. Cette impression se compose du dottbfc sentiment de leur départ et de leur présence: quelque chose nous dit qu'ils voient tous nos actes , toutes nos pensées ; mais en même temps ils ne sont plus là pour exprimer; ce qu'ils éprouvent , ce qu'ils craignent, ce qu'ils souhaitent. Quel frémissement se saisit de nous , en songeant qu'on peut les offenser, ces êtres à la fois témoins et absehs , que nous ne verrons plus et qui nous voient toujours ; que nous sentons si près , et pourtant dans une région si inconnue; dont jaiflâia la voii tae se fera entendre pour réclamer ce qui liéur est du , mais dont l'esprit plane éutotir de nous , et pénètre jusqu'au fond de nos coeurs.

Dans l'année 1819, M. àk Staël publia trois brochures politiques qui devaient seconder l'impulsion dé réforme qui se manifestait alors dans te gouvernement. Cette époque était un tempfc d'espérances vives pour la' Franco. M. dé Staël lès partagea, et

SUR M. LE BARON AD G. DE STAËL. Il*

s'associa au mouvement qui animait alors les esprits , bien' que sa jeunesse lui interdît toute carrière active en politique. Une de ces trois brochures a pour but dé faire' ressortir l'inconvénient jde fixer l'âge de quarante ans pour les députés. JNL de Staël ne se faisait pas scrupule, et avec raison, de plaider sa propre cause > en demandant qu'on pût entrer pi lis jeune' à là Chambrée Un dé ses désirs les plus vifs; fat toujours de pouvoir, comme députe , consacrer se» ■ fe* cultes à son pays. Il a été enleyé trop jeune à ce monde pour que ce désitf ait été accompli. Sa ligne politique fut toujours la même ; un amour ardent et éclairé pour la Mbertéy avec une complète indépendance de ■ tous les partis et de tous les préjugés , soit anciens v soit nouveaux. Cependant,, bien que la politique intéressât vivement l'intelligence de M. de Staël, elle n'était k ses yeux qu'un moyen pour .amener :1e développement nio* rai et religieux de l'homme, Son ardente sympathie était, pour ainsi dire!, pressée d'accomplir >le bien directement 7 de soula^ ger l'être souffrant, de relever l'âme abattue^

Page 1