‹ Œuvres diverses de M. le baron Auguste de Staël: précédées d'une notice surChapitre 3 sur 51 · X NOTICE · texte numérisé non relu

X NOTICE

Cette confiance était bien placée , le désir de son amélioration morale et intellectuelle préoccupait Auguste , autant que sa mère ; il exprime continuellement une crainte touchante d'être détourné de ses études ; il juge ses maîtres , ses camarades avec une parfaite sagacité , et toujours sous le point de vue de son perfectionnement, ce Les écoliers, « écrit-il une fois à sa mère , sont d'une telle « indolence , qu'il faut constamment lutter ce contre l'impression générale. x> Il se plaint souvent de la trop grande liberté qu'on laissait aux écoliers de sortir et de rentrer, du peu d'attention de ses maîtres. Madame de Staël ne s'était pas trompée en croyant que même le spectacle du mal serait sans inconvénient pour l'âme de son fils. Il lui parle de quelques mauvaisexemplesquiavaientfrappé ses regards sans que jamais il en soit résulté pour lui un autre effet qu'une indignation contre le mal, qui était de nature à fortifier sa moralité. Une fois, un des amis de madame de Staël voulut avertir le maître de la pension de la mauvaise conduite de quelques élèves , dans la crainte que l'exemple n'en

SUE M. LE BARON AUG. DE STAËL. *j

fut dangereux pour Auguste. Il écrit sur ce sujet à sa mère : « Ce serait tout-à-fait inu- « tile j d'ailleurs c'est à moi à me défendre , « en lisant le cours de morale religieuse de « mon grand-père, et en pensant à toi* »

La vue de ces mauvais exemples, celle aussi de l'immoralité du monde, qu'il avait démêlée avec sagacité par quelques relations qu'il avait eues avec la société , loin de l'entraîner , lui inspirait un sentiment de tristesse bien singulier à cet âge. « Je suis si « triste, lui dit-il , que l'autre jour je me mis <c à fondre en larmes en entendant la muée sique bruyante d'un bal qu'on donnait au- « dessus de nous , et qui s'accordait si mal « avec mes idées. » Du reste , cette tristesse , qu'il exprime de si bonne heure , fut chez lui une disposition assez habituelle. A toutes les époques on en retrouve les traces , et sa noble physionomie en a toujours porté l'empreinte. U semblait qu'il y eût au fond de son âme une émotion intime et profonde, qui ne pouvait ni être satisfaite par les objets de ce monde , ni se manifester complètement dans les actes extérieurs, et qui

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