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aux tribunaux le ministre qui les réunissait chez lui, ou elles n'étaient point interdites, et alors, de quel droit ferait-on un crime à un citoyen quelconque d'avoir fait ce que la loi ne lui défendait pas de faire ?
Un autre ministre a dit à un maître d'école, au milieu de sa classe , qu'il instruisait les enfans dans une fausse religion ; il a qualifié d'oeuvre île Satan le catéchisme en usage dans le canton de Vaud. — C'est là , sans doute , une démarche fort blâmable et un propos fort absurde; mais cette expression répréhensible ne pouvait-elle donc être punie ou censurée , sans soumettre tout le pays à uni régime d'exception?
Un .troisième ministre a donné sa démission de la place de suûragant; le Conseil d'État lui a interdit toute fonction ecclésiastique, et néanmoins il a continué à former des réunions religieuses. —-Nous avons déjà vu qu'il en avait. le droit —Ce même ministre a visité des personnes dangereusement malades, sans y avoir été appelé. — Est-ce bien là ce dont on ose lui Caire un délit? S'il leur a porté des consolations religieuses, n'est-ce pas de la reconnaissance et du respect qui lui sont dus; si, au contraire, ses visites ont été importunes , les parens des ma» lades n'ont-ils pu lui dire : Nous préférons être seuls chez nous? Était-il besoin que le Conseil
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d'État déployât tout cet appareil de rigueurs?
Enfin , ces trois ministres réunis ont annoncé au gouvernement, dans une pétition , que, pour netre pas gênés dans la profession de leurs sentimens religieux, ils se séparaient de l'Église nationale , et renonçaient à tous les avantages temporels qu'ils auraient pu en attendre, mais qu'ils ne cesseraient pas d'annoncer l'Évangile , et qu'aucun sacrifice ne leur coûterait pour suivre cette résolution.
Voilà donc à quoi se réduisent les reproches qu'adresse le gouvernement aux mâmiers; voilà les faits que l'on allègue, ou du moins ceux qui sont énoncés dans la circulaire , et il n'est pas à présumer que l'on ait choisi les moins graves. Plût à Dieu que les môtniers n'eussent pas de plaintes plus sérieuses à porter contre leurs adversaires! plût à Dieu, surtout, que le gouvernement eût tenu la balance de la justice d'une main plus impartiale!
Bien loin de là; les membres des nouvelles reunions religieuses ont été insultés et maltraités, les vitres de leurs maisons ont été brisées; des désordres de divers genres , des scènes scandaleuses ont eu lieu sur différens points du canton : c'est la circulaire elle-même qui nous l'apprend. Qu'en est-il arrivé? Les auteurs de ces désordres ont-ils été livrés aux tribunaux? —
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Nullement. Des enquêtes ont été mollement ordonnées, plus mollement suivies; les perturbateurs restent impunis , mais Ton sévit contre les victimes , parce que ce sont, nous dit-on , les opinions nouvelles qui ont été l'occasion du désordre ; raisonnement bizarre , à la vérité , mais qui aura droit du moins à l'indulgence du Mémorial catholique, car un des partisans de ses doctrines (qui sait même si ce n'est pas un de ses collaborateurs) écrivait dernièrement que les protestans sont la véritable cause de la Saint- Barthélemi , puisque , s'il n'y avait pas eu de réforme, il n'y aurait pas eu de massacre.
Mais, que pouvait faire le Conseil d'État?
avons-nous entendu dire à quelques personnes; la majorité de la population du canton de Vaud est fortement prononcée contre les opinions nouvelles ; la force publique est composée d'hommes qui appartiennent à cette majorité, et qui probablement ne se seraient pas prêtés , ou ne se seraient prêtés qu'à regret à protéger les mômiers contre les insultes de la populace. Il fallait bien prendre un parti. — C'est-à-dire, en d'autres termes, que le gouvernement n'étant pas assez fort pour garantir la minorité des violences du grand nombre, il a dû se joindre au grand nombre pour accabler la minorité.
Il nous reste à réfuter quelques objections,
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auxquelles il est d'autant plus important de répondre, qu'elles sont de nature à faire impression sur beaucoup d'hommes respectables par leurs vertus, mais qu'un caractère modéré joint à un esprit timide porte à croire que la vérité se trouve toujours dans le milieu entre deux opinions, quelles qu'elles soient, et que toute conviction forte tient plus ou moins du fanatisme on de l'exagération. — Sans doute, nous dit-on, l'arrêté du Conseil d'État de Lausanne est injuste en principe , mais n'est-il pas excusable dans la circonstance? Les mômiers sont si exclusifs, si étroitç dans leurs vues religieuses; ils deviendraient si intolérans pour peu qu'ils fussent les plus forts! — Qu'il y ait ou non prétexte à ces allégations , nous ne connaissons point de penchant plus funeste que la facilité qu'ont de certains esprits à absoudre les oppresseurs, dès que les opprimés ne sont pas irréprochables. Qu'un homme soit plongé dans les cachots de l'inquisition, c'est bien fâcheux,- nous disent beaucoup de gens, honnêtes d'ailleurs, mais il faut convenir qu'il était bien vif dans son opposition au clergé. Qu'un autre périsse sur l'échafaud , victime d'un jugement inique , on s'en console en pensant que c'était , au fait , un assez mauvais sujet. Qu'un écrivain politique paie de la vie ou <le la liberté sa courageuse résistance à l'ar-