XX NOTICE
son dévoûment pour sa mère. La piété filiale a dirigé toute la première portion de la vie de M. de Staël. Et si Ton songe à ce qu'était madame de Staël , on comprendra que ce sentiment devait conduire au développement de toutes les facultés. Aimer madame de Staël, ce n'était pas seulement aimer une personne , c'était aimer tout un ordre d'idées et de sentimens ; c'était aimer tout ce qu'il y a de grand, d'ardent, de généreux dans l'âme humaine. Pour la satisfaire , il fallait le développement de l'intelligence, l'élévation du caractère; on ne la contentait pas à moins. L'affection pour elle-même ne lui suffisait pas , il fallait qu'on rendît un culte aux grandes pensées qu'elle chérissait , et non pas un culte froid et stérile; car elle demandait le succès comme preuve de la réalité des efforts. Peut-être demandait-elle parfois à des natures faibles plus qu'elles ne pouvaient exécuter, parce que la puissance de ses facultés la trompait sur celles des autres : tout au moins exigeait-elle qu'où tirât de soi-même tout ce qu'on en pouvait tirer. Aussi son approbation était- elle une