‹ Œuvres diverses de m. RogerChapitre 176 sur 205 · RÉCEPTION · texte numérisé non relu

RÉCEPTION

la monarchie; génie heureux et brillant qui, jeune encore et du milieu même de l'athéisme des lois et des mœurs, ralluma dans les cœurs le christianisme éteint et opéra dans les esprits une sorte de première restauration, par le chjarme entraînant^ et^ si j'ose ainsi m'exprimer, par la nouveauté de son éloquence.

Jamais deux hommes ne furent liés par une plus honorable conformité de sentiments , et jamais cette liaison ne fut plus étroite que lorsqu'elle pouvait être plus dangereuse pour l'un et l'autre.

Tous deux en faisaient gloire; tous deux y puisèrent des inspirations éloquentes. Qui me démentira si je dis que les admirables stances qu'adressa M. de Fontanes au chantre persécuté d'Atala et de Cymodocée ne le cèdent en rien à ce que la muse de l'amitié inspira de plus gracieux et de plus touchant à Ovide parlant de TibuUe, à Horace écrivant à Virgile ?

Cette amitié de deux royalistes, cette intimité de deux hommes d'une si grande renomtnée ne pouvait manquer de faire ombrage.

Les sentiments secrets de M. de Fontanes se trahissaient souvent; plusieurs réponses hardies avaient averti déjà que, s'il avait été séduit <lans les premiers temps, il commençait à ne plus l'être, et que, s'il avait cru pouvoir, comme il le disait fami- Jièrement hii-même, céder sans danger quelques

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avant-postes, il était bien décidé à défendre le corps de la place. «Périsez-vous toujours à votre duc d'Enghien, lui dit un jour son meurtrier? — Mais il me semble, répondit-il, que l'empereur y pense autant que moi. »

« — Faible politique que vous êtes, lui dit^il une autre fois, à propos du même crime, lisez cette note diplomatique et voyez si le cabinet qui me l'envoie juge ma conduite aussi sévèrement que vous. » M. de Fontanes lit la note et répond : a Cela ne prouve rien, sinon qu'on croit dans ce cabinet que vous serez avant peu le conquérant et le souverain du pays. »

Un -jour (c'était en i8o4), le bruit courut que monseigneur, le duc de Berry était caché dans Paris et que l'autorité le faisait chercher. «Ah! s'écria M. de Fontanes^ sans songer au danger de son exclamation, que ne viént-il chez m6i! je le couvrirais de mon corps. »

M. de Fontanes avait provoqué la restauration des tombes royales de Saint-Denis, qu'il a depuis célébrées. en si beaux vers; il osa plus : il conseilla des autels expiatoires. Celui qui occupait le trône de Louis. XYI. recula devant la crainte de donner de l'humeur aux assassins, et, cette crainte dont il rougissait, il ne pardonna pas. à M. de Fontanes de l'avoir devinée.

L'orage grondait sur la tête du président ; il ne

tarda pas à éclater. Un discours de clôture,* où il II. 19

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