‹ Œuvres diverses de m. RogerChapitre 45 sur 205 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

PLINVILLE.

Ces contre-temps n'arrivent qu'à moi! Ah! c'est mon maudit cocher qui en est cause ! il s'est avisé d'accroc&er la voiture d'un lord. Cela m'a retardé. Je m'en déferai ; je veux aller à pied.

JACKSON

Pour arriver plus vite ?

PLINVILLE.

Elle est sortie! et pas un mot de réponse à ma lettre ?

JACKSON

Pardonnez-moi , en voilà une.

PLINVILLE.

Une lettre d'Adèle ! ah ! mon cher ami !

(Il lai saute au cou et l'embrasse. ) JACKSON.

Ne m'embrassez donc pas si fort.

Que vois-je? c'est la mienne! Que signifie?...

JACKSON

Ça signifie que vous avez à faire à un dragon de vertu qui vous croit trop séduisant , ou qui se croit trop fragile et qui ne veut pas vous recevoir.

, PLINVILLE 9 le saisissant au collet.

Bourreau ! coquin !

JACKSON

Eh! monsieur , songez donc que ce n'e^t pas de mot que vous êtes amoureux j et que ce n'est pas moi qui vous donne votre congé.

PLIWVILLE.

Tu as raison , mais aussi...

JACKSON

C'est que vous m'étrangliez tout de bon.

PLINVILLE.

Que veux-tu ? je suis, outré !... Avec mon nom , mon existence, une fortune considérable... être reçu ainsi par une femme... Çà, dis-moi tout ce qu'on t'a dit, tout ce que tu penses, tout ce que tu sais d'Adèle.

JACKSON

Je sais d'abord qu'elle est née d'une famille honnête.

PLINVILLE.

Ebloui.

Qu'elle a été très bien élevée.

PLINVILLE.

Je te sais.

JACKSON

Que voulez-vous donc savoir?

PLINVILLE.

Si elle vit toujours modeste et retirée,- si tu n'as point découvert quelque inclination secrète...

JACKSON

Elle ! ah bien.! oui! une inclination ! Tous nos agréables y ont perdu leur latin. Voulez- vous que je vous parle franchenient? je suis tenté de la trouver un peu bégueule. Il faut de la vertu, de la fierté; mais, goddem ! il est scandaleux qu'une Française veuille en avoir

Page 1