U PARLEMENT DE BORDEAUX
nements, uniquement attentifs à leurs intérêts , n'ont regardé que les vertus et les* agréments que le ciel a répandus sur elle. Le jeune monarq\)e s'est incliné sur son- cœur; la vertu nous est garante pour l'avenir de ce tendre amour que les charmes et les grâces ont fait naître*
Soyez 9 grand toi, le plus heureux des rois Nous, qui vous aimons , bénissons le ciel de ce qu'il a commencé le bonheur de la monarchie par celui de la famille royale. Quelque grande que soit la félicité dont vous jouissez, vous n'avez rien de ce que vos peuples ont mille fois dediré pour vous: nous implorions tous les- jours le ciel ; il nous a tout accordé: mais nous l'implorons encore. Puisse votre jeunesse être citée à tous les rois qui tiendront après^vous! Puissiez- vous, dans un âge plus mur, n'y trouver rien à reprendre, et, dans les grands engagements où vous entrez , toujours bien sentir ce que doit à l'univers le premier des mortels! puissiez-vous toujours cultiver, dans la paix, des vertus qui ne sont pas moins royales que les vertus militaires, et n'oubliez jamais que le ciel, en vous faisant naître, a déjà fait toute votre grandeur, et que, comme l'immense océan, vous n'avez rien à acquérir!
Que le prince en qui vous avez mis votre principale confiance, qui ne trouve votre gloire que là où il voit votre justice, ce prince inflexible
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comme les lois mêmes; .qui décerne toujours ce qu'il a résolu une fois ; ce prince qui aime les règles etnexonnoU ^pas les exceptions ^ qui se; suit toujours lui-méiney qui voit la fin comme le co|imencement des projets, et qui sait ré4uîre les courtisans aux demandes justes , distinguer leurs services de leurs assiduités, et leur apprendre qu'ils ne sont pas plus/à vous que vos autres sujets, puisse être long-temps auprès de votre trone^ et y partager avec vous les peines de la monarchie ! .
Avocats, la cour iconnoit votre intégrité, et elle a du plaisir de pouvoir vous le dire. Les plaintes contre votre honneur n'ont point encore monté jusqu'à elle. Sachez pourtant qu'il ne suffit pas que votre ministère soit désintéressé pour, être pur. Vous avez du zèle pour vos parties, et nous ie louons ; mais ce zèle devicfnt criminel , lorsqu'il vous, fait oublier ce que vous devezàvosadvisrsaires. lisais bien que la loi d'une juste défense- vous oblige souvent de révéler des choses que la. honte avoit ensevelies ; mais c'est un mal que nous ne tolérons que lorsqu'il est absolument nécessaire. Apprenez de nous cette maxime , et souvenezvous-en toujours : Ne dites jamais la vérité aux dépens de votre verta.
Quel triste talent que celui de savoir déchirer les hommes! I^es saillies de certains esprits sont
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peut-être les plus grandes épines de notre ministère; et, bien foin que ce qpi ùàt rire le pei^e puisse- mériter nos applaudissements, nous.plèu^ nms toujours sur les infortiinés qu'on déshonore.
Quoi! la honte suiyratous ceux qui approchant de ce sacré tribanaH Hélas ! craint-on que les grâces de la justice ne soient trop pures? .Que peuton faire de pis pour les parties? On les fait gémir sur leurs succès mêmes, et on. le«gr rend, pour me servir des termes de TÉcriture, tes fruits de la justice amers comme de V absinthe/
Eh! de bonne foi, que ^^oulez-Tous que nous répondions quand on viendra nous dire : « Nous 9 sommes venus devant vous,^et on nous y acou- 9 verts de confusion et d*ignominie; vous avez vu » nos plaie»,* et vous n'avez pas voulu y mettre » d'huile; vous vouliez réparer les outrages qu'on 3» nous a faite loin de vous, et on nous en a fait » sous vos yeux de-plus réels; et vous n'avez rien » dit : vous que, sur le tribunal où vous étiez, » nous regardions comme les dieux de la terre, » pous auez été muets eomme des statues de bois 3» et de pierre. Vous dites que vous nous conservez » nos biens : eh ! notre honneur nous est mille » fois plus cher que nos biens. Yous diteÀ que > vous mettez en sûreté notre vie : ah ! notre hon- » neur nous est bien d'un s^utre prix que notre » vie. Si vous n'avez pas la force d'arrêter le^ sail-
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» lies d'iin orateur emporté^ indtquez-nouâ dti »• moins quelque tribunal plus juste que le votre, ]i>Que savons-nous si vous» n'avez pas partagé le » barbare plaisir que l'on Vient de donner à nos » parties y si vous n'avez pas joui de notre désesj> poir, et ^y ce que nous vous reprochons comme » une foiblesse y nous ne devons pas plutôt vous » le reprocher comme un crime;? » '
Avocats, nous n'aurions-jaroais la force*de soutenir de si* cruels reproches, et il ne seroit jamais dit que vous auriez été plus prompts à manquer aux premiers devoirs, que nous à vous les faire connoîtrp.
Procureur^ , vo«s devez trembler tous les jours de votre vie sur votre ministère. Que diff-je? vous devez nous faire trembler nous*méme^ Vous pou-vez à tous moments nous fermer les yeux iiiv la vérité, nous les ouvrir^ sur des' lueurs et des apparences. Vous pouvez nous lier les mains, éluder les dispositions les plus justes et en abuser; présenter sans cesse à vos parties la juçtice, et ne leur fairo embrasser que son ombre; leur faire espérer la ân^ et la reculer toujours; les faire marcher dans un dédale d'erreurs. Pour lors, d'autant plus dangereuse que vous seriez plus habiles, vous feriez verser sur nous-mêmes une partie de la haine. Ce -qu'il y ^uroit de plus triste dans votre profession , vous le répandriez sur la nôtre;
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et nous deviendrions bientôt les plus grands cri minels après les premiei*s coupables. Mais que n'ennoblissez-vous votre profession par la vertu qui les orne toutes? Que nous serions charmés de vous voir travailler à devenir plus justes que nous ne les somhres! Avec quel plaisir vous pardonnerions-nous cette émulation ! et combien nos dignités nous paroitroient-elles viles auprès d'une vertu qui vous seroit chère !
Lorsque plusieurs de vous ont mérité l'estime de la cour y nous nous àommes réjouis des suffrages que nous leur avons doniiés : il nous sembloit que nous allions marcher dans des sentiers plus sûrs; nous nous imaginions nous-mêmes avoir acquis \m nouveau degré de justice.
Nous n'àut*ons point , âisions-nous y à nous défendre de leiirs artifices ; ils vont concourir avec nous kVceui^re du jour, et peut-être verrdbs-nous le temps où le peuplé* sera délivré de tout fardeau. Procureurs, vos devoirs touchent de si près les nôtres, que nous, qui sommes préposés pour vous reprendre , nous vous conjurons de tes observer. Nous ne vous parlons point en juges; nous oublions que nou^ sommes vos magistrats : nous vous prions de nous laisser notre probité , de ne nous point ôter la respect des peuples , et de ne nous point empêcher d^en êti^ les pères..-
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