DES ANCIENS
J'avoue mon goût poiu* les anciens; cette iMitiquité m'enchante^ et je suis toujours pi^à dire avec Pline : « C'est à Athènes que vous aUez, reste pectez les dKeux. » ^
L'ouvrage divin de ce siède, Tél^maquè, dates . lequel Homère semble respirer, est une preuve sans réplique de l'excellence de cet ancien poète. Pope seul a senti la grandeur dllon^èi^.
Sophocle, Euripide, Eschyle, ont d'abord.pqrté le genre d'invention au point que nous n'avons rien changé depuis aux règles qu'ils nous ont laissées, ce qu'ils n'ont pu faire Isans une cônnoissance parfaite de la nature et des passions.
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Pal eu .toute ma, vie up goût décidé pour les ouvrages des anciens : j'ai admiré plusieurs critiques faites contre eux» mais j'ai toujours admiré les anciens. J'ai étudié mon goût, et j'ai examiqé si ce n'étoit point un de ces goût$^ malades sur lesr quels on ne doit ùâre aucun Cond ; mais plus j'ai exanûnéy plus j'ai senti que j'^vois Raison d'avoir Éevû t)omme j 'ai senti. «
Les livres anciens sont pour les auteurs, les * nou^Feaux pour les lecteurs.
Plutarque me charma toujours : il y a des circonstances attachées ayx personne3 qui Cont grand plaisir.
Qu'Aristote ait été précepteur d'Alexandre, ou que Platpn ait été à la cour de Syracuse , cela n'est rien pour leur gloire : la réputation de leur philosbphie-a absorbé topt.
Cicérop, selon moi, est un des plus grands esprits qui aient jamais été : l'âme toujours belle lorsqu'elle n'étoit pas foible.
ï)çux cheÉ5-<l'œuvre : la mort de César dans Plutarque, et cellede Néron dans Suétone* Dans l'une, . on commence par avoir pitié des conjurés qu'on voit en péril, et ensuite de César qa'on voit assassiné : dans celle de Néron, on est étonné de le voir obligé par degr|&s de se tuer, sans aucune cause qui ry<x>dtraigne, et* cependant de &çon à ne pouvoir l'éviter.
DIVERSES. ^3iJ
Virgile,* inférieur à Homère far là grahdeur et la ^riété des caractère^, par Fijiyeritîon adipirable, FégaljB par. la beauté de la: poésie.
BeUe'parôle de Sénèq^e iStaprcesentUms utaris voluptatàbus^iUffuturis nQp nocea^
La même erreur des Gr^csihoHcioit toute leur philosophie; iqauvaise phy^iq\ue> aiauvais^ mo* rale^-mauvaiise métaphysique; Ge^X qu'ils ne sen* toientpas la difiéreace qu'il y à entre lesqualité$ positives et les qualités relative^. Comme Aristotq s'est trompé avec son sec, son«humidè, sof^ chaud^ son froid f Raton et Socrale se sont trompés avec leur beap, leu? bon , jeùr 3age : gr^de déçouy^rte qu'il n'y àvoit pa3 de qualité: pôâtive. •
Les termes de beau, de bon y de npble^ de grand , de parfait , sôntxles attributs des obj>t»y lesquels sonti'elatifo aux êtres quijesxx^nsidèrent. Il faut bien se mettre ce principexians la tête; il est r^onge de presque toi» les préjugés; c'est le fléau de la philosophie ancienne, 9e la-physique d'Aristote, de la métaphysique de Platon > et. si on lit les dialogues de ce philosophe , on trouvera qulls ne sont qu'un tissu de sophisme^ faits par l'ignorance de ce principe. Malebiymphe est tombé dans mille sophismes pofur J'aVoir ignoré.
Jamais philosophe n'a mieux fait sentir aux hommes les doticeurs de la vertu et la dignité
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de leur éife * q^S. Marc Antonio : ie cœur est touthé^fâme a^randitf , Te^rit élevé. '
Plagiat : avec très*peu. d'esprit on ^eujt faire cette objection'-là* Il ti^y a plus d*originau;K ^ grâce AUX petits génies, il n'y. a pas de poète qui n'ait tirétpute sa pbîlosophié des anciens. Que deviendi^oiçnt ke^ comrnwtateurs .sanç 49e privilège? Us ne pourroient pas dire : Horace a dit Ceci..^ Ce passage se rapporte à tel autoe de Théocrite, où il est dit...' le m'engage de trouvée dans Cardan les pèn$ées^é quelque . auteur ^ue ce soit, le moins subtijl. '. -. ; '
. On tûme k lire les ouvfdges des. anciens pour voir d'aatirés préjngés.
Il faut réfléchir sur la Politique d'Aristote et sur les deiOc HépiMiques de Platoq, si» l'on veut stvcir yneju^idée des lois et des mœurs ^es anci^s Grecs* ' * ' * . '
Leachercber dgns leurs historiens y c'est comme si nous voulions trouver les nôtres en lisant les guerres de L0UÎ3 XIY.
Béptibl^que de Platon , pas plus idéale que ce^lle de' Sparte.
Pour juger les hommes, il faut leur passer les préjugés de 'leur temps.