DIVERSES. S
avant d'^attraper des ridicules. Cest Tusage du inonde qui donne cela. . • ^ Dans les. livres on trouve les hommes meilleurs qu'ils ne sont : amour-propre de Tauteur, qui veut toujours passer pour plus honnête homme en jugeant en faveur de la vertu. Les auteurs sont ^es personnages de théâtre.
yr II faut regarder son bien comme son esclave, m^is il n6 faut pas perdre spn esclave.
On ne sauroit croire jusqu'où a été dans ce siècle la décadence de l'admiratioa. .
Un certain esprit de. gloire et de valeur se perd peu à peu parmi nous.^La philosophiez gagné du terrain; les idées anciennes d'héroïsme et de bravoure, et les nouvelles de chevalerie^ se sont perdues. Les places civiles sont remplies^ par des gens qui^ont de la fortune, W les militaires décrédités par des gens qui n'ont rien. Enfin c'est presque partout indifférent' pour le bonheur d'eti^ à un maître on à jun autre : au lieu qu'autrefois une défsiite ou la pçise 'de sa ville étoit jointe à la destruction ; il étoit -question de perdre sa ville, sa femme et ses enfants. L'établisse-, ment du. commerce des fonds publics, les dons^ immenses des princes, qui font quhine infinité de gens vivent dans l'oisrvetéy.et bbtienne&t la considération même par leur oisiveté, c'est-à-dire par leurs agréments ; l'indifférence pour l'autre
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Vie, qui eritraiheafens la ihoUesae pour cetle-cî, et nous rend insensibles etincfapables de tout te qui supposé un effort; moins d'occasions de se •distinguer ; une certaine façofi méthodique de prendre defs villes et de donner des batailles /la •question tf étant que de faire utiiebrèdie et de se rendre, quand elle est faîtej. toute la gtiérre ton- •sîstarit'plus darts Fart que dans les qualités personneUes de ceux qui se battent, Voù sait à chaiqué siège le nombre de soldats qu'on y laissera; la noblesse ne combat plus en corps.
Tfous ne pouvons jamais avoir de règles dans nos ïiiiances , parce que nôUs savons toujoiws que tious feroris quelque chose, et jamais ce que rions ferons.
On n*app€^e plus un grand ministre un sage dispensateur^ des revenus pubKcs, mais çdui qui a 'de rîndùstrîe, etde^ce qu*on' appeHe des expédients.
'L*on aim^ mieux ses pe!tifs*enfàtlts que ses fils : c*est 'qu'on sait à peu près au ju^te ce qu'on tire de ses fifs, la fortune et lé mérite qu'ils ont; màîs on espère et l'on ^e flatté sur ses petits-fils.
Je n'aime'pas les petits honneurs. On ne savoSt
pas auparavant ce que vous méritiez; mais Ms
vbùsf fixent, et décident au juste te qui est fa&t
pour vous.
y Quand, dans tm royaume, il y a plu« dVvim-
tage à faire sa cour qu-à. faire son devoir, tout est perdu.
La raison pour laquelle les sots réussissent toujours dans leurs entreprises, c'est que, ne sachant pas et ne voyant pas quand ils sont impétueux, ils ne s'arrêtent jamais.
Remarque^ bien .que là plupart des choses qui nous font plaisir sont déraisonnables.
/Les vieillards qui ont étudié dans leur jeunesse n'ont besoin que de se ressouvenir, et non d'ap* prendre.
' On pourroit, par des changements impercep* tibles dan^ la jurisprudence, retrancher bien 4^3 procès. #
Le mérite console de tout.
y J'ai ouï dire au cardinal Imperiali : Il n'y a point d'homme que la fortune ne vienne visiter une fois dans sa vie ; mais lorsqu'elle ne le trouve pas prêt à la recevoir , elle entre par la porte , et sort par la fenêtre.
>^ .Les disproportions qu'il y a entre les hommes sont bien minces pour être <si vain$ : les uns ont la goutte, d'autres la pierre ; les uns meurent,^ d'autres vont mourir; ils ont une même âme pendant l'éternité, et elles ne sont différentes 'que pendant un quart d'heure, et c'est penda/it qu'elles sont jointes à un corps.
/ Le 3tyle enflé et emphatique est si bien le plus
VtGo PENSÉES
aisé y que, si vous voyez une nation sortir de la barbarie y vous verrez que son style donnera d'abord dans le sublime y et ensuite descendra au naïf. La difficulté du naïf est que le bas le côtoie: mais il y a une différence immense du subliuxe au naïf, et du sublime au galimatias.
y II y a bien peu de vanité à croire qu'on a besoin des affaires pour avoir quelque mérite dans le monde, et ne se juger plus rien lorsqu'on ne peut plus se cacher sous le personnage d'homme public.
y . Les ouvrages qui ne sont point de génie ne prouvent que la mémoire ou la patience de l'auteur.
y^ Partout où je trouve l'envie, je me fais un plaisir delà désespérer; je Ipue toujours devant un envieux ceux qui le font pâlir.
* L'héroïsme que la morale avoue ne touche que peu de gens : c'est l'héroïsme qui détruit la morale qui nous frappe et cause notre admiration.
Remarquez que tous leà pay^ qui ont été beaucoup habités sont très- malsains : lappâremment que les grands ouvrages des bommes, qui s'enfoncent dans la terre, canaux, caves, souterrains, reçoivent les eaux qui y croupissent.
11 y a certains défauts qu'il faut voir pour les sentir, tels que les habituels.
/ Horace et Aristote nous ont déjà parlé des ver-