‹ Œuvres diverses de MontesquieuChapitre 57 sur 75 · AU GRAND-PRIEUR SQLAR · texte numérisé non relu

AU GRAND-PRIEUR SQLAR

A tarin.*

YpTtB ezcellmoe a beau dire, je ne trouve pas les ezcudei que vou3 m' apportez de la rareté .de T» lettres assez bonnes pour vous la parck^nner ; et <^est parce que je ne trouve pas vos .raisons assez bonnes queje vous écris en cérémonie pour me veogfr.

Je vcHJS dirai pour nouvelle que Ton vient d'exiler un conseillier de notre parlement parce qu'il a prêté sa plume à coucha les remontrances que le €oips a cru devoir faire au roi; et ce qu'jil y a de plus incroyable encore^ est que Fe^l a été or*àanné sans qu'on ait même lu les remonfranofils.

L'abbé de Gûasca est de retour de son vc^age de Londnesi dont il est fort content. Il se loue facauooapde monsieur etde madame dé Mirepoix, à qui vous l'aviez recommimdé: il dit ^ils unt fort aimés dans ce pays-là. Notreabbé^ fothou* siasmé.dtt sùcoes de l'inoculation, dont il s'est donné la peine de faire im cours à Londres, s'est avisé de la prôner un jour en présence de madame

la duchesse du Maine à Sceaux , mais il en a été traité comtné les apôtres qui précheiit des vérités inconnues. Madame U duchesse se mit en fureur^ et lui dit qu^on Toyoit bien qu'il avoit contracté la férocité des Angloi^ et qu'il étoit honteux qu'un Eomme de son caractère soutint une thèse aussi contraire à Fhiunanité. Je crois que son apostolat ne fer? pas fortune à Paris (79). En effet, pomment se persuader qu'un usage asiatique qui amassé en Europe par les main^. des Atigloisy et jnous est prêché par un étranger , puisse être cru ^n cheinous> qui avons le droit exckisif du ton et des modes? L'abbé compte de faire un voyage en Italie au printemps prochain : il me charge de vous dire qu'il se fait d'avance un grand plaisir de vous trouver à Turin. Je voudrois bien pouvoir mé flatter de le partager ^vec lui j mais je crois que mon vieux château et mon cuvîer me rappelleront bientôt dans ma province; car depuis la paix m<m vin' fait encore plus de fortune en Angleterre qu'en a fait mon livre. Je vous prie de dire les choses les plus tendres de ma part à M. le marquis' de Breil, et de^ me donner bientôt des nouvelles dés deux personnes que j'aime et que je respecte le plus à Ttuîa. •/

De l^am, ce .... .

FAinuiftSS. . 377

A M. L'ABBÉ VENUTL

Mo? cher abbé , je ne vous ai point encore remercié de la place distinguée ^lye Vous m'avez donnée dans votre Triomphe (80). Vous êtes Pétrarque, et moi pas grand'cbose. M. Tèrcier(^i) m'a écrit pour ine prier de vous remercier de ^ part de Fexeihplaire que je lui ai envoyé , et de vdus dire que M* de Puylsieux avoit f eçu le sijBu avec toute sorte âe satisfaction (82). Comipe il n'en est venu ici que très-peu d'exemplaire^, je ne pourrai pas encore vous marquer le succès de l'ouvrage; mais j'en ^\ ouï dire du bien, et il me paroit que c'est de la belle poésie.

Et te f^cére poetam .

Piérides. ♦ ^ , i

•^ * ViRO. Ed. IX.

Je ne puis pas m'accoutumer, mon cher abbé, à penser que vous n'êtes plus à Bordeaux ^ voust y avez laissé bien des amis qui vous regrettent beaupoup.: jevou&lissureque jesuis bien 4eçe nombre. Écrive^i-moi quelquefois. J'exécuterai vos ordres à l'égard d'Huart^ et du reeueil de vos disserta-

3^78 tSTTBBS

tioDs : vôu^ VOUS mettez très^fort à. la raison , et il doit seBtir votre générosité. Je* verrai M. de La Gume : je ferai parler à Fabbé Le Bœuf; et, s'il n'est |(oint un bœuf , il verra qu'il y a très-peu à corriger à yotr^ dissertation. lie président. Barbot (83) devroit bien vous trouva de la disserta* ^on perdue comme :une épingle .dans la. botte de foin de son cabinet. Effeqtivemèut il est bien ridioule d'avoir fait une incivilitéà madame de Poqtai:, en &isant tant valoir une augmentation de loyeï^ que taous ne toucherons [K>inty et d'avoir si mal fait les affaires de l'académie (84)- Envoyezmoi ce quç vous voulez ajouter aux dissertations que l'ai. A^^u, mon cher abbé; je vous salue et epibrasse de tout mon cœur.

De Pops, le 3o octobre 17 So.

A M. L'ABBÉ COMTE DE GUASCO

MoK cher abbé, il est bon d'avoir l'esprit bien fait^ mais il ne faut pas être la . dupe de l'écrit des autres. Monsieur l'intendant peut dire ce cya'il lui pl&it: il ne sauroitsejustiâer d'avoir'Bianqiféde p^ raie à l'aoadémiey et de l'avoir induite eo erneur par de €tasses promesses. Je ne sui^ fias surpris que.

sentant ses torts ^ il* cherche â se JasiSfierr iwaîs TOUS, quiayefc été témoin à^ toat^' ne 'dévee'point vous laisser surpt^ndre pwde^^ekcMes (p^ ne va* letit pa$ tnietnc que sôs promesse», le tué trchive trop biefi de lui a^dir rendu s(m amitié , poui^ en vouloir ^leore. Aquoi bon Tamitié d\in homm&efi place qui. est toujours dans la méfiance^ qiii ne trouve juste que ce qui est dans ion système, qui ne sait jamais faire le plus petit plaisir ni rendre aucun service? Je me trouverai mieux d'être hors de portée de lui en demander, ni pour les autres ni pour moi , car je serai délivré par là de bien des importunités*

Dulcis inexpertis cultora potentli amiei : Expertut metuL

Ho&AT. Epbt. lib. 1 , ep. 18.

Il fout éviter rune coquette qui n'est q^e couette et ne donne que de fsiusses espérances. Voilà mon dernier mot. Je me flatte que ùotre duchesse entrera dans mes raisons,, son francalleu n'en sera ni plus ni, moins.

Je suis très-flatté du souvenir de M. l'abbé OKva (85). Je me rappelle toujours avec délice^ les moments^e je passai dans k société littéraire de cet Italien édairé, qui a sa s'élever au-dessus dès préjugés de sa nation.- Il ne fallut pas moins que le de^tisme ei les tracasseries d'ira P. Tour^ nemine pour, me faire quitter une isociété' dorit

380 LETTaSft

j'auroîs v^nlu profiter. C'est uhe vraî^ perte pour les gens de lettre cjue la.jdiss(rfutioii de ces sortes de petites académies libres, et il est ôdu^ixpour vous que. edk du P^ Bosmol^ts (86)jSoit aussi culbutée, rezige ijuévous^ m'écriviez encore avant votre départ pour Turin^ et je vous somme d'une lettre <lès que vous y sere^ arrivé*' Adieu.

•' .. ' A Pàrisyle s décendire i75o. '

A M. L'ABBÉ VENUTL

A Bord^ux.-

Il ne faut point vous flatter , mon cher abbé, que Fabbé de Guasco vous écriYe de sa main triomphante: mais si vous étiez. ex-ministre des afiaires étrangères, il iroit dîner chez vous pour vous consoler (87). Le pieuvre homme promène son oeil sur toutes les brochures , prodigue son mauvais estomac pour toutes les invitations de dinars '4i'^ml]assadeùrs, et ruine sa poitrine au service de son Cantimir (88) et de son Clément Y; ce qui n'empêche pas qu'on ne trquVe son Can<« timir. très-froid ; mais c'est la faute de feu son excdlencci , *

FAMItLèHKS. 38 1

Iln'^ A aucune apparence que j*liiUe en. Angleterre; it^y en a une beaucoup plus .grande quel j'irai k La Brède. Técris-une lettre de fâiditatioii au président de LaLane sur sa réceptiqn à Facademie. Bonardi, le président de cette académie , qui est venu me raconter tous les diners qu'il a faits depuis son retour chez tous ^es bea!ux écrits qui dhient) avec* la généalogie (89) des dîneurs^ m'a dit. qu'il adressoit ;sa pnemière lettre ànotre nouvel as^cié ; et je pense que vous- trouverez que cela est dans les régies. Je vois que notre académie se change en société de /ramesmaçons , excepté qu'on n'y boit ni qu'on n'y chante : mais ou y bâtit , et M. de Toumy est notre roi Hiram qui nous foùmirli les ouvriers; mais je doute qu'ail nous fournisse les cèdres. »

Je crois que le prince de Craou est actuellement à Vienne; mais il va anîver en Lorraine ; et si vous m'envoyez votre lettre, je la lui ferai tenir. Ili^ut bien que je vous donne de^ nouvelles d'Italie sur V Esprit des Lois; M. le duc de Nivernais en écrivit il y a trois semaines à M. de Forcalquier, d'une manière que je ne saurois vous répéter sans rougir. U y a deui#|ours qu'il en reçut une autre, dans laquelle il nGlarquê qùé , dès qu'il parut à Turin , le roi de Sardaigne le lut. U ne nk^t pas non plus permis de répéter ce qu'il en dit : je vous dirai seulement le fait; c'est qu'il le donna- pour

38a i^tthes

le jire à eon fijis le dxic de Savoie ^ quiTalu deiix fois : L^ ^^u*qui6^de .9reil me mande qu'il lui a dit qu'il TOttloît le lii^ toute ^ yie» U y a bleu de la fjituité Àmoi de yous xoapder ceci; mais comme c'esJt up iaitfmblici il yaut autant^ que je le dise, qu^im autre; et vous com^vez bien que je dois a^euglémeot approuver le jugement des prinqes d'Italie«Le marquis de fiireil me mande que S. A. R. le dtic de Savoie a un génie prodigieui , une cqnception et un bon sens admirables.

-Huarti libraire, voudroit fort avoir la traduction^ vers latins.du docteur Clansy (90) , du commencement du Tepiple de Gi^i^e, pour en faire un corps avec la traductu>n italienne (91) et l'original : voyez kquel de^ deux vous pourriez £adre , ou de me faire copier ce; vers^ ou d'obtenir de l'académie de m'envoyer l'imprimé , que je vous renvefrois ensuite.

A propos ^ le .portrait (g'i) de madaipe de Mire» poix a £ait à Paris et à Versailles .une très-grande fortune : je n'y ai point contribué pour la ville de Bordeaux, car j'avois détaché l'abbé de Guasco poor eo dire du mal. Vous, qui étes> l'esprit de toc^ les esprits, yous devriez le |p^uire, etj'enverrois votre traduction à madame de Mirepoix à Londres; je n'en ai point de copie, mais le prégident fiarbot 1'^ , ou bien M. DypiiL Vous savez qoe tout ceci est unebadinerie <|uî fut £ûte à Lii^

PAMILtiKXS. 383

oévflle pour ânniser une oûiute le rat de PulogMw ' roôbltois de vont dire *que tout est oomxpmé diuM ce meade. Jeroiiâ aipiadédptJHgeneiitec^ ntalie sarVSsffilt du ib&r (93>Il va parokte k taris ose ample crkk|ue frite par M. l!>uin», fer» mier ||éni6i»l.\Aiii8iBieyoiià tiié au tribunal de. la iiia)t6(v> oDouBe j'ai été cité à celiii du jotUMud de Trévoux. Adieu^ nioç cher abbé. Yoiià iioé épkre k la Bonardi (94). Je vfm6, salue et embrasse de tout mooicœur. , <

Ne soyez point la dupe de la traduction , car si Tesprit ne vous eu dit rien, il ne vaut pasia peine que vous y rêviez un quart d'heure»

DelParit. •

A M. THOMAS NUGfiNT.'.

A Londres.'

Jb ne pois m'empèçher y, monsieur , de vôui faire mes remerdments. Je vous les avoisdéjà» faits, parce que vous m^aviez traduit. Je vous les fais à

* Cotte lettt«*de MwHetqniea à M. Thomas Nogent, ainsi qne quelques notes que nous avons empnintées à ce sayant et judictcux traducteur. nMuiqiieiit dAnrla f>lii|»art des édhîmis'.

384 \ LBTXABS

présent V parée que vou4 m'avez si: bien traduit. Votre t^uction n'a que' ceux de roriginal, et ces*déÊiUtat sontii moi; /^ je dois vpu^.ètre bi^ obligé de- ce que vous empéclftz si bien de les voir. U semble que vous ayçs Voulu traduire aussi pion style, et vous y avez, mis cet te ressemblance ^ quaitem àecei esse ^oto/w/ti.; Quandivpiu verrez - M. Domville, je vous prie de vouloir bien lui fidre mes compliments. Tai Thonneur d^étre^ monsieur , avec une parfaite r^onnoissance, votre tres*hmnble*el trèsK)béissant serviteur,

A Paris» 1* i8 octobre i/So.

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