A LA MARQUISE DU DEPFAND
jBoN cela : le cheValier de Laurency, je Tadorerois s'il ne venoft pas de si bonne heure; mais je vois que vous êtes arrivée à un point de perfection quç cela ne vous £aût rieu^ Je suis ravi , madame > d'apprendre que vous avez de la gaieté : vous, en aviez assez pour nous. J'ai , je vous assure f . un grand désir de vous reyoir. Voilà bien dés changements de place : ce ^sont les quatre coins.
J'ai reçu une lettre de madamf la duchesse de Mirepoix. J'ai cru quelque temp& qu'elle me querelloit de ce qu'elle ne m'avoit pas fait réponse. Madame^ je voudrois être à Paris , être votre philosophe^ et ne l'être point, vbus diercher, marcher à votre suite et vous voir beaucoup. J ai l'honneur I madame, de vous présenter mes respects. .
- De La Brède , 1« < a août 17^2
4o/| LETTRES
A LA MÊME. -
Je commence par votre apostille. Vous dites qne vous êtes aveugle! Ne - voyez-vous pas que nous étions autrefois, vous et moi, de petits es^prits rebelles qui furent condamnés aux téxrèbres? Ce qui doit nous consoler, c'est que ceax qui voient clair ne. sont pas pour cela lumineux. Je suis I>ien aise qae vous vous accommodiez du sa-* vaut Bailly ; si vous pouvez gagner ce point, que Vous ne l'amusiez pas trop, vous êtes bien; et quand ce^a ira trop loin , vous pourrez l'envoyer à Chàuhits. - ' ^ * ^
Je ferai sur la place de Tacadémie ce que voudront madamç de Mirepoix, d'Alembeil; et vous ; 9iai$ije ne vous réponds pas de M. de Sai'nt-MatLr : car Jamais homme ii!a tant été à lui que lui. Je suis bien aise que lïia défense ait plu à M. Le Monnier. Je ^ns que ce qui y plaît est de voir, non pas mettre les vénérables théologiens à terre, mais de les y voir couler doucement.
n est très-singulier qu'une dame qui a un mercredi n'ait point de nouvelles. Je m'en passerai. Je suis ici accablé d'affaires : mon frère est morU
FAMILlàAES. 4^5
Je ne lis pas un livre, je me promène beaucoqp, je pense souvent à vous, je vous aime. Je vous présente mes- respects.
JH LaBrède, le i3 teptéDubr* ifSa.
A UABBÉ DE 6UASC0.
ToTRE lettre , mon cher comte, m'apprend que vous êtes à Paris; et je suis étonné moi-n^me de ce que je D*y suis point. Le voyage que j'ai été obligé de faire à l'abbaye de Nisor avec mon frère, qui a duré près d'un mois, a rompu toutes mes mesures, et je n'y serai qu'à la fin de ce moi3 ou au commencement de l'autre 5 car>je veux absolument vous voir et passer quelques semaine ayçç vous avant votre départ. Mais, mon cher abbé^ vous êtes un innocent, puisque vous avez 4eviné que je n'arriverois pas si tôt, de ne pas vcxus mettre dans mon appartement d'en bas; et je donne ordre à la ileraotselle Betti dft, vpus^y ^ cevoir , quoiqu'elle n'ait pas besoin d'ordre foas cela; ainsi je vous prie de vous y camper. Vous allez à Yieane : je crois que j'y ai perdu , ^depuis vingt-deux ans^ ftoutes mes cônnoissances. Lç prince Eugène vivoit alors, et ce grand homme
4o6 LETTRES
mt fit passer des moments délicieux (i 1 5). *MM. les comtes Kinskiy M. le prince de Lichtenst^^ M. le marquis de Prié^ ]V(. le comte d*&rak et toute ça famille , que j'eus l'honneur de voir à Naples où il étoit vice-roi, m'ont honoré de leurs bontés : tout le^este est mort; et moi je mourrai bientôt : si vous pouvez me rappeler dans leur souvenir, vous me ferez beaucoup de plaisir. Vous allez paroitre sur un nouveau thMtre ^ et je suis sûr que vous y figurera aussi b^en que vous avez Élit ailleurs» Les Allemands sdnt bons, mais un peu soupçonneux. Prenez garde, ib se méfienjt des Italiens conune trop fins pour eux; mais ils savent qu'ils ne leur sont point inutiles , et sont trop sage^ pour s'en passer*.
Vous avez grand tort de n'avoir point passé par La Brède quand vous revîntes dltàlie. Je puia^dire qde c'est à présent un des lieux aussi agréables qu'il y ait en France, hu château près (îi6), tant la nature s'y trouve dans sa robe de chambre et au levef . de son lit. J'ai reçu d'Angleterre la réponse pour le vin que vous m'avez'fait envoyer à iiiilôrd Hiibati.; it a été trouvé' extrêmement bon. On me demande une commissioa> pour quinze tonneatbc ; ce qui fera que je serai en'état de finir ms^ maison rustique. Le succès que mon livre a eu dans œpays4à contribue, à ce qu'il paroît, an succès de mon vin. Mon fils ne manquera;.
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pas id'eatécutor voire commission. A T^^rd de l'hoixime en question, il multiplie tvec moi ses torts à .meuire qu'il les recounpît; il s'ai-» grit tous les jours, et moi jed^vlen^ ^r son suj«t^plijB tranquille : il est mort potor nloi* %4 le doyen, qui est dails ma çh^ihbre, vous fait Mille, compliments t et vous êtes un des eUanoines du monde ^u'il bonore le plus : lui, mp}, ma femme et mes enfants, vous regardons et cbêrissoRS tQUS cbmme de notre famille. Je serai bien charmé de faire connpissance avec' M* le comte de Sartirane (i 17) quand je serai à Paris : c'est à vous,à lui donner une bonne (^inion de moi. Je vous prie de faire bien des tendres com- 1 piiments à tous ceux de^ mes amis que vous verrezj.mais st. vous allez i Montigny, c'est là qu'il faut une effusion de mon coeur. YonsxOiUres Italiens êtes pathétiques : employez^y tous ' les dons qne la nature vous a donnés; faites-ei^ aussi sui*tout usage auprès de la duchesse 'd'Âigui^Ott et de madame Dupré de. Saint-ïf^^ur; dites surtout à celle-ci cooibien je hii suis attaché ( 1 1 8).*Je siiis de ravis de nilordl^libansurlavérité du polirait qne vous avâr fait dIeUe (119).
Il faut que je vous coasulte sur une ch^^e, car je mesois toujours bien teouvéîdevous consulter. L'auteur des Nouvelles eccléâiastiques m'a attribué 9 dans une feuille du 4 juin j que je n'ai vue
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que font tai'd nne brochure hifitulée Suite de la défense de V Esprit des Lais\^ laite -pa^un protestant, écrivain (iao)lu^ile> et ({ui a inâniment d^ei^prit. L'ecclésiastique me l'attribue pour en prendre \% sujet de zbe dire des injures^ atroces. Je n*ai pas jugé à propos de rien dire, i^ par mépris; a* pan^ que c^x qui sont au fait de ces choses savent que je ne suis point auteur de c^ ouvrage; de sorte que «toute cette manœuvre totrrner coÀtre le trâlomniateur. Je ne'connois point Fair actuel du bureau de Paris; et si ces feuiUes oht pu faire impression sur quelqu'un, c'est-à-dire si quelqu'un a cru que je fusse Fauteur de cet ouvrage^ que sûrement un catholique ne peut avoir fôit ^ seroit-il à propos que je donnasse une. petite réponse en une pa^, oum aliquo grano salis? Si Cela n'est pas absolument nécessaire y }'y renonce, haïssant à la mort de faire en* core parler de mei. Il faudroit que je. susse aussi si cela a quelque rehtion avec la Sorbonne. Je suis ici dàûà IHgnorance de tout, et cette ignorancè'me plait assez. Tout ceci eptre nous, et sans qu'il paroisse que je vous en aie écrit Mon principis a été de ne point me remettre sur les rangs avec des gens méprisables»' Comme, je me suis bien trouvé d'avoir fait ce que vous voulùt|ps quand vous lAe poussâtes, Fépée d^ms les reins., à composer ma défense (lai), je tt'entfreprendrai
rien quVn conséquence de votre réponse. Huar( veut faire une nouvelle édition des Lettres Persanes : mais il y a quelques jupenUia (laa) que je voudrbis av^arkvant retoucher; quoiquHl âuit qu'un Turc voie, pense et parl« en TurCy et non en chrétien , c' est à quoi bien des gens ne font point attention en lisant les Lettre^ Per» sane&
Je vois que le pauvre Oément V retonibera dans Toubli^ et que votis allez quitter les afifaires de I4iilippe-le-Bel pour celles de ce siède-ei. L'histoire de mon pays y perdra aussi bien (pie la république des lettres; ne manques^ pas de m écrire de Vienne, et n'oublie? point de me ménager la continuation de l'amitîé de monsieur votre frère; c'est un des militaires (laS) que je regarde comme destinés à faire les plus grandes choses. Adieu, mon cher ami; je voua embrasse de tout mon cœur. . * v
' Dt Lafirède, l9 4<^obre 17$». ' >