LXXXIV MARIETTE
» dans un temple'. » Mariette ne se sentait plus de joie : (( Je pense, écrivait-il du Caire à M. de Lesseps le 16 no- » vembre, qu'avec les instruments qu'on m'a mis entre les » mains, je réussirai à satisfaire le vice-roi et à procurer » au prince Napoléon quelques bons monuments à emporter. )) — J'ai, du reste, pris la question au sérieux, et j'ai tout )) lieu d'espérer que le voyage du prince Napoléon en Egypte » sera marqué par quelques découvertes scientifiques d'un » intérêt réel. Si, à son retour en France, le prince veut » faire une exposition publique des objets qu'il aura rap- » portés de son voyage, il le pourra. Si même il veut, avec )) les travaux que je commence, faire une publication qui » serve les études égyptiennes, il le pourra encore*. »
Comme de juste, il avait établi ses chantiers à Sakkarah et à Gizèh, partie pour suivre cet instinct qui porte l'homme à revenir sans cesse sur le théâtre de ses premiers triomphes, partie parce qu'il se savait sûr de trouver là des matériaux abondants pour accomplir la tâche qui lui incombait. La campagne ouverte sur ces points, il avait élargi le cercle de ses opérations, et, partant pour la Haute-Egypte avec son ami Brugsch, qui venait, lui aussi, de revenir aux bords du Nil*, il avait installé des ateliers nouveaux à Abydos, à Thèbes, à Éléphantine. Les résultats dépassèrent ses espérances. Ce fut à Gizéh la découverte du mastaba de Khou-
1 . Mariette, Notice sur l'état actuel et sur les résultats. Jusqu'à ce jour, des traoaux entrepris pour la consercaiion des antiquités cgr/ptiennes en Ègtjpte, dans les Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles- Lettres, t. III, 1862, p. 153 sqq. Ce passage a été déjà cité par A. Rhoné, Auguste Mariette, Esquisse de sa vie cl de ses travaux, p. 10 du tirage à part.
2. Lettre publiée par H. Wallon, Notice sur la cie et sur les tracaux, p. 13.3-134.
3. Brugsch, Mein Leben und mein Wandern, p. 205-213. Le journal de ce voyage, rédigé en français par Mariette et par Brugsch, se trouvait entre les mains de Brugsch, en 1894, au moment de la mort de ce dernier.