NOTICE BIOGRAPHIQUE LXXXV
fouânkhou avec son magnifique sarcophage en granit rose, qui est aujourd'hui Tun des ornements du Musée du Caire. A Sakkarah, il força l'entrée du Mastabat el-Faraoun, et il crut y trouver la preuve que cet énigmatique monument avait servi de tombe à un roi de la V® dynastie, Ounas. Abydos ne rendit point ce qu'il en attendait, mais Thèbes donna des statues de la XIP et de la XVIIP dynastie,. ainsi qu'une nécropole de la XI® et de la XVIP dynastie avec des momies richement décorées de cette époque'. Mariette revint de cette course rapide, les mains pleines de butin. Toutefois, tandis qu'il entamait l'œuvre si heureusement, les ennemis qu'il avait au Caire reprenaient contre lui les manœuvres qui leur avaient réussi pendant les fouilles du Sérapéum. Si exactement qu'il eût essayé de suivre les instructions de M. de Lesseps et de garder le secret sur le but réel de sa mission, le bruit s'était répandu qu'il venait en Egypte pour y organiser la surveillance des monuments, et aussitôt tout le monde interlope qui vivait du commerce des antiquités, depuis les consuls généraux de certaines puissances jusqu'aux courtiers et aux revendeurs indigènes, s'était coalisé contre lui pour l'empêcher de réussir. On s'était adressé au vice-roi, on lui avait exposé avec les exagérations d'usage les noirs projets de l'intrus. La garde des ruines n'était qu'un prétexte, sous lequel la France dissimulait une tentative de mainmise sur le pays : Mariette était « un brouillon qui » allait démolir l'Egypte » de Mohammed Ali et la livrer à l'Empereur. Saïd-Pacha, assez peu ému de ces complots chimériques, mais vexé qu'on lui eût caché les intentions véritables du gouvernement français, en témoigna d'abord quelque humeur. Tout le monde au Caire savait, depuis les fouilles du Sérapéum, que Mariette n'était pas grand fînan-
1. Comptes rendus de l* Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1859, t. II. C'est le résumé â*iine lettre de Mariette, lue par M# de Rougé dans la séance du 11 juin 1858.