‹ Œuvres diversesChapitre 44 sur 154 · XCVIII MARIETTE · texte numérisé non relu

XCVIII MARIETTE

» j'espère pouvoir en donner le premier la traduction \ » A Edfou, le village qui occupait la plate-forme du temple avait été culbuté un beau matin, malgré les clameurs des habitants, et des brigades d'ouvriers avaient enlevé tous les décombres intérieurs en quelques jours : l'édifice était debout à l'air libre, au milieu de son enceinte, « presque » en aussi bon état qu'au temps où les habitants d'Apol- » linopolis Magna venaient sous les splendides portiques » adorer la triade mystique de la vieille Egypte' ». L'admiration de Devéria pour son ami s'en augmentait de station en station, à mesure que le bateau à vapeur du service, le Samannoud, montait, puis redescendait le fleuve. Le 23 février 1859, un peu au delà de Girgéh, un accident étant survenu à la machine, « nous avons profité de cet arrêt de » trois jours pour gagner Abydos à cheval. . . Avec sa per- » spicacité habituelle en matière de fouilles, Mariette a » désigné devant moi à ses ouvriers fellahs l'endroit où » devait se trouver le mur d'enceinte. Au grand étonnement » des hommes qui travaillaient depuis trois mois pour lui, » quelques coups de pioche ont découvert la muraille en question, décorée de bas-reliefs et d'inscriptions du plus » haut intérêt. Un vieil Arabe vint alors lui dire : « Je n'ai » jamais quitté ce village, jamais je n'avais même entendu » dire qu'il y eût là un mur. Quel âge as-tu donc pour te » rappeler sa place? — J'ai trois mille ans, répondit im- )) perturbablement Mariette. — Alors, répliqua le vieil » homme, pour avoir atteint un si grand âge et paraître si » jeune, il faut que tu sois un grand saint; laisse-moi te » regarder. » Et pendant trois jours il est ve^u contempler le grand saint « de trois mille ans, qui, parfois, avec une

1. Lettre de Devéria, citée par G. Devéria, Thèodulc Devéria, p. xm. Le texte fut traduit par Bîrch et E. de Rougé.

2. Mariette, Notice sur l'état actuel et sur les résultats, dans les Comptes rendus de l'Académie des Inscriptions, 1859, t. II, p. 156.

I40TICE BIOGRAPHIQUE xCIX

Mtà sans égale. <Jis tri buait des coups de canne aux „ prodig»**' i ne travaillaient i>as à sa guise' ». » ouvriers J^^^ revivre ^<^^s ces pages Mariette, tel qu'il fut Oua^® cannées de l8o8 « ^860. alors qu'emporté par la pendant ces; e la volonté ^^ vice-roi lui avait conférée itoute-çttiss»°,^^tiqaité, il laissait un libre cours à toutes ea matière ^ j^^ture X^ fc-êryi>te ancienne était pour lui les énergies °^j^ ^^f héréaitaire qu'il espérait léguer à ses son bien, ^^ 'i\ serait lui-mome trop vieux pour l'admienfonts, lorsq partout a %'ec i^i sa femme et son fils aîné, nistrer. H ^ ^mé familièrement Tady, pour le distinguer Auguste, sur ^^ j^^riette, qui veut faire de ce bambin un de son père- j,e néglige aucune occasion de lui faire visiter » égyptolo^*^ ' ts égyptiens ; c'est vraiment s'y prendre de „ des monum .^ ^,^ q^e deux: ans ! Il a déjà voyagé deux „ bonne he»|»^^,^,jte-Égyp te, en INTubie, jusqu'à la deuxième „ fois dans 1» ^^ colosses de Ttièsbes sont pour lui les grandes » cataracte! 1" ^t ggs jouets sont presque tous des anti-

^ poupées rf^ /^yterai même cjue je pille assez souvent sa » quités; V'*3*^^j^ ge reno\i>?'elle sans cesse*. » Doué d'une ,> coUection, *1 ^ ^,^^q^ Mariette allait à la fouille comme il force à'en4nT»ï^ bataii^*^' r\aa.exnent, sans se ménager, et, sa ierait»^^^ ^ ^^quiVentoux-aient, ils se dépensaient aussi

__,ro oraen*nt ^ .,^Aii\ rfi-is*.T-»cl même Innr fftmrvSTOmon+ n^

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ri», «\"^^ sonnva ^^^^ut, se laissa entraîner dès le début au

poitrine Aonx.^ ^ ç.^ib\esse pouvait supporter. « M. Mariette,

delà de ce c^^ gg^to^re, a mis à ma disposition tout ce que je

» coïitait-i çjYiaque jour, du soir au matin, il y a un

„ puis ^®®^'^ ■ usage sur l'une et l'autre rive, et autant

rte voyage de Th. Devéria, cité par G. Devéria, Théodulc j-fccérvi', V' Tjgyéria. dans G. Devéria, Théodulc Deeéria, p. xv-xvi.

» d'hommes qu'il m'en faut pour porter mon bagage. Je me » suis habitué avec quelque peine à copier des inscriptions » hiéroglyphiques après une longue course à, cheval. J'y suis » fait maintenant; l'équitation ne me fatigue plus', » ou mieux il n'en voulait plus sentir la fatigue, mais elle reprit le dessus vers la fin, quand il ne fut plus soutenu par la présence de son terrible ami. Le pauvre Bonnefoy n'y résista pas longtemps. Il avait été chargé d'opérer des sondages dans la nécropole de Drah abou'l-Neggah, puis d'entamer le déblayement des temples de Médinet-Habou, et, pendant tout l'automne et la meilleure partie de l'hiver, il avait conduit les travaux sans s'épargner : il mourut de chaleur et d'épuisement au commencement de 1859. Sa mort affligea Mariette profondément. Bonnefoy avait été à la fois son domestique et son ami pendant les années difl5ciles du Sérapéum, le confident de ses joies et de ses angoisses, le complice et l'auxiliaire dévoué de ses luttes contre les marchands d'antiquités et contre les surveillants sous Abbas-Pacha : c'était une moitié de sa vie d'Egypte qui disparaissait, celle qui lui avait laissé les meilleurs souvenirs. Par bonheur, la fortune, qui lui souriait encore, lui donna, pour remplacer cet ami fidèle, un ami non moins dévoué, l'Italien Luigi Vassalli. Vassalli, né à Milan vers 1820, après avoir étudié la peinture à l'école de sa ville natale, avait été enrôlé malgré lui dans le corps des cadets. Il s'était affilié tout jeune aux nombreuses sociétés secrètes qui conspiraient alors contre la domination autrichienne, et, impliqué dans un complot qui échoua en 1840, il avait été condamné à mort. Il attendait dans sa prison l'exécution de la sentence, lorsque le couronnement de l'empereur comme roi d'Italie le sauva : une amnistie fut proclamée pour les détenus politiques de certaines catégories, et il fut remis en liberté. Jugeant le séjour de la Lombardie peu sain pour lui après une pareille aven-

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