‹ Œuvres diversesChapitre 52 sur 154 · Théodule Devéria, Mém^oires et Fraymenis^ t. I, p · texte numérisé non relu

Théodule Devéria, Mém^oires et Fraymenis^ t. I, p

CXXXIl MARIETTE (l«2l-l88ll

enfants \ Les Boulonnais applaudirent, et, pour une fois, ils donnèrent un démenti à l'assertion cruelle que nul n'est prophète en son pays. Aussi bien y avait-il loin du Mariette que tous avaient connu petit journaliste besogneux et maigre professeur courant le cachet, au Mariette directeur des Antiquités de rÉgypte, et honoré par le souverain de sa patrie naturelle, comme il l'était par celui de sa patrie d'adoption. Tant d'émotions et de fatigues avaient augmenté le mal qui le rongeait sourdement. Par bonheur, tout allait bien en Egypte, malgré son absence, comme le prouvaient les lettres qu'il recevait de Gabet : « Aux Pyramides, j'ai trouvé les » hommes à peu près au complet, huit seulement man- » quaient; » deux puits avaient été ouverts qui renfermaient de beaux sarcophages, semblables à celui de Khoufouânkhou et ayant appartenu comme ce dernier à des princes royaux de la IV^ dynastie, Hirbaiouf et Sakhemka. A Sakkarah, « le premier jour, vingt-cinq hommes manquaient; )) trente-cinq le second », néanmoins le déblayement du Sérapéum marchait à souhait, et l'on avait recueilli un beau sarcophage, celui d'Eikherti, à 300 mètres au sud de la pyramide à degrés. Il avait fallu seulement, pour répondre à une demande du ministère des Finances, « dresser l'inven- » taire de tout ce que nous avons à Sakkarah, en bois, cordes, » fer, ancres ». Enfin, au Musée, on nettoyait le plus de bronzes possible afin d'en remplir les vitrines de Londres*.

1. E. Deseille, Augtistc Mariette, p. 66-67; cf. H. WaUon, Notice s tir la oie et sur les tracaux\ p. 81. Deseille raconte que Saïd- Pacha aurait dit alors à Mariette : « Demandez-moi tout ce que vous voudrez. » C'est une variante du mot cité plus haut (p. cxxix de cette Notice)^ d'après l'ouvrage d'Edouard Mariette; Éd. Mariette avait assisté à l'entre vue du Barrage, et son témoignage prime en cela celui de Deseille, qui n'a connu les faits que de seconde main. On peut croire toutefois que Saïd-Pacha, rencontrant Mariette à Boulogne, lui a répété avec une variante l'expression de sa reconnaissance.

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