‹ Œuvres diversesChapitre 56 sur 154 · CXLII MARIETTE · texte numérisé non relu

CXLII MARIETTE

de Tannée suivante, « content de lui et content de moi, » écrivait Mariette non sans malice \ De fait, il eût témoigné de quelque ingratitude s'il ne se fût pas montré satisfait. Mariette, fidèle à sa promesse, lui avait prodigué tous ses monuments, ouvert tous ses portefeuilles, et il rapportait de sa longue excursion sur les terres du Nil, outre les quatre volumes de ses Inscriptions hiéroglyphiques et les deux volumes de VEdfou de son fils, la matière de ces admirables Recherches sur les monuments que l'on peut attribuer aux six premières dynasties de Manéthon, qui révélèrent l'histoire de l'Egypte memphite et thinite certaine pour la première fois. Il eut même la chance de copier, presque la veille de son départ, dans la cour du Musée de Boulak, au plus fort d'une tempête de sable, la stèle de Piànkhi qui arrivait du Gebel Barkal avec les quatre autres stèles éthiopiennes. Mariette lui avait donc payé un peu de la dette qu'il avait contractée envers lui à ses débuts, mais tandis qu'il se hâtait vers Sakkarah pour inspecter ses fouilles et regagner un peu du temps qu'il avait prodigué à son hôte, il encourait sans s'en douter la disgrâce du souverain. Ses ennemis, reprenant la tactique qui leur avait réussi un jour auprès de Saïd, avaient accusé Mariette de vouloir révolutionner l'Egypte. Il ne cessait d'intriguer avec l'Empereur, en vije d'amener la soumission du Khédive à la France, et, en attendant, il trafiquait des antiquités déjà trouvées avec M™® Cornu. L'activité qu'il semblait déployer pour agrandir son Musée n'était qu'une habile précaution pour le cas où, ses desseins échouant, l'Angleterre l'emporterait : il lui vendrait les monuments ou il les lui donnerait afin de sauver sa situation*. Ismaïl se laissa tromper à ces accusations, et comme

1. Lettre à Ernest Desjardins, en date de Boulak, le 16 avril 1864, et citée par H. Wallon, Notice sur la cic et sur les tracaux, p. 86.

2. Mariette résume ces calomnies en deux mots dans une lettre qu'il écrivit, le 7 janvier 1865, à Ernest Desjardins pour lui annoncer sa ré-

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