‹ Œuvres diversesChapitre 6 sur 154 · XXVIII MARIETTE · texte numérisé non relu

XXVIII MARIETTE

)) de Memphis. A Toùest, noyées dans la poussière d'or et » de feu du soleil couchant, se dressaient les pyramides. Le » spectacle était grandiose, il me saisissait, il m'absorbait )) avec une violence presque douloureuse. On excusera ces » détails peut-être trop personnels; si j'y insiste, c'est que » le moment fut décisif. J'avais sous les yeux Ghyzé, » Abousyr, Sakkarah, Dahchour, Myt-Rahynéh. Ce rêve )) de toute ma vie prenait un corps. Il y avait là, presque à )) la portée de ma main, tout un monde de tombeaux, de » stèles, d'inscriptions, de statues. Que dire de plus? Le » lendemain, j'avais loué deux ou trois mules pour les ba- » gages, un ou deux ânes pour moi-même; j'avais acheté » une tente, quelques caisses de provisions, tous les impe- » dimenta d'un voyage au désert, et le 20 octobre 1850, )) dans la journée, j'étais campé au pied de la Grande Pyra- » mide'. »

Il visita en détail les nécropoles de Gizéh, et il y assista aux fouilles des Bédouins. Il se fit attacher au bout d'une corde, à leur exemple; il descendit dans un puits avec eux, et il les aida à ouvrir un sarcophage encore fermé qu'ils venaient de découvrir*. Il se rendit de là à Sakkarah, le 27 octobre, et il commença l'exploration de la nécropole. Un jour qu'il la parcourait, le mètre en main, s'ingéniant à démêler le plan des tombes, il aperçut par hasard une tête humaine en calcaire qui saillait du sable et dont le type lui rappela celui des sphinx qu'il avait admirés aux jardins Zizinia ou chez ses amis du Caire. « Au même instant, » dit-il, un passage de Strabon me revint à la mémoire : (( On trouve de plus (à Memphis) un temple de Sérapis » dans un endroit tellement sablonneux que les vents y » amoncellent des amas de sable, sous lesquels nous vîmes )) les sphinx enterrés, les uns à moitié, les autres jusqu'à

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