A. Mariette, le Sèrapèum de Memphis, édit. 1883, p
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tretiendrait les escouades d'ouvriers que pendant quelques mois au bout desquels il devrait solliciter un crédit nouveau, donc justifier l'emploi des crédits précédents et prouver, l)ar des résultats sérieux, qu'il avait eu raison de renoncer îi l'objet principal de sa mission, afin de s'attacher uniquement à l'objet secondaire. Il lui fallait réussir largement, brillamment, à bref délai, mais alors le succès qui le sauvait vis-à-vis de la France risquait de le perdre en Egypte. Los fouilles constituaient alors comme aujourd'hui le monopole (lu gouvernement : toutes les antiquités découvertes ou à découvrir en territoire égyptien étaient la propriété du Pacha, et nul ne pouvait les mettre au jour, s'en emparer, Ifs vendre, les exporter, sans avoir obtenu au préalable un lirman qui l'y autorisât. Les agents des puissances étranghves avaient dû se plier à cette loi, et c'était en vertu (les firmans accordés par Mohammed Ali que Drovetti, ^Salt, Mimaut, Anastasy et tant d'autres s'étaient procuré les collections qui formèrent le fonds des musées égyptiens de Turin, de Londres, de Leyde et de Paris : si l'immunité diplomatique ne dispensait pas les consuls généraux, à plus forte raison les particuliers étaient-ils contraints de requérir un permis de fouilles, quand même ils avaient, comme Mariette, une mission de leur gouvernement. A dire le vrai, les indigènes et les Levantins ou les Européens établis en Egypte ne s'en souciaient guère : à Sakkarah même, le consul général d'Autriche, M. de Huber, le marchand Fernandez, le révérend Lieders, Jannovitch, Lanzonc, Massara et vingt autres soudoyaient des bandes d'indigènes (|ui ravageaient les nécropoles sans se cacher. Ces rivaux, (Hablis sur les Houx de longtemps, ne verraient certes pas (le bon œil l'intrus qui venait leur disputer une part de leur butin; ils le toléreraient peut-être tant qu'il n'aurait pas une fortune trop insolente, mais si la chance se déclarait en sa faveur, ils n'hésiteraient pas à lui jouer tous les tours imaginables, et leur premier soin serait d'attirer l'attention du
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des tombeaux de l'Empire memphite, qui renrichissaîent de monuments intéressants. L'un d'eux contenait sept statues en calcaire peint, (|ui sont maintenant au Louvre : six n'ont pas grand mérite, mais la septième n'est autre que le fameux Scribe accroupi. Cent trente-quatre sphinx se succédèrent de la sorte, puis, au delà du cent trente-quatrième, le vide se fit : en vain poussa- t-il jusqu'à quinze mètres de profondeur, rien ne sortit. L'allée était-elle demeurée inachevée? Enfin, le 24 décembre, dans la soirée, après plusieurs jours d'anxiété, le sphinx apparut, mais posé à angle droit avec les autres, comme si l'allée, abandonnant sa direction vers l'ouest, eût tourné soudain vers le sud. La fouille dévia donc en ce sens, et, six mètres plus loin, à la distance réglementaire, une statue grecque se montra, un personnage assis sur un fauteuil à dossier et qui n'était autre que Pindare, le grand poète lyrique. Elle n'était pas seule. Sur une banquette demi-circulaire qui termine et arrête l'allée, dix autres statues siégeaient, représentant des philosophes et des poètes de la Grèce, Platon, Protagoras, Homère peut-être : toutes étaient d'un style pitoyable et si mutilées dès l'antiquité, qu'on les avait consolidées au moyen d'une construction en pierre grossière (lui les reliait l'une à l'autre \
Trouver un conciliabule de Grecs célèbres au bout d'une avenue de sphinx égyptiens, c'était pour déconcerter l'esprit le plus rassis; la première stupeur passée, Mariette se remit bravement à la besogne. Il essaya d'abord de gagner vers l'est, et, parvenu à la dernière des onze statues de l'hémicycle, il déblaya deux sphinx de plus forte taille et de meilleur travail que les précédents. Ils portaient le nom de Nectanébo P', des débris de mur jonchaient le sol autour d'eux : cette fois encore, Mariette pensa toucher le but, et il entama avec ardeur le déblayement de l'aire qui s'éta-