‹ Œuvres diversesChapitre 60 sur 154 · Chabas, Œiures diccrsrs, t. II, p · texte numérisé non relu

Chabas, Œiures diccrsrs, t. II, p

3. Les trois opuscules qu'il publia sur ce sujet, et qu'il réunit sous le

conseil de Brugsch, il essaya d'attirer en Egypte le célèbre dessinateur Weidenbach, à qui nous devons les meilleures planches des Denkmâler\ Tandis que la négociation allait bon train, Mariette fut frappé d'un coup terrible. Le choléra avait envahi TÉgypte brusquement, et, depuis près de huit mois, il sévissait avec une violence rare : non seulement les indigènes périssaient par milliers, mais les colonies européennes étaient éprouvées cruellement*. Mariette avait voulu d'abord renvoyer sa femme en Europe avec ses enfants, mais elle avait refusé de partir, et la famille entière s'était serrée autour du chef, l'accompagnant dans ses courses à travers l'Egypte, et se reposant à Boulak dans l'intervalle de deux voyages. L'épidémie déclinait, lorsque, le 13 août, Brugsch, qui venait souvent se consoler auprès de son ami des soucis de sa position, trouva les Mariette « assis )) dans un berceau de leur jardin, devant le Musée. Je me » joignis à eux et bientôt la conversation s'anima. C'était )) le soir, le soleil descendait déjà vers l'ouest et le cré- )) puscule montait doucement, quand soudain une chouette, » qui s'était posée sur une des saillies de la corniche, au- )) dessus de la porte du Musée, poussa à plusieurs reprises » son cri aigu. M"*' Mariette en parut s'effrayer et c'est » presque avec angoisse qu'elle me dit : « Veut-elle appeler » l'un d'entre nous? » Trois heures après, elle ressentit les » premières atteintes du mal. Au milieu de la nuit, je fus » mandé au Musée, et je trouvai la malheureuse femme » à l'agonie déjà*. » Les soins que l'un des membres de la mission envoyée de France pour combattre le fléau, le D' Victor Revillout, lui prodigua jusqu'au bout avec dévouement ne réussirent pas à la sauver : elle expira le

1. Ph. Virey, François-Joseph Chabas, p. lxx, d'après une lettre de Leemans à Cbabas, en date du 2 juiUet 1865.

2. Voir dans Brugsch, Main Lobon und mein Wanderny p. 258-261, la description des ravages que l'épidémie fit alors parmi les Européens.

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