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VII

Des LiKux et Antiquités

Des Lieux. — Les caps Blanez et Grinez, à peine distants

l'un de l'autre de six à sept kilomètres, sont joints par une

lioriie de côtes dont la courbe régulière et rentrante forme

une petite baie tranquille au fond de laquelle on trouve

Wissant.

\Vissant n'est pl«s une ville ; c'est tout au plus un village, c'est plutôt un hameau égaré dans un désert de sables. Des ruines gisantes étonnent moins que cette vaste solitude sablonneuse, où r^eil cherche en vain remplacement d'une ville commerçante et le tracé, même inceitain, d'un port abandonné, wrjssant n'a rien conservé de son ancienne splendeur, pas même des ruines; tout a disparu, ses remparts, seséglisei^-f sa citadelle, jusqu'à la moindre pierre.

Cette ville a pourtant été florissante, et son histoire n'est pas une des mai ^^ intéressantes de celles de nos villes du nord de Ja Fraa^^'

1. Voir la dissert^*^^" comprise dans le c. 11 du traité de Porta Icio de N. Sanaon (d ^^'^ ^" manuscrit de Boulogne). Voir aussi la dissertation de Danvilie^t celle de Lequien.

^gç^T^ATlON HISTORIQUE ET ARCHÉOLOGIQUE

compte à peine douze cents pas de parcours, on

YV]L\sse»-^^ ^11 ne devait pas former à son embouchure un

eotvG®^^^ ^ large, quoiqu'il dût être assez commode à cause

\iavte ^^^^j^^ité de T Angleterre et en raison du très petit

^e sa T> navires, ou plutôt de barques, que le commerce

tiottvb^^ ^^ ^^^Q époque y o menait.

testî^^^ on do période commence où finit la première, c'est- ^^ ^^ Vépoque où des travaux sont entrepris pour faire de à.-dire ^^ p^^^ ^^ partie artificiel, agrandi de main

A^issixt^ et capable de contenir un certain nombre de d'boïo ^^ ggg^ Louis d'Outremer ordonna ces travaux, et navires. ^ ^q^^g date la prospérité de la ville {Chr. de ^w Tc^rd ann. 938). C'est h Wissant qu'Éthelred II, chassé Suénon (1013), vient débarquer (Brompton, p. 892); P^'^^^j^çd, frère d'Edouard le Confesseur, s'embarque ?r Ul- de'jumièges,!. VI, c. 9); que le comte de Mortain ipê une flotte contre l'Angleterre (Geroas. Dorobern., ^^^1581, cité parDucange, Biss.); que des personnages ^élèbres de toutes les nations et de tous les états s'arrêtent depuis Guillaume le Roux, Robert, comte de Leicester, et Louis le Jeune, qui y meta la voile pour aller en pèlerinage au tombeau de Thomas Becquet, jusqu'à Jean de Bailleul, qui y débarque, et Edouard III, qui, en 1346^ s'empare de cette ville et en fait le dépôt principal de ses approvisionnements (voir Lambeï*^ d'Ardres, Malbrancq, Brompton, Froissait, etc.). Malheureusement cette seconde période dura peu, et Tannée mê>tn^ de la prise de Calais (1346), Wissant fut détruit de fond en comble.

1. Je parle ici do cel»^^ ^^^ ^'^" faisait au vi' siècle, c'est-à-dipe après l'invasion des Barbare^- Avant cette époque, le commerce des habitants du nord de la Gaule a^^^ *®^ Bretons était assez étendu. César (Comnu, i. IV, c. 20), Strabon O' ^^^' ^^ ^^^^ mention. Mais il a dû considérablement diminuer à i *^"'"^^® ^®s pirates du Nord dont nous avons reconnu plus haut la tr^^^^ ' ^^ °® ^*^^ P*» "*^" P^^® oublier que quatre ou cinq ports se partageai- ^"^^ ^ commerce, et que Wissant ne devait ainsi profiter gu© d^^ f^j^le^ a^vantages d'une quatrième ou cinquième part

n'aurait pas appelé porlus, nom communaux ports formés

de main d'homme et aux embouchures de rivière*, ce qui

était réellement un sinus. D'ailleurs les Romains avaient un

tout autre système de protection à l'égard de leurs troupes

et de leur matériel, et jamais ils n'auraient laissé une flotte,

comme celle de César, échouée sur une plage nue, exposée

aux vents, aux flots, aux variations des marées, et surtout

aux incursions des Morins, parmi lesquels César trouvait

encore des ennemis. Les locaux, au contraire, étaient choisis

avec un soin extrême, et toutes les précautions étaient prises

pour assurer la sécurité de la flotte.

Un fait me parait au surplus trancher la question: c'est la mise àt s^c des vaisseaux après le retour à Ici us (Comm,, 1. IV, c. 21). Or ceci ne peut s'entendre que d'un véritable camp naval, construit selon toutes les règles, c'est-à-dire divisé par quartiers, flanqué de palissades, entouré d'un large fosso (Tit.-Liv., 1. XXXVf, c. 45, et XXffl, c. 28), protégé enfiriy défendu avec toutes les ressources qu'offrait à César sa longue pratique de la castramétatîon. Pour que César ait J "gé Icius très commode, comniodissimus, il faut donc qu'il y ait trouvé de grandes facilités pour la disposition de ses vaisseaux, l'approvisionnement de ses troupes et Ja fornna tien de ce camp naval. César a-t-il trouvé ces f milites, cGtte sécurité, sur la plage de W^issant? J'en doute. J'ai déjà dit que le port de Wissant n'eût pu suffire à de tels besoins et qu'en attribuantà ce port la plus vaste étendue que la topogrraphie actuelle permette de lui donner, tout en tenant compte des bouleversements locaux, on n'arrive jamais qu'à un maximum de surface très restreint pour un port destiné â, abriter une flotte immense. Gesoriacum

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