‹ Œuvres diversesChapitre 9 sur 154 · XXXVI MARIETTE · texte numérisé non relu

XXXVI MARIETTE

» de la statue d'Apis. J'en vis une monter sur le dos du » taureau et s'y tenir quelques instants comme à cheval; )) après quoi, elle descendit pour faire place à une autre : » toute rassemblée y passa successivement. J'interrogeai )) Mohammed et j'appris que cet exercice, renouvelé de » temps k autre, est regardé comme un moyen de faire » cesser la stérilité des femmes. J'appris eu outre, ce que » j'ignorais encore, que, depuis le commencement des » fouilles, des femmes venaient souvent dans le même but )) s'asseoir, causer, manger et même dormir à l'ombre des » sphinx de l'allée*. »

Cependant, depuis quatre mois qu'il vivait sous la tente, sa santé s'altérait : vers la fin d'avril, il contracta une ophthalmie violente qui l'obligea à rentrer au Caire. Lorsque, les yeux enflammés encore, il revint sur ses chantiers, après trois semaines d'absence, les vents du désert culbutèrent plus d'une fois sa tente. Il aurait patienté s'il avait pensé que la campagne touchât à sa fin : persuadé qu'elle se prolongerait des mois, peut-être des années, il se décida à construire une maison où se loger lui-même à l'abri des intempéries et où conserver en sûreté les monuments qui sortaient de ses fouilles. Au début, il les avait emmagasinés dans le pied-à-terre que le marchand Fernandez possédait à Sakkarah, mais il y avait loin du Sérapéum au village et l'endroit était peu sûr. Il bâtit donc, au sud du dromos, deux grandes pièces qui lui servirent, l'une d'habitation, l'autre d'entrepôt, et, afin d'assurer l'inviolabilité de son domicile, il y arbora le drapeau français : la maison existe encore, agrandie, et c'est celle où les touristes se reposent lorsqu'ils visitent Sakkarah. Il s'y installa dès qu'il fut guéri, et son retour fut signalé par une opération brillante : ses ouvriers s'aperçurent que le sable sur lequel le dallage du dromos posait était mêlé de statuettes en bronze représentant des

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