Les trois écritures égyptiennes
M. de Bunsen ne pouvait se dispenser de présenter Vhistoîre du déchiffrement des trois écritures égyptiennes, et c'est ce qu'il a fait en rendant justice à chacun avec une louable impartialité. Sans nier les services que Young a rendus à la science, il remarque combien ses lectures étaient malheureuses, et, ce qui est plus important, combien les principes qu'il en avait déduits étaient faux, et sont par conséquent restés inapplicables. Aussi ne comprenons-nous pas comment on peut, en connaissance de cause, parler (comme M. Leemans, par exemple) de la découverte de MM. Young et Champollion. Ce savant parait s'être au reste occupé spécialement des textes démotiques. On en connaissait un certain nombre accompagnés de traductions grecques; il détermina, par le tâtonnement et la comparaison, le sens d'une quantité de groupes démotiques, et le résultat de ses travaux parut après sa mort sous la forme d'un Essai de dictionnaire, Rieu ne constatera mieux l'état dans lequel il a laissé cette partie de la science que la traduction d'un passage de Vinscription de Rosette, telle qu a pu la faire M. Lepsius en 1837 *, après les publications d' Young et les travaux bien supérieurs de Kosegarten. M. Lepsius transcrit ainsi le surnom de Ptolémée Ëpiphane no-rre orconj^ itèjioirq, noute ouônh nanoufj là où la savante analyse de M. de Saulcy fait lire avec certitude : n (une sigle) j^jùl jùi c-mc k j6ep%ipT, pé
l. Lettre à RoselUni; Annales de V Institut archéologique^ 1837, pi. II.
38 EXAMEN DE L'0UVRAG«
(d îeu) hem em etpé en khertjirt, ce qui se traduit avefe une gjrande vraisemblance : Le dieu régnant dans les parties stApérieures par sa munificence. Ce rapprochement suffit pour prouver que, si Young avait souvent bien deviné le sens des mots, en définitive il n'avait rien lu, et par conséquent peu avancé la science. M. de Bunsen n'a pas connu le bel ouvrage de M. de Saulcy, mais nous dirons à sa place qu'à l'aide des nouveaux alphabets plus complets, et où la valeur de chaque lettre est déduite par une méthode rigoureuse, on peut enfin lire la plupart des mots démotiques et se livrer au travail philologique qu'exige leur interprétation.
C'est avec bonheur que nous constatons que ce pas si important a encore été franchi par un Français. La lecture et l'appréciation de quelques groupes pourraient être contestées, mais l'ensemble restera comme un modèle de bonne critique, de vues ingénieuses et d'une bonne foi littéraire bien précieuse en de semblables études. |
Les diverses classes d'hiéroglyphes qui composent l'écriture sacrée ont été distinguées, il y a bien des siècles, par ' Clément d'Alexandrie, et le passage de ce savant Père de l'Eglise reste la base de toute leur classification. D'après l'excellente interprétation qu'en a donnée M. Letronne', après avoir mentionné l'écriture oa/^«''"^ ®* l'écriture kiérattque, il reconnaît d'abord dans l'écriture sacrée deux grandes classes de caractères 1» les ^^^^^^^ ou premiers éléments alphabétiques («p^,, '\ . 2» les caractères symboliques qu'i divi«« <"oix^w) , esDèces • la
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